Station de sauvetage de Goury-La Hague

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La station de sauvetage en 2015

La station de sauvetage de Goury-La Hague est un service de secours en mer de la Manche, situé à Auderville, au village de Goury.

Histoire

La décision d'installer une station de sauvetage à Goury est prise le 27 décembre1868 lors du conseil d'administration de la Société centrale de sauvetage des naufragés réuni à Paris, sous la présidence de l'amiral Rigault de Genouilly [1]. Le rapporteur explique ainsi ce choix : « Le canot de Goury, à l'extrémité du cap de la Hague, desservira cette partie du littoral, que ne peuvent atteindre, en cas de sinistres, ni le canot d'Omonville, placé à l'est, ni celui de Diélette, établi au sud. Une station placée dans cette localité, habitée par une vaillante population de pêcheurs, complètera utilement la série de nombreux établissements de sauvetage que possède déjà le département de la Manche. » [1]. L'endroit est particulièrement bien choisi : de nombreux naufrages ont lieu au large, à proximité du raz Blanchard, puissant courant marin.

En 1870, la Société centrale des naufragés affecte un canot de sauvetage au port de Goury [2]. Il arrive le 24 février [1]. Dix-huit marins se portent volontaires pour armer la nouvelle unité [1]. Sa première sortie a lieu le 6 février 1871 pour secourir le transporteur de troupes La Sèvre [1].

Il faut attendre 1878 pour que le canot dispose d'un abri, à l'emplacement de l'actuel office de tourisme [2]. La cale de lancement, pavée et cimentée, est réalisée en 1908, à l'extérieur du port pour faciliter le lancement à marée basse, « le canot reposant jusqu'à sa mise à l'eau sur un chariot tiré à bras d'hommes » [2].

Le bâtiment octogonal qui abrite aujourd'hui le canot d'intervention est conçu par le commandant Chollet [3]. Il est doté d'une plaque tournante permettant au canot, par une simple rotation, d'utiliser l'un ou l'autre des deux rails de descente à la mer. L'un donne accès à l'eau à marée basse et l'autre à marée haute. Le canot peut intervenir ainsi vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il est mis en service en 1928 [4]. Le nouveau canot de sauvetage, l'Édouard-Catenacci, est mis a l'eau le 15 juillet 1928, béni par Mgr Louvard, évêque de Coutances [4]. Il s'agit d'un canot insubmersible, équipé de deux moteurs de 20 cv chacun [4]. Le Victoire des Alliés est béni le 29 août 1948 par Mgr Louvard [2][5]. Le Raz-Blanchard est béni le 16 juillet 1967 par Mgr Wicquart [2].

Le canot Mona Rigolet, actuellement en service, a été partiellement financé par Daniel Rigolet, inventeur d'une combinaison de survie pour les marins, qui a affecté ses bénéfices à la construction de ce bateau. Son nom rend hommage à la femme du commandant Rigolet.

À l'intérieur de l'abri, plusieurs panneaux dressent la longue liste des sauvetages à l'actif de la station.

En novembre 2017, au bout de six mois de travaux, la station est dotée d'un nouveau toit, l'ancien tombant en ruines. Il en a coûté 256 728 € TTC, financés conjointement par La Hague (90 910 €), l'État (72 116 €), le département, la région et la fondation Total (20 000 € chacun), la réserve parlementaire du député (15 000 €), le Club des mécènes de la Manche (5 000 €) et une souscription populaire rassemblant 400 personnes (7 000 €) [6].

Canots de sauvetage

Le De La Germonière, canot à rames commandé par le patron Lavenu (1920).
Jean Fabien.
Charles Lavenu.

Les premiers canots sont manœuvrés à la rame par douze hommes : le patron, le sous-patron et dix rameurs [2]. Le premier canot à moteur, l'Édouard-Catenacci, est mis en service en 1928.

  • 1870-1895 : L'Espérance, 9,70 m, patron Jean-Louis Fabien
  • 1895-1904 : Le Baron Larrey [7], patron Jean-Louis Fabien
  • 1904-1923 : De La Germonière, 10,10 m, patron Auguste Lavenu
  • 1923-1928 : De La Germonière II, 9,80 m, patron Charles Lavenu
  • 1928-1940 : Édouard-Catenacci, canot bimoteur AN
  • 1947-1965 : Victoire des Alliés, canot bimoteur Jouet
  • 1965-1989 : Raz Blanchard, canot bimoteur Jouet
  • 1990-2019 (prévision) : Mona Rigolet, patron Rémi Leparmentier

La SNSM prévoit le remplacement du canot actuel en 2019. Il en coûtera 1 million d'euros réparti à part égale entre la SNSM, le conseil régional, le conseil général et la station de Goury [8].

Bibliographie

  • Pierre Anquetil, Un siècle de sauvetages, Goury, sentinelle de l'océan, Cherbourg, Édité au profit de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), 1967 (réédité en 1968)
  • Michel Giard, Naufrages et sauvetages en Manche, éd. Charles Corlet, 1989
  • Roger Le Huel, Goury et sa station de sauvetage de 1834 à nos jours, éd. Isoète, 1998

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Michel Giard, Naufrages et sauveteurs, éd. Charles Corlet, 1989, p. 23-26.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4 et 2,5 Pierre Anquetil, La Hague fouille dans son passé, Cherbourg, Édition La Dépêche, 1974, p. 20.
  3. Claude Pithois, La Hague, terre ignorée..., Librairie G. Gautier, 1961.
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.
  5. Michel Giard, Naufrages et sauvetages en Manche, éd. Charles Corlet, 1989, p. 156-157.
  6. « Un nouveau toit pour la station de sauvetage de Goury », Hag'tions, n° 18, janvier 2018.
  7. Il s'agit de L'Espérance qui a changé de nom selon Michel Giard, Naufrages et sauvetages en Manche, éd. Charles Corlet, 1989, p. 67.
  8. La Presse de la Manche, 28 juin 2010.

Articles connexes

Liens externes