Diélette (hameau) : Différence entre versions

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Version du 6 février 2019 à 12:50

Diélette est un hameau de la Manche, situé sur la commune de Flamanville.

C'est là que la rivière Diélette se jette dans la Manche.

Un port y a été construit.

Une mine de fer y a été exploitée jusqu'en 1962. Une centrale nucléaire a été construite à sa place, qui a commencé à produire de l'électricité en 1985.

Le hameau a inspiré de nombreux peintres, notamment Henry Moret en 1912 et Alain Fournier.

Le film La Maison sous la mer, de Henri Calef, a été tourné là, en 1946.

Au printemps 1971, François Truffaut a tourné dans le village les premières scènes de son film Les Deux Anglaises et le continent.

Toponymie

Le nom de Diélette était au Moyen Âge une appellation alternative de Flamanville; la paroisse correspondant au territoire de la commune actuelle s'est appelée indifféremment Saint-Germain-de-la-Mer, Saint-Germain-de-Diélette ou Saint-Germain-de-Flamanville. De plus, il a existé vers le 12e siècle à Diélette un chapelle dédiée à saint Michel, qui semble avoir été réutilisée en tant qu'église paroissiale de Flamanville après l'engloutissement de l'église primitive de celle-ci. Après la construction au 17e siècle de la nouvelle église de Flamanville, il existe une distinction nette entre le hameau de Diélette et la paroisse de Flamanville. Par contre, la distinction plus tardive entre le hameau et le port de Diélette n'est pas toujours faite dans les documents, les deux étant souvent confondus.

Les attestations ci-dessous rassemblent ces diverses occurrences.

Attestations anciennes

  • Sanctus Germanus de Mari ~1080 [1].
  • Sanctus Germanus de Direch ~1135 [1].
  • ecclesia Sancti Germani de Direth 1172/1178 [2].
  • ecclesia […] de Direte 1174/1189 [3].
  • capella Sancti Michaelis de Dileta s.d. (12e/d-13e s.) [4].
  • Direte s.d. (f-12e/13e s.) [1], 1209 [4], 1287 [1].
  • ecclesi[a] Sancti Germani de Flamenvilla, alias de Direta 1332 [5].
  • Flamenocilla [lire Flamencvilla] de Direte 14e s. [6].
  • Direta 1351/1352 [7].
  • Dierette 1551 [8].
  • le hable [9] de Dierette 1555 [noté 1554] [10].
  • Dielete 1585 [11].
  • Delete ~1630 [12].
  • Port Dielette 1689 [13], 1692/1699 [14], 18e s. [15], 1719 [16], 1757 [17].
  • Port de Dielette 1778 [18], 1781 [19].
  • Dielette 1804 [20].
  • Diellette 1830 [21], 1837 [22].
  • Port de Dielette 1753/1785 [23].
  • Dielette; Port de Dielette 1835/1845 [24].
  • Port Dielette 1854 [25].
  • Diélette 1880 [26], 1926 [27].
  • Dielette 1954 [28], 2007 [29].

Étymologie

En tant que toponyme, ce nom n'est mentionné que par François de Beaurepaire, qui le juge obscur [4]. On ignore s'il est à l'origine de celui de la Diélette, ou si ce cours d'eau, dont le nom n'apparaît que tardivement (17e s.) dans les textes, représente en fait l'appellation primitive. En tant qu'hydronyme, il n'est analysé ni par Marcel Baudot [30], ni par Albert Dauzat [31]. Ernest Nègre est également muet à ce sujet, qu'il s'agisse du toponyme ou de l'hydronyme [32].

Les attestations les plus anciennes, qui datent du 12e siècle, fournissent d'abord Direch, Direth, puis Direte. On relève une première forme en -l- vers le 12e ou le 13e siècle (Dileta), mais les suivantes ne deviennent fréquentes qu'à partir du 16e siècle. On constate aussi que la finale -ette n'est qu'un rhabillage analogique d'une terminaison primitive notée -ech, -eth, qui ne se laisse pas clairement analyser (rien ne dit qu'il s'agisse d'ailleurs d'un suffixe). En tout état de cause, on pourrait poser une préforme gallo-romane hypothétique d'origine inconnue °DĪRETTU ou °DĪRĬTTU, qui n'est pas plus parlante. Signalons néanmoins l'existence d'un radical gaulois dir-, variante de đir-, sir-, stir-, signifiant soit « étoile », soit « génisse », et figurant dans le nom de la déesse gauloise Sirona, Dirona, ᴆirona, Stirona [33], etc. Ceci dit, l'interprétation globale du toponyme, si tant est qu'il ait un rapport avec cet élément, reste problématique.

Histoire

Le hameau fait d'abord partie de Tréauville. Il est échangé, avec le hameau Blondel, contre le hameau Belval. L'échange est entériné par une ordonnance royale du 5 décembre 1834 [34]. Flamanville trouve ainsi l'accès à la mer qui lui faisait jusqu'alors défaut.

Personnalités liées au lieu

Lieux et monuments

  • Ancien moulin

Bibliographie

  • Paul Ingouf, « Frédéric Frigoult dit "Capitaine", chef de la bande de Siouville-Diélette », Fraudes et trafics en Cotentin, Impr. La Dépêche, Cherbourg, 1970
  • B. Thiébot, « Un colombier de pied à Diélette », Le Viquet, n° 102, 1994.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Léopold Delisle, « Dictionnaire géographique », 1859, recommandations pour l’élaboration des futurs dictionnaires topographiques reproduites dans Xavier Charmes, Le comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents), Imprimerie nationale, Paris, 1886, p. 488.
  2. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, Imprimerie Nationale, Paris, t. II, 1920, p. 77, § DXV.
  3. Ibid., p. 320, § DCXCIV.
  4. 4,0 4,1 et 4,2 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 109-110.
  5. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 316E.
  6. Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, impr. de Salettes, Coutances, t. II, 1878, p. 308.
  7. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 377D.
  8. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 181.
  9. Havre, port.
  10. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 150.
  11. Gerhard Mercator (1512-1594), Britannia et Normandia cum confinibus regionibus, Duisbourg, 1585 [BNF, Collection d'Anville, cote 00456 bis.
  12. Gerhard Mercator, Bretania et Normandia […], gravure de Van den Keere; carte extraite de l’Atlas Minor, éd. Cloppenburgh, Amsterdam, ~1630.
  13. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  14. Justus Danckerts (1635-1701), Canalis inter Angliae et Galliae tabula cum omnibus suis portibus, arenis et profundis, Amsterdam, 1692/1699.
  15. Carte de la Manche, 18e s. [BNF, collection d'Anville, cote 00761 B].
  16. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  17. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 9-15.
  18. Jean de Beaurain, Carte de la Manche ou du canal qui sépare les côtes de France d'avec celles d'Angleterre / par le Ch[evalie]r de Beaurain, 1778 [BNF, collection d'Anville, cote 00766 B]
  19. Louis Stanislas d'Arcy de la Rochette, « A chart of the islands of Jersey and Guernsey, Sark, Herm and Alderney; with the adjacent coast of France », 1781, reproduit dans General atlas, publ. par William Faden, London, 1811.
  20. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. II (COA-H), an XIII (1804), p. 153b.
  21. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 409a.
  22. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 611b.
  23. Carte de Cassini.
  24. cartes d’État-Major (relevés de 1820 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889; Basse-Normandie cartographiée entre 1835 et 1845).
  25. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  26. Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1880, p. 16.
  27. Carte du département de la Manche, L’Illustration économique et financière, 28 août 1926.
  28. Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Manche, INSEE, 1954.
  29. Carte IGN au 1 : 25 000.
  30. Marcel Baudot, « Stratigraphie hydronymique de la Normandie », Proceedings of the 9th international congress of onomastic sciences, Londes , 1966, p. 134-150; reproduit dans Marcel Baudot, Études d'onomastique et d'histoire normande, Société parisienne d'histoire et d'archéologie normandes, Nogent-sur-Marne, 1982, 81-97; l'hydronyme y est simplement cité.
  31. Albert Dauzat, Gaston Deslandes et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Klincksieck, Paris, 1978.
  32. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I, 1990, t. II et III, 1991.
  33. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, éd. 2003, p. 281.
  34. Claude Pithois, « Le port de Diélette », Vikland, n° 1, automne 1975.

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