Tarin des aulnes

De Wikimanche

Le Hutrel à Saint-Lô, 3 mars 2016.

Le tarin des aulnes (Spinus spinus, « spinus » signifiant tarin en latin) est un passereau qu’on peut observer de septembre à avril dans la Manche. Ce « visiteur d’hiver » appartient à la vaste famille des fringilles, qui comprend des oiseaux familiers tels que le moineau ou le pinson (fringilla signifie d’ailleurs pinson). Les fringilles se caractérisent par leur bec conique, apte à écraser les graines.


Description

Le tarin mâle se remarque très facilement par son plumage jaune vif, tirant sur le vert. Le front est très noir, le dos et les flancs sont striés. Le bec est court et renflé. Quant à la femelle, elle n’a pas de calotte noire, son plumage est terne, beaucoup moins jaune. Le poids du tarin oscille entre 10 et 14 grammes.

Habitat

Contrairement à ce que son nom indique, le tarin des aulnes est un spécialiste des conifères, qui sont peu présents en Normandie. En automne et en hiver, il se rabat surtout sur les aulnes, le long des rivières, d’où son nom. Les bouleaux lui conviennent également. C’est aussi un oiseau qui vient facilement se nourrir près des habitations, surtout s’il trouve des mangeoires.

Comportements

L’étymologie du mot tarin n’est pas claire : soit il viendrait de l’ancien français « tarier », verbe qui signifiait provoquer, exciter, soit il serait issu d’une racine « tar », qui signifiait bruyant. Quoi qu’il en soit, ces deux étymologies concurrentes décrivent bien le comportement de cet oiseau. En effet, même s’il peut arriver qu’en hiver on observe dans les jardins des individus solitaires, on rencontre le plus souvent des groupes très bavards de 10-15 individus, échangeant des cris de contact incessants. En hiver également, il arrive que des individus donnent la becquée à leurs confrères du même sexe. En fait ce sont les dominants qui reçoivent de la nourriture de la part des oiseaux de rang inférieur ! Et en toutes saisons le tarin est également très mobile, se suspendant la tête en bas aux rameaux pour se nourrir. C’est un véritable acrobate ! Il descend d’ailleurs très peu à terre.

Régime alimentaire

Le tarin des aulnes est un granivore. Son bec lui permet de buriner les cônes (appelés strobiles) des aulnes et d’en gober les graines. Mais il peut aussi se nourrir à partir des bouleaux, des ormes, des chardons ou des pissenlits. Sinon, dans les jardins, toutes les sortes de mangeoires lui conviennent (il apprécie en particulier les graines de tournesol).

Reproduction

Le tarin des aulnes ne niche pas en Normandie, mais dans les forêts de conifères du Jura et des Alpes, jusqu’en Europe du nord et en Russie, entre mai et août.

Populations dans la Manche

Ne séjournant que quelques mois dans le département, le tarin des aulnes n’est bien sûr pas considéré comme une espèce « autochtone ». Néanmoins, le Groupe ornithologique normand (GON) le comptabilise depuis des années lors des migrations de nombreuses populations de passereaux qui longent le littoral normand. Le site des falaises de Carolles, au sud de Granville, est un des 25 « spots » de migration active de France. C’est ainsi qu’on a pu y dénombrer, en ce qui concerne les tarins des aulnes, le passage de 2 000 individus en l’an 2000 et de 6 000 en 2010 ! En février 2016, des tarins sont observés un peu partout dans la Manche, avec des effectifs importants, 70 par exemple, le 3 février, à Troisgots. Le même mois, mais aussi en mars, on les signale en nombre dans un quartier d’immeubles d’Avranches, ce qui est inhabituel. On peut faire l’hypothèse que les tarins remontaient vers leurs régions de nidification.

Ajoutons que selon l’Union internationale de la conservation de la nature (IUCN), le tarin des aulnes est considéré comme une espèce « non menacée ». Cet oiseau n’est donc pas un visiteur fugace dans la Manche, son nombre d’observations augmente et il n’a pas fini d’animer par ses cris et son beau plumage nos jardins en hiver.

Lien externe

Site officiel du groupe ornithologique normand