Tombelaine : Différence entre versions

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Au XI{{exp|e}} siècle, deux moines, [[Anastase le Vénitien|Anastase]] et Robert, quittent le Mont Saint-Michel pour s'y retirer en ermites. En [[1137]], Bernard le Vénérable y fonde un prieuré et l'îlot devient un lieu de pèlerinage. L'église est dédiée à Notre-Marie-la-Gisante <ref name=GB1/>.
 
Au XI{{exp|e}} siècle, deux moines, [[Anastase le Vénitien|Anastase]] et Robert, quittent le Mont Saint-Michel pour s'y retirer en ermites. En [[1137]], Bernard le Vénérable y fonde un prieuré et l'îlot devient un lieu de pèlerinage. L'église est dédiée à Notre-Marie-la-Gisante <ref name=GB1/>.
  
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Alors que la société nommée Groupement national de la [[baie du Mont Saint-Michel]] désire en faire un lieu de résidence pour touristes, Tombelaine est achetée par l'État en [[1933]], puis classée en [[1936]] et [[1987]].

Version du 13 juillet 2019 à 19:05

Tombelaine.

Tombelaine est une île de la Manche située dans la baie du Mont Saint-Michel. Elle fait partie de la commune de Genêts.

Le site est classé monument historique depuis 1936.[1]

Description

Tombelaine par Henri Magron.

Tombelaine est situé à égale distance (3 km) du mont Saint-Michel et du continent [2]. L'ilot couvre une surface de 4 hectares pour un périmètre de 1,2 km [3]. Sa surface est donc plus grande que celle du mont Saint-Michel, mais il est moins élevé. Son sommet est le pic de la Folie, qui culmine à 45 m au-dessus du niveau de la mer.

Étymologie

Vestiges des fortifications de Tombelaine, par Henri Magron.

Son nom naîtrait d'une légende celte, qui dit qu'une princesse nommée Hélène, fille du roi Hoël, fut enlevée par un géant et inhumée sur ce rocher. C'est ce que raconte, au 12e siècle, le trouvère Robert Wace dans son Roman de Brut. Son étymologie pourrait aussi être celte et signifier « petit mont Tombe » [4].

En 1827, Étienne de Jouy, de l'Académie française, écrit : « Pour éviter de donner à Tombelaine (ou Tomblaine) une étymologie commune avec le « mont Belenus », quelques analystes ont fait dériver son nom de « Tombuluna » (petite tombe). Mais on a repoussé cette version en faisant observer avec justesse que Tombelaine était plus grande que le mont Saint-Michel. D'un autre côté, un historien breton, d'Argentré, avance que ce rocher était désigné dans quelques bulles sous la dénomination de « tumba Helenœ » (tombe d'Hélène) et il justifie cette orthographe par une histoire. Il raconte que la nièce d'un roi de la Petite-Bretagne, nommée Hélène, fut enlevée par un chevalier espagnol qui la conduisit sur ce roc, qu'après y avoir consommé un hymen qui n'eut que le ciel pour témoin et le plus volage des dieux pour garant, le félon s'enfuit en laissant là la belle qui mourut de désespoir. Il ne manque à la vraisemblance de cette origine que d'être une date plus ancienne, car la belle Hélène dont parle d'Argentré vivait à la fin du XIe siècle et le rocher de Tombelaine était connu sous ce nom bien antérieurement à cette époque. Des recherches plus sévères ont amené à croire que c'était à l'époque de l'invasion des Romains dans ce pays qu'il fallait faire remonter ce nom de Tombelaine, d'une étymologie évidemment latine. » [5].

Histoire

Château de Tombelaine : gravure de date inconnue, reproduite sur une carte postale ancienne.
Ordre de démolition du château de Tombelaine par Louis XIV, 1666.

Au XIe siècle, deux moines, Anastase et Robert, quittent le Mont Saint-Michel pour s'y retirer en ermites. En 1137, Bernard le Vénérable y fonde un prieuré et l'îlot devient un lieu de pèlerinage. L'église est dédiée à Notre-Marie-la-Gisante [2].

L'îlot est fortifié en 1220 [6], et occupé par les Anglais de 1356 à 1450[7], dans l'espoir de prendre le Mont. « Le capitaine Makin Langueur signe avec le duc de Bretagne une capitulation honorable, (..) l'artillerie seule est laissée dans la forteresse »[7].

Au XVIe siècle, durant les guerres de religions, les fortifications érigées servent à Gabriel Ier de Montgommery qui en fait une base de ravitaillement[8]. En 1592, la forteresse se soumet au roi[7]. Dès 1598, les états de Normandie supplient le roi de démolir Tombelaine d'où les gentilshommes, font des incursions sur le peuple et où ils se soustraient aux lois[7].

Au XVIIe siècle, Nicolas Fouquet, surintendant des finances du royaume, achète l'îlot et transforme le prieuré en château[2]. Après sa disgrâce en 1666, Louis XIV ordonne la destruction de sa forteresse [2] et de toutes les constructions qui couvrent le rocher[7]. Malgré les protestations des moines de l'abbaye du Mont-Saint-Michel qui avaient des droits sur le prieuré, la chapelle est rasée et la cloche du campanile volée[7]. On ne connait la forteresse de Tombelaine que par deux textes : un procès verbal de visite du 5 juillet 1599, dressé par Pierre Delaunay, sergent royal de la vicomté d'Avranches et un mémoire de Chamillart, intendant de la généralité de Caen adressé en 1666 à Colbert et portant sur la question de la démolition des fortifications[8].

À la Révolution, Tombelaine est vendu comme bien national à M. Bienvenu de Genêts et on établit un sémaphore sur les ruines du château[7]. Vers 1840, Choisnel, le guetteur du sémaphore s'improvise folkloriste, mêlant histoire et légendes, il attribue à Montgommery la frappe de fausse monnaie dans les grottes de l'îlot[7]. Tombelaine est ensuite propriété de la famille Tardif de Moidrey, puis de M. Tesnières qui la vend à une société[7].

Alors que la société nommée Groupement national de la baie du Mont Saint-Michel désire en faire un lieu de résidence pour touristes, Tombelaine est achetée par l'État en 1933, puis classée en 1936 et 1987.

Projet d'aménagement du rocher de Tombelaine, 1927.

Le Marquis de Tombelaine

voir l'article détaillé Marquis de Tombelaine

Faune

L'îlot est actuellement une réserve ornithologique. On y voit des goélands, des aigrettes garzettes et des tadornes de Belon. On peut voir des phoques gris nager au large.

Bibliographie

  • Charles Le Breton, « Étude sur la vie et les écrits de Robert de Tombelaine, moine du XIe siècle », Mémoires de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, éd. Tostain, Avranches, 1884, p. 1- 56, (lire en ligne)
  • Abbé A. Bouillet, «Tombelaine », La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc ....Manche, partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p.183-188 (lire en ligne)
  • Émile-Aubert Pigeon, Le Mont Saint-Michel et sa baronnie Genêts-Tombelaine (Avec les plaintes d'Avranches et les rôles inédits de ses trois ordres : clergé, noblesse et tiers-état, en 1789 : ouvrage orné de plans, de cartes et d'un grand nombre de dessins) , Avranches, impr. de A. Perrin , 1901- reédité à Bécherel (35190) par Anthare de Schuyter , 1997
  • Victor Hunger, « Note sur la démolition de la forteresse de Tombelaine en 1666 », Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, 1911.(lire en ligne)
  • Robert Sinsoilliez , Tombelaine : l'îlot de la baie du Mont-Saint-Michel, éd. Ancre de Marine, 2000

Notes et références

  1. Notice n° PA00110408, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture., base Mérimée, ministère de la Culture et de la Communication
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Normandie », Les Guides Bleus, éd. Hachette, 1921, p. 466.
  3. « La baie entre vents et marées », Détours en France, n° 143, mai 2010.
  4. Site de la ville de Genêts (lire en ligne).
  5. Cité dans Manche, Les Éditions nouvelles, 1971, p. 84.
  6. Victor-Adolphe Malte-Brun, Manche (géographie, histoire, administration), 1882, réédité en 1980 par les Éditions du Bastion.
  7. 7,0 7,1 7,2 7,3 7,4 7,5 7,6 7,7 et 7,8 Étienne Dupont, « Tombelaine ! », L'Ouest-Éclair, 15 juin 1927. (lire en ligne)
  8. 8,0 et 8,1 Rémy Desquesnes, Le Mont-Saint-Michel rendu à la mer, Caen, éd. Conseil Régional de Basse-Normandie, 1998, p. 83.

Articles connexes

Lien externe