Victor Hamel

De Wikimanche

Victor Hamel, né à Parigny en 1916, mort à Valognes en 1995, est une personnalité de la Manche.

Un demi-siècle d’enseignement et de sacerdoce

Victor Hamel appartient à la race des instituteurs de la vieille école qui ne ménageaient ni leur temps, ni leur peine.

Issu d’une famille de petits cultivateurs du sud de la Manche, Victor Hamel fait ses études à l’Institut Notre-Dame d'Avranches au sortir de l’école laïque de sa commune natale et, son brevet supérieur en poche, s’engage au service de l’enseignement libre dès l’âge de seize ans. Ses premiers élèves de Sourdeval sont à peine moins âgés que lui.

Mobilisé en 1939, il se retrouve l’année suivante sur le front de Hollande où, grièvement blessé, il échappe de justesse à la captivité. Il exerce ensuite son métier à Ducey, Sainteny, Pontorson, Saint-James, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Saint-Nicolas-près-Granville, Valognes où il développe un important pensionnat, et enfin à Cabourg (Calvados).

À l’heure de la retraite, il revient à Valognes en 1981.

Comme la plupart des enseignants, privés ou laïcs, de sa génération, Victor Hamel conçoit son métier d’instituteur comme un véritable sacerdoce, avec ses humbles grandeurs et ses nombreuses servitudes. Sa seule ambition est de mener tous ses élèves au « certif » ou à l’entrée en sixième. Pour ce faire, il n’hésite jamais à prolonger sa classe bien après l’heure réglementaire. Sa pédagogie est fondée sur une discipline de fer, symbolisée par une longue baguette de bambou.

Quand, atteint par la limite d’âge, il abandonne sa blouse grise de maître d’école, il a formé plus de quinze cents élèves en un demi-siècle d’exercice. Probablement un record.

Avant de disparaître, Victor Hamel raconte, dans un texte resté inédit, ses premières années sur les bancs de la classe enfantine de Parigny. Ce texte est un hommage émouvant aux vieux maîtres de la « laïque », ces fameux « hussards de la République », pour lesquels il garde toute sa vie une indicible nostalgie.

On peut y lire notamment : « Malgré la loi de séparation, le crucifix avait gardé, au-dessus du bureau magistral, la place d’honneur. A sa droite, le portrait du président de la République, Alexandre Millerand. A sa gauche, la photo du précédent instituteur, tué au cours des premiers combats de la Grande Guerre. L’uniforme, les galons, le képi, les épaulettes, nous comblaient d’admiration et nous gonflaient de patriotisme. Au-dessus de ces pieux emblèmes, notre vieil instituteur avait déployé une banderole tricolore sur laquelle étincelaient, en lettres d’or, les mots : Honneur–Travail–Discipline »

Victor Hamel est le père du regretté Jean-François Hamel, journaliste et écrivain, auteur notamment de nombreux portraits de Manchois remarquables.

Source

Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, sous la direction de René Gautier, ISBN 2914541562