Travaux au port de Granville (1923-1924)

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Vue générale du port de Granville en 1923.
Travaux au port de Granville - Démontage du parement de la jetée Sud côté grève, au droit de la cale Ouest. Blocs de granit en attente sur des wagonnets - 6 juin 1923.

Après un premier témoignage sur la défense passive à Granville, voici un second témoignage de Jacques Féret (juillet 2016) sur les travaux au port de Granville effectués entre 1923 et 1924.

Au dire des historiens, le port de Granville date des environs du XVIe siècle. Il est alors constitué d’une jetée pour abriter les navires. Plus tard deux bassins seront réalisés.

C’est après la guerre de 1914/1918 qu’il est décidé de réunir les deux bassins à flots existants en un seul. Ils occupent alors une surface de 13 hectares. Une passerelle en bois permet aux marins de les enjamber.

En 1922 les travaux commencent par la démolition de deux éperons et l’ancienne jetée disparait afin de faciliter la circulation des navires de pêche dans le port d’échouage.

Les grands travaux sont lancés en 1923 et s’achèvent en totalité en 1925.

En 1923, c’est une main d’œuvre étrangère en grande partie qui effectue le travail de creusement du petit bassin avec pelles et pioches pour le mettre à la même profondeur que le grand. Des chevaux sont également utilisés pour transporter des matériaux d’un point à un autre. Des petits wagonnets tractés par une locomotive du type Décauville servent à évacuer la vase vers les quais.

Une grue à vapeur est utilisée de même que sont construits des ascenseurs !

Les matériaux pour la réalisation des quais sont extraits d’une carrière ouverte à Carolles dans le site de la Vallée des peintres.

Les travailleurs sont hébergés dans des baraquements implantés rue Jean-Jaurès où fut construit beaucoup plus tard l’usine Magdeleine. Ces travailleurs descendaient l’avenue du Maréchal-Leclerc et la rue Couraye chaque matin en chantant suivis par leurs chats siamois qui profitaient du cortège pour aller prendre un bain dans le bassin.

Tous ces travaux amènent un grand changement suivi avec intérêt par les armateurs et les marins en particulier.

La fin du chantier en 1925 donne en final le port que nous connaissons actuellement.

L'année 1923 fut marquée par la faillite de la « Compagnie transinsulaire de navigation » qui assurait des liaisons entre Granville, Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), Saint-Malô (Ille-et-Vilaine) et Jersey.

Jacques de Boutray, un industriel dans le négoce du bois qui avait succédé à Jean Pergeaux dans le fauteuil de maire de Granville donne sa démission le 24 septembre 1923 alors que les travaux surveillés par les ingénieurs des Ponts et Chaussées et la Chambre de Commerce et d’Industrie sont alors en phase active. Il fut remplacé successivement par Augustin Rufflé et Albert Godal.

Le port de Granville n’a pas subit de dégâts importants pendant l’occupation et à la libération.

Il est placé actuellement sous la houlette de la CCI qui s’occupe à le moderniser.

Jacques Féret.

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