Union industrielle d'entreprise

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L'Union industrielle d'entreprise (UIE) est une ancienne entreprise de la Manche, spécialisée dans le montage de plate-formes pétrolières, implantée à Cherbourg

La plate-forme pétrolière Chris Chenery dans le port de Cherbourg (1978).

L'UIE avait son siège social 49 bis, avenue Hoche à Paris (8e arrondissement). C'était une filiale de la Compagnie des pétroles.

Histoire

L'Union industrielle d'entreprise (UIE) s'implante à Cherbourg en 1973. Elle s'installe sur le terre-plein des Mielles : un terrain de près de 4 hectares lui est spécialement aménagé, qui a été gagné sur la mer [1].

Elle emploie 420 personnes en 1974 [2] et 1 200 en 1976 avec les intérimaires [3].

En février 1974, six mois après son installation, elle livre sa première plate-forme destinée au gisement d'Ekofisk, au large de la Norvège [3]. Elle amène un trafic supplémentaire au port de commerce de Cherbourg en important d'Angleterre des tubes métalliques : 1 200 tonnes en 1973, en provenance du port d'Immingham, près de Sheffield [4]. En 1975, elle est dotée d'un portique de 118 m de haut, inclinable et capable de soulever 600 tonnes [3]. Depuis le Fort du Roule, le visiteur qui regardait en direction des Mielles pouvait vérifier qu'il se trouvait au même niveau que la traverse supérieure du portique.

En mai 1975, l'entreprise fait travailler 1 200 personnes [5]. Le record est atteint en août 1979 avec 1 272 salariés [6].

Le 14 octobre 1978, onze grues sont mobilisées pour lever un panneau de plate-forme pétrolière de 3 000 tonnes [7].

Malmenée par des opérations boursières douteuses et un effondrement des commandes, l'UIE est mise en redressement judiciaire en mai 1984 [8]. Le groupe Bouygues reprend l'entreprise et impose un plan social : 128 licenciements sur les 550 emplois, sans parler des sous-traitants [8].

L'UIE ferme ses portes le 17 juillet 1985 [9]. Ses 388 employés sont licenciés. Le 31 juillet, la Chambre de commerce et d'industrie Cherbourg-Cotentin reprend possession du terre-plein. Le 13 août, le grand portique de 118 m est démonté pour être emmené à la ferraille [10].

Notes et références

  1. « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 179.
  2. Jean Levalois, « La communauté urbaine de Cherbourg », Études normandes, n° 278, 1974
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Bernard Launey, Cherbourg 1900-1975, éd. La Dépêche, 1976, p. 37.
  4. La Presse de la Manche, 11 octobre 1974.
  5. « Nos années 70 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2012, p. 156.
  6. « Nos années 70 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2012, p. 160.
  7. « Nos années 70 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2012, p. 159.
  8. 8,0 et 8,1 « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 201.
  9. « Nos années 70 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2012, p. 117>.
  10. « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 203.