Vache cotentine

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Vache cotentine

La vache cotentine est une ancienne race bovine de la Manche, aujourd'hui disparue au profit de la vache normande.

Historique

Deux races cotentines existent dans les documents antérieurs à 1850 : la petite et la grande race. On lui prête une origine germanique, par l'introduction du bétail scandinave des Vikings au sein des troupeaux autochtones[1].

La grande race possédait des dimensions hors normes, pourtant constatées par les Inspecteurs de l’Agriculture : une hauteur au garrot entre 1,90 et 2,12 mètres, une longueur de 3 mètres, un poids entre 1,3 et 2 tonnes pour un bœuf. Un bœuf donnait 2000 livres de viande et 250 livres de suif. Les animaux manquaient en revanche de précocité et étaient mal conformés. La robe bringée attestait l’origine cotentine de l’animal. Les archives conservent des noms des bœufs Dagobert (1975 kg), Père Goriot (1970 kg), Monte Cristo (1902 kg), présentés dans les foires et carnavals[1].

La petite race, très fréquente dans la Manche, s'avérait une bonne laitière (24 litres de lait par jour) toute en étant facile à engraisser (60 à 75 kg de suif à l'abattage). Les bœufs mesuraient entre de 1,50 m à 1,60 m de haut en moyenne, entre 1,80 et 1,85 m de long, de 0,60 à 0,65 m en largeur au niveau des hanches. Ils pesaient environ 360 kg. Les vaches mesuraient 1,48m de haut en moyenne pour 1,75 m de long, et pesaient 240 kg. Les taureaux pesaient 425 kg. La robe était généralement bringée[1].

Des croisements entre les deux races cotentines pour améliorer les qualités des troupeaux, aboutissent à une race au pelage bringé, bien conformée, avec une bonne aptitude laitière, beurrière et à l’engraissement, mais peu précoce, faible au travail et délicate à nourrir. D'une qualité supérieure en conformation et en volume aux autres races normandes, la cotentine est utilisée à partir de la première moitié du XIXe siècle dans toute la Normandie et sert en croisement améliorateur dans la Manche et les départements voisins[1].

Croisée essentiellement avec l'augeronne, et de manière plus restreinte avec le Durham, la cotentine disparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle[1].

La cotentine a également été croisée par l'Augeron Henri Philippe-Auguste Dutrône avec la race sans corne anglaise Suffolk, pour donner naissance à la race cotentine sans corne, qui connait la célébrité dans les années 1850 et 1860 sous le nom de Sarlabot.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Pierre Mespoulhès, « La race bovine normande, sélection depuis les origines, valorisation des produits laitiers et carnes, potentiel à l'export », thèse de l'École nationale vétérinaire d'Alfort, 2012.