Constructions mécaniques de Normandie

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Atelier.

Les Constructions mécaniques de Normandie (CMN) sont une entreprise de construction navale de la Manche, basée à Cherbourg-en-Cotentin.

Il s'agit aujourd'hui d'une société par actions simplifiée (SAS) au capital de 50 millions d'euros.

Historiquement implantées à Cherbourg, les CMN ont leur siège social à Paris. Elles disposent également d'installations en Grande-Bretagne, à Newcastle et à Lowestoft.

Historique

Les chantiers sont fondés en 1956, sur les bases des Chantiers Amiot, par Félix Amiot, qui a fait carrière dans la conception aéronautique durant l'entre-deux-guerres.

Ils bâtissent leur renommée sur les modèles de Combattante (navires rapides de combat) et Vigilante (navires de surveillance), aidés en cela par l'épisode des vedettes de Cherbourg. L'idée d'Amiot est en effet de créer des chasseurs de mer, bâtiments légers et rapides, puissamment armés.

Le 18 janvier 1965, le personnel se met en grève après le licenciement de deux ouvriers ; en réaction, la direction ferme l'usine [1].

En 1986, l'entrepise est affectée par une crise. Le nombre d'heures de travail tombe de 1,85 million en 1980 à 1,09 million [2]. Son directeur général, Marcel-Henry Marty, démissionne, bientôt suivi par son directeur des relations sociales, Claude Coutanceau. Le 4 juillet, 261 suppressions de postes sont annoncées, dont 130 licenciements secs [2]. Le plan est rejeté, mais un autre est annoncé le 26 septembre : 426 suppressions d'emplois, dont 192 licenciements secs [2]. La banque Paribas, puis le groupe Bouygues et la Compagnie Suez s'intéressent à l'affaire mais ils ne donnent pas suite.

Façade côté boulevard Félix-Amiot.

Le 22 mai 1987, la Société financière de Rosario prend le contrôle de l'ensemble du groupe Amiot, pour 90 millions de francs [3]. Quelques jours plus tard, 334 licenciements sont annoncés. Des manifestations des employés dégénèrent devant le tribunal de grande instance, puis le tribunal de commerce.

Le 15 janvier 1992, le pdg André Ravier annonce qu'il vient de céder ses parts à la société Soffia dirigée par Iskandar Safa, un homme d'affaires français d'origine libanaise.

Patrouilleur en attente sur le terre-plein.

En 2008, les CMN présentent, en partenariat avec Veolia, un projet pour la concession du port de Cherbourg, mais l'alliance entre la Chambre de commerce et Louis Dreyfus Armateurs lui est privilégiée.

La société rachète le chantier allemand Nobis Krug implanté en mer Baltique, et devient ainsi le leader mondial de la construction de yacht de luxe. Le site cherbourgeois construit des yachts de 50 à 70 mètres, Nobis Krup des yachts de 60 à 85 mètres, et ceux élaborés à Abou Dhabi peuvent aller jusqu'à 140 mètres[4].

En 2002, une recapitalisation est nécessaire. L'actionnaire apporte 25 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 10 millions de concours publics [5].

Le 5 septembre 2013, un contrat de 200 millions d'euros est signé avec le Mozambique, qui porte sur la construction de 24 chalutiers de 24,50 m et de six patrouilleurs de 39 m et 42 m [6]. Trois ministres français viennent à Cherbourg pour assister à la signature, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget [6]. Le Mozambique est représenté par son ministre des Finances, Manuel Chang [6]. « C'est le triomphe du made in Cherbourg et donc du made in France », se félicite Arnaud Montebourg [7].

Le 30 septembre 2013, François Hollande, président de la République, vient saluer ce contrat, en compagnie d'Armando Guebuza, président de la République de Mozambique [8]. Quelques jours après, on apprend que huit seulement de ces bateaux seront construits à Cherbourg, les seize autres étant sous-traités en Roumanie [9]. Les deux premiers sont livrés en janvier 2015 et les six derniers en mai suivant [10].

En novembre 2014, le chantier cherbourgeois profite d'un contrat-cadre signé entre la France et l'Arabie séoudite au profit de l'armée libanaise (Donas) [9]. Il se voit attribuer la construction de trois patrouilleurs de type Combattante FS56, d'un montant de 250 millions d'euros [9].

Le 4 novembre 2015, les CMN créent la sensation en diffusant une vidéo des tests effectués par leur nouveau bateau, un trimaran patrouilleur, l'Ocean Eagle 43, au raz Blanchard [11].

En septembre 2016, l'Angola commande au chantier 17 patrouilleurs courts et longs, ainsi que des intercepteurs, pour un montant de 395 millions d'euros [12].

En 2016, une nouvelle usine est construite, qui devrait être achevée fin 2020, pour un coût compris entre 70 et 100 millions d'euros [13].

En mai 2019, les CMN annoncent qu'ils ont signé un contrat avec l'Arabie saoudite portant sur la construction de 39 intercepteurs pour 600 millions de dollars ; 21 étant construits à Cherbourg, les 18 autres en Arabie saoudite [14].

Chiffre d'affaires

Il est « de l'ordre de 100 millions d'euros » en 2014 (30 millions d'euros en 2013) [9].

Effectif

Le chantier emploie 320 salariés en 2014 [9].

Les CMN versent 13,5 millions d'euros de salaires chaque année [5].

Bibliographie

  • Frédéric Patart, L’aventure Amiot-CMN, des hommes, le ciel et la mer, éditions des Champs, Bricqueboscq, 1998

Notes et références

  1. « À Cherbourg, grèves et lock-out aux Constructions mécaniques de Normandie », Le Monde, 22 janvier 1965.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 « 120 ans en Cotentin», La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 205.
  3. « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 206.
  4. « CMN : leader mondial de la construction de mega-yachts », La Manche libre, août 2009.
  5. 5,0 et 5,1 Gilles Collas, « Les CMN manquent d'appui en France », Ouest-France, 25 avril 2012.
  6. 6,0 6,1 et 6,2 Jean-Pierre Buisson, « Commande record pour Cherbourg : 30 bateaux », Ouest-France, 6 septembre 2013.
  7. « Commande de 200 M€ pour les chantiers cherbourgeois CMN », AFP, 5 septembre 2013, 20 h 08.
  8. Thierry Dubillot, « La visite présidentielle s'est d'abord attardée aux CMN », Ouest-France, 1er octobre 2013.
  9. 9,0 9,1 9,2 9,3 et 9,4 Michel Cabirol, « L'incroyable résurrection du chantier naval CMN à Cherbourg », latribune.fr, 6 janvier 2015.
  10. « Mozambique : livraison des six derniers bateaux construits à Cherbourg », AFP, 26 mai 2015, 20 h 44.
  11. Ouest-France, site Internet, 4 novembre 2015 (lire et voir en ligne).
  12. Michel Cabirol, « L'Angola s'offre 17 navires de guerres du chantier naval de Cherbourg CMN », La Tribune, site internet, 10 septembre 2016 (lire en ligne).
  13. Jean-Jacques Lerosier, « Une nouvelle vie pour les Constructions mécaniques », Ouest-France, 6 décembre 2016.
  14. « CMN a activé son contrat à 600 millions de dollars », La Presse de la Manche, 3 mai 2019.

Sources

Articles connexes