Marquis de Tombelaine : Différence entre versions

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Selon l'abbé Bouillet, « Celui qu'on appelait ainsi par dérision était un pauvre diable venu on ne sait d'où. Il exerçait en hiver le métier de pêcheur, dont il vivait chichement. Quand la belle saison ramenait les visiteurs au [[Le Mont-Saint-Michel|Mont Saint-Michel]], il se faisait cicerone, guidant le long de la mer et du rempart ceux qui craignaient de s'égarer dans le minuscule village <ref name=Bouillet>Abbé A. Bouillet, « Tombelaine », ''La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. Manche'', partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p. 188.</ref> ». « Jean de Tombelaine n'habita jamais l'île [de [[Tombelaine]]] dont on lui avait donné le nom. Les vivres y manquaient, et l'eau du Bénitier ne lui semblait pas un breuvage digne de lui » <ref name=Bouillet/>. « Un beau jour on le trouva noyé. Sa légende a disparu avec lui dans le même oubli. <ref name=Bouillet/> »
 
Selon l'abbé Bouillet, « Celui qu'on appelait ainsi par dérision était un pauvre diable venu on ne sait d'où. Il exerçait en hiver le métier de pêcheur, dont il vivait chichement. Quand la belle saison ramenait les visiteurs au [[Le Mont-Saint-Michel|Mont Saint-Michel]], il se faisait cicerone, guidant le long de la mer et du rempart ceux qui craignaient de s'égarer dans le minuscule village <ref name=Bouillet>Abbé A. Bouillet, « Tombelaine », ''La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. Manche'', partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p. 188.</ref> ». « Jean de Tombelaine n'habita jamais l'île [de [[Tombelaine]]] dont on lui avait donné le nom. Les vivres y manquaient, et l'eau du Bénitier ne lui semblait pas un breuvage digne de lui » <ref name=Bouillet/>. « Un beau jour on le trouva noyé. Sa légende a disparu avec lui dans le même oubli. <ref name=Bouillet/> »
  
Il est probablement arrivé dans la région lors de la construction de la digue-route du Mont-Saint-Michel, suivie par les frères Neurdein, photographes qui éditent de nombreuses cartes souvenir à son effigie<ref name = MEB/>.
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De [[1889]] à [[1935]], Amédée Maquaire, propriétaire parisien du musée du Mont-Saint-Michel publie un guide touristique à succès, ''Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts''<ref name = MEB/>. Jusqu'en 1892, date de la mort du marquis, il cite l'ermite de Tombelaine<ref>''Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts'', 1889 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1640526. ''(lire en ligne)'']</ref>, puis le Marquis de Tombelaine comme auteur du guide, ensuite, pour des raisons commerciales,  il mentionne sur la couverture « selon les notes du Marquis de Tombelaine » et présente des épisodes de la vie du personnage qui devient mythique au fil des années<ref name = MEB/>.
  
 
Ce personnage est utilisé par Marie-Ève Bouillon pour étudier les relations entre imaginaire social et tourisme naissant <ref name = MEB> Marie-Ève Bouillon, ''Le Marquis de Tombelaine : récits et construction médiatique d’une figure du tourisme au tournant du XX{{e}} siècle'', Photogénic, Culture visuelle, 19 mars 2011 [https://photogenic.hypotheses.org/117 ''(lire en ligne)'']. </ref>.
 
Ce personnage est utilisé par Marie-Ève Bouillon pour étudier les relations entre imaginaire social et tourisme naissant <ref name = MEB> Marie-Ève Bouillon, ''Le Marquis de Tombelaine : récits et construction médiatique d’une figure du tourisme au tournant du XX{{e}} siècle'', Photogénic, Culture visuelle, 19 mars 2011 [https://photogenic.hypotheses.org/117 ''(lire en ligne)'']. </ref>.

Version du 13 juillet 2019 à 09:28

Le Marquis de Tombelaine.

Le marquis de Tombelaine, pour l'état civil Joseph-Marie Gauthier, né à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) en 1853, mort le 30 mars 1892 [1] dans la baie du Mont-Saint-Michel, est une personnalité de la Manche.

Selon l'abbé Bouillet, « Celui qu'on appelait ainsi par dérision était un pauvre diable venu on ne sait d'où. Il exerçait en hiver le métier de pêcheur, dont il vivait chichement. Quand la belle saison ramenait les visiteurs au Mont Saint-Michel, il se faisait cicerone, guidant le long de la mer et du rempart ceux qui craignaient de s'égarer dans le minuscule village [2] ». « Jean de Tombelaine n'habita jamais l'île [de Tombelaine] dont on lui avait donné le nom. Les vivres y manquaient, et l'eau du Bénitier ne lui semblait pas un breuvage digne de lui » [2]. « Un beau jour on le trouva noyé. Sa légende a disparu avec lui dans le même oubli. [2] »

Il est probablement arrivé dans la région lors de la construction de la digue-route du Mont-Saint-Michel, suivie par les frères Neurdein, photographes qui éditent de nombreuses cartes souvenir à son effigie[3].

Couverture du guide Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts

De 1889 à 1935, Amédée Maquaire, propriétaire parisien du musée du Mont-Saint-Michel publie un guide touristique à succès, Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts[3]. Jusqu'en 1892, date de la mort du marquis, il cite l'ermite de Tombelaine[4], puis le Marquis de Tombelaine comme auteur du guide, ensuite, pour des raisons commerciales, il mentionne sur la couverture « selon les notes du Marquis de Tombelaine » et présente des épisodes de la vie du personnage qui devient mythique au fil des années[3].

Ce personnage est utilisé par Marie-Ève Bouillon pour étudier les relations entre imaginaire social et tourisme naissant [3].

Bibliographie

  • Charles Piquois, « Le Marquis de Tombelaine, légende et réalité », Le Viquet, n° 76, 1987.

Notes et références

  1. Aussi le 3 avril de la même année.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 Abbé A. Bouillet, « Tombelaine », La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. Manche, partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p. 188.
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Marie-Ève Bouillon, Le Marquis de Tombelaine : récits et construction médiatique d’une figure du tourisme au tournant du XXe siècle, Photogénic, Culture visuelle, 19 mars 2011 (lire en ligne).
  4. Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts, 1889 (lire en ligne)