Libération d'Hébécrevon (1944)

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Hébécrevon en 1944

Le 10 juillet 1944, le général Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, réunit un conseil de guerre composé des généraux Bernard Montgomery, Omar Bradley et Miles Dempsey. L'« opération Cobra » est alors décidée. Elle consiste à mettre en œuvre un bombardement aérien d'une très grande ampleur afin de créer une percée et une trouée dans le front ennemi, après avoir brisé les lignes de communication allemandes.

Initialement, l'« opération Cobra » était projetée le 20 juillet, mais la météo était trop mauvaise. Repoussée au 24 juillet, une météo toujours mauvaise oblige à l'annuler en dernière minute, mais l'opération a déjà débuté et entre 8 et 9 h du matin 1 600 avions américains bombardent le secteur, principalement les bois du Mesnil Guillaume et du Rouloux Godard à Hébécrevon.

Le contre-ordre est parti trop tard et plusieurs centaines d'allemands sont tués ainsi qu'une vingtaine de soldats américains.

Le lendemain matin, 25 juillet, le temps s'est sensiblement amélioré et l'ordre est donné par le général Bradley, le général Collins étant quant à lui chargé des opérations au sol ; par précaution, vu les événements de la veille, on a fait reculer les troupes américaines de 1 200 mètres au nord.

Une « armada » de près de 3 000 avions, que l'on entend à des kilomètres à la ronde, se lance dans les airs pour bombarder pendant deux heures un territoire de 6,4 km de long sur 2,3 km de profondeur, entre Montreuil-sur-Lozon, La Chapelle-en-Juger et Hébécrevon, dont le bourg est totalement détruit.

Les avions abordent la zone en venant du nord. À cause d'une mauvaise visibilité, les bombes sont lâchées prématurément et touchent la 30e division américaine, faisant 120 morts et 500 blessés. Le moral est très affecté et les survivants dans leur colère parlent de la « Lutfwaffe américaine ».

Dès le 25 juillet 1944 au soir, les fantassins de la 30e division américaine peuvent poursuivre leur avancée et traverser le bourg détruit d'Hébécrevon.

Mort du général allemand Erich Marcks

Le général Erich Marcks était considéré comme l'un des meilleurs généraux de l'armée allemande.

À partir du 1er août 1943, il est établi à Saint-Lô et commande plusieurs divisions allemandes (Cherbourg, Bayeux, Isigny, Coutances, Avranches...).

Le 12 juin 1944, l'oberstleutnant von Criegern s'entretient une fois de plus avec Marcks et insiste pour que ce dernier ne s'expose pas au vu des Jabos qui rodent dans le ciel normand. Car en effet, depuis le débarquement, Erich Marcks se déplace énormément afin de soutenir ses troupes engagées face aux alliés. Dans le cas où le général serait blessé, un changement de commandement serait très lourd de conséquences...Peine perdue, Marcks oppose une fin de non recevoir et part à 9 h 30 pour sa tournée d'inspection quotidienne. Le général est accompagné par l'hauptmann Raben et son chauffeur. La voiture quitte bientôt Saint-Lô par la nationale 800 puis prend la direction de Périers.

Afin de gagner du temps, Erich Marcks ordonne à son chauffeur de suivre la RN et d'éviter de prendre les petits chemins habituels. À proximité d'Hébécrevon, le brouillard matinal se dissipe soudain privant la voiture de Marcks de sa protection. En quelques secondes, des chasseurs-bombardiers piquent sur le véhicule alors que ce dernier s'apprête enfin à gagner une haie dans le but de se camoufler. Trop tard... des claquements de roquettes tirées par un Typhon et plusieurs autres tirs de Jabos déchirent le silence. Un projectile de 20 mm atteint le général Marcks à l'aine droite sectionnant ainsi une artère. Le chauffeur, indemne, ne peut rien faire et l'hémorragie tue Erich Marcks à 9 h 45 alors qu'il repose dans un fossé, près de la route.