Trottebec

De Wikimanche

Autrefois à Tourlaville

Le Trottebec est un cours d'eau de la Manche.

Cette rivière a sa source à Brix. Elle matérialise la limite communale entre Brix et Le Mesnil-au-Val, Brix et La Glacerie, La Glacerie et Tollevast; elle traverse Tourlaville et se jette à Cherbourg dans la Divette, dont elle constitue un affluent rive droite.

La vallée du Trottebec est inscrite aux monuments historiques depuis le 15 avril 1983.

Hydronymie

Attestations anciennes

  • la riviere du Trotebec 1544 [1].
  • la riviere de Trotebec 1555 [2].
  • Trotebet R[iviere] 1689 [3].
  • Trotebec R[iviere] 1692/1715 [4].
  • Trotebet R[iviere] 1716 [5].
  • Trotebet Riviere 1700/1741 [6].
  • Crotebec, R[iviere] 1745/1780 [7].
  • le Trotebec Rivière; Rivière de Trotebec 1842 [8].
  • R[uisse]au de Trotebec 1978 [9].
  • le Trottebec 2001 [9].

Attestations indirectes

Du nom de la rivière de Trottebec ont été dérivés les toponymes et odonymes suivants :

  • Résidence Trottebec 1993 [10] à Tourlaville. Elle était constituée à cette date des bâtiments Les Arbrisseaux, Les Bosquets et Les Charmilles.
  • Rue [du] Trottebec 1993 [10], rue du Trottebec 2009 [11] à Cherbourg, aujourd'hui Cherbourg-Octeville. Une portion de cette voie franchit en effet le cours d'eau, entre les rues Letellier et Georges Guynemer.

Étymologie

Hydronyme d'origine partiellement scandinave, dont le deuxième élément -bec est issu de l'ancien norois bekkr « ruisseau ».

Le premier élément ne semble pas représenter un anthroponyme scandinave mais plutôt un nom d'origine soit germanique continentale, soit anglo-saxonne. Cependant, aucun de ces deux noms n'est formellement attesté.

  • Le nom de personne d'origine germanique continentale (francique) pourrait être °Trot(t)o, variante possible de Trodo, Truodo, hypocoristique des noms dont le premier élément est trud-, trut-, variantes de drut- « fort; violent » [12], d'où le sens global de « ruisseau de °Trotto ».
  • Il existe également un nom de personne anglo-saxon hypothétique °Trott, postulé par Eilert Ekwall [13] pour expliquer les toponymes anglais Trottiscliffe (Kent) [14] « la falaise de Trott » et Trottsworth (Surrey) [15] « le domaine rural de Trott », et qui pourrait également convenir. Selon Ekwall, ce nom serait apparenté au moyen bas-allemand trot et à l'allemand Trotz « méfiance », d'origine obscure.

La solution anglo-saxonne s'accorde mieux avec l'emploi de cet appellatif scandinave, et suggérerait une formation anglo-scandinave. Néanmoins, ces deux explications restent hypothétiques.

Notes et références

  1. Lots et partages entre Gilles de Gouberville et ses frères François, Guillaume et Loys de la succession de leurs père et mère, 24 juin 1544, dans le volume IV (Annexes) de la réédition du Journal du Sire de Gouberville, Les Éditions des Champs, Bricqueboscq, 1993-1994, p. 197-203.
  2. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 189.
  3. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  4. Plan de la ville de Cherbourg et des environs, 1692/1715, BNF, collection Roger de Gaignières (1642-1715), cote Gaignières, 5501.
  5. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  6. Jean Magin, Plan de Cherbourg, 1700/1741, BNF, Collection d'Anville, cote 01085.
  7. Atlas de Trudaine pour la généralité de Caen (1745/1780), Archives Nationales, fonds CP, F/14/*8469.
  8. Plan de la ville de Cherbourg, éd. Lecouflet, Cherbourg, 1842, BNF, cote GED-5820.
  9. 9,0 et 9,1 Cartes IGN au 1/25.000.
  10. 10,0 et 10,1 Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  11. Google maps.
  12. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 75a-76a.
  13. Eilert Ekwall, The Concise Oxford Dictionary of English Place-names (4th edition), Oxford University Press, Oxford, 1960, p. 481a.
  14. Trottesclib 788, Trotescliua s.d., Trottesclive 1268, ibid.
  15. Trotteswurth 1242, 1243, ibid.