Théâtre de l'Alma

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La façade.
Théâtre de l'Alma.

Le théâtre de l'Alma est un ancien théâtre de Cherbourg.

Le conseil municipal de Cherbourg décide dans sa séance du 24 avril 1854 d'édifier un nouveau théâtre pour remplacer le Théâtre de la Comédie, installé rue de la Paix [1].

La construction commence aussitôt sur les plans de l'architecte Dominique Geufroy [1]. La première pierre est posée le 12 juin [2]. Le bâtiment se situe aux n° 11 et 13 de la rue Loysel, son nom d'alors [1] ou entre les n° 9 et 15 de la rue de l'Alma [3] .

Bâtie sur les terrains et aux frais du docteur Loysel, cette nouvelle salle de spectacle, à la façade élégante, « pseudo grecque » [3], est ornée des bustes des principaux auteurs dramatiques et dotée d'une salle richement décorée, entourée de deux galeries superposées en fer à cheval, avec une grande scène et le foyer au premier étage. Des cafés sont installés de chaque côté du péristyle [4].

Sous ses fondations on scelle une inscription :

« Dans la deuxième année du règne de l'Empereur Napoleon III, le XII juin MDCCCLIV, sous l'admnistration de M. Joseph-Etienne Ludé, chevalier de la Légion d'honneur, maire de la ville de Cherbourg et membre du conseil général du departement de la Manche, la prémière pierre de ce théâtre a été posée par le propriétaire, M. Alexandre-Frangois-Gervais Loysel, docteur en médecine, en présence de M. Dominique Geufroy, architecte, et de MM. Bienaimé Groset Auguste Lehot, entrepreneurs. Sous cette pierre sont déposés, dans une boite en plomb : un exemplaire du présent et une série de monnaies jusqu'à un franc, au millesime de MDCCCLIV et à l'effigie de l'Empereur regnant. »[5].

La salle offre 775 places [1]. L'inauguration a lieu le 2 décembre 1854 avec une représentation de la comédie d'Augier et Soudeau Le Gendre de M. Poirier, suivie d'u vaudeville La Perdrix rouge [1], et un « prologue-revue » qui établit « une comparaison fine et mordante de l'ancienne salle avec la nouvelle [2]. Le directeur est M. Valmont [1]. La soirée est un succès : on doit refuser l'entrée à 200 personnes [2].

À cette époque, Cherbourg possède une troupe permanente, moitié opéra-comique, moitié dramatique [4]

En 1863, le directeur Valmont est remplacé par M. Chauloux, auquel succède sa veuve en 1868 [1]. En 1864, le propriétaire Alexandre Loysel décède et est remplacé par son frère [1]. En 1875, Mme Chauloux est remplacée à son tour par M. Gosset [1].

Mais le Théâtre de l'Alma est mal conçu et trop petit dès son ouverture : « la salle était étroite, dépourvue de tout confort, de pauvre apparence et sommairement décorée » [3]. Il est décidé rapidement, vers 1875 [3], d'en bâtir un nouveau, place du Château, inauguré en 1882.

Le Théâtre de l'Alma abandonne dès lors les spectacles pour accueillir des conférences et de réunions syndicales [1].

L'ancienne salle de spectacles accueille ensuite, à partir de 1908, la bourse du travail. Son inauguration, le 26 janvier, donne lieu à un concert de l'harmonie La Prolétarienne et de la chorale des Enfants du Peuple. Le lendemain, un cortège marche de l'ancienne bourse du travail à son nouvel emplacement dans lequel Hippolyte Mars prononce le discours inaugural [6].

Le Théâtre de l'Alma, très dégradé, est démoli en 1950 pour permettre l'agrandissement de l'école maternelle qui lui est contiguë [1].

Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 et 1,10 Jean Le Jeune, Documents historiques sur le vieux Cherbourg et sa région, éd. La Dépêche, Cherbourg, 1981, p. 134-147.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 « Le théâtre à Cherbourg », Cherbourg-Éclair, 16 septembre 1912.
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Gustave Féron, « La presse et le théâtre », Cherbourg et le Cotentin, impr. Émile Le Maout, Cherbourg, 1905, p. 482.
  4. 4,0 et 4,1 Le voyageur à Cherbourg en 1858. Cherbourg : Bedelfontaine & Syffert, 1858. p. 22.
  5. Le Chanteur de Pontaumont, « Fragments d'histoire locale : paléographie de Cherbourg », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol 7, 1756.
  6. « Soirée de première syndicale », « 120 ans en Cotentin », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 49.

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