Raz-de-marée à Barfleur (1836)

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Le raz-de-marée à Barfleur (1836)

Le 25 décembre 1836, un raz-de-marée se produit sur les côtes du nord-Cotentin, particulièrement sensible à la pointe de Barfleur.

Voici la relation qu'en fait Vérusmor [1] :

« Un raz-de-marée, phénomène maritime des plus rares dans nos parages, se manifesta à la pointe de Barfleur, sur les côtes de la Hague, et même dans la baie de Cherbourg, pendant l'horrible ouragan du 25 décembre 1836, qui joncha les rives de la Manche de cadavres et de débris de navires naufragés.
Au fort de la tempête, et lorsqu'un vent impétueux du N. O. poussait à terre les vagues tumultueuses, la mer, se contractant sur elle-même avec une violence dont on n'a d'exemple que dans les régions les plus orageuses, se retirait par intervalles à une si grande distance du rivage, qu'elle fuyait en un instant jusqu'au-delà des limites qu'atteignaient les basses marées ordinaires; on put observer cela plus d'une fois à la pointe de Barfleur.
Ce mouvement général de ressac s'opérait en deux ou trois minutes, et ce qu'il y a de plus étonnant dans ce fait extraordinaire, c'est qu'il avait lieu au moment de la pleine mer, deux jours après la syzygie du 23.
Le raz-de-marée, singularité produite par une mer vaste et profonde, alors qu'elle est agitée violemment dans son intérieur, de manière à ne former qu'un flot de ses eaux qui se soulèvent en masse, est une chose fort commune dans l'océan du tropique; on en a sans cesse de frappants exemples aux Antilles (...)
Aux dires de tous les marins, on peut affirmer qu'avant la tempête du 25 décembre 1836, un raz-de-marée était un jeu de la nature inconnu dans les eaux de la Manche. Cependant, il est à observer que, quand le vent souffle du N.-O., la mer a souvent dans la baie de Cherbourg, un mouvement de ressac assez sensible, tout différent de l'action du flux ou des flots, et auxquelles marins donnent le nom de « resciage ». C'est une faible image d'un raz-de-marée, mais provenant de la même cause. »

Notes et références

  1. Annuaire du département de la Manche, 1838, pp. 257-258.

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