Société des courses hippiques d’Agon-Coutainville

De Wikimanche

La Société des courses hippiques d'Agon-Coutainville est une association de la Manche située à Agon-Coutainville.

Objet social

Déclarée conformément à la Loi du 1er juillet 1901, l'association a pour but d'après ses statuts d'origine, « d'encourager le bon élevage et le goût du cheval par l'établissement d'épreuves annuelles au trot et au galop ». Les statuts ont été refondus le 25 février 1976, pour les rendre conformes aux statuts types approuvés par le ministère de l'agriculture.

Historique

Créée sous l'égide de son premier président Maurice Nonet Raisin, la société existe depuis 1925 et figure parmi les toutes premières associations d'Agon-Coutainville. Eugène Martin, agriculteur d'Agon-Coutainville, au village de La Beuverie, en est un des co-fondateurs.

La première réunion de courses se déroule le 29 août 1926 sur l'hippodrome du Martinet au cours de laquelle il est enregistré un montant de pari mutuel de 33 226 F d'époque. Les années 1927 et 1928 voient chacune une réunion se tenir[1]. De 1929 à 1938, il est couru deux réunions par an ; mais une seulement en 1939.

Au cours de la période d'avant guerre, les réunions ont lieu fin juin et fin août afin de ne pas concurrencer les fêtes organisées par les autres sociétés et attirer du monde à Coutainville en début et fin de saison. D'environ 1 500 en moyenne par an, les entrées payantes se répartissent en plusieurs catégories : 15 F pour les messieurs, 10 F pour les dames, 5 F pour la pelouse et 5 F pour les voitures.

Mise en sommeil pendant toute la période d'occupation, c'est en 1946 que la société reprend son activité, sous la présidence de M. Isabet, avec deux réunions par an. Il n'était pas rare de voir au cours d'une même course se côtoyer, pour disputer l'arrivée, des chevaux attelés et des chevaux montés. La première course de la réunion de juillet ou d'août était réservée aux chevaux des éleveurs du pays.

En 1961, le docteur Claude Asselin succède au président M. Damecour. Entouré de membres du bureau dont Jean Maline, trésorier et Pierre Letan, speaker, auteur de la célèbre phrase qui rythmait la réunion « Messieurs les parieurs, dépêchez-vous, les chevaux passent sous les ordres du starter »[2], il développe la société qui passe, en 1962 à trois réunions par an, dont une toujours le 14 juillet, une autre le dimanche suivant et la dernière le dimanche après le 15 août. En 1986, la Société des courses de Saint-Lô, privée d'installation, tient ses quatre réunions sur l'hippodrome du Martinet, ce qui portera à sept le nombre de réunions s'y déroulant au total.

C'est le 1er juillet 1989 que la fusion entre les deux sociétés est officialisée en devenant la Société des courses Agon-Coutainville et Saint-Lô. C'est lors de l'assemblée générale de mars 1998 que Claude Asselin cède sa place à Bernard Raulline après trente-sept années de présidence [3]. Le bureau est alors constitué de Jacques Seux, David Lerouge, Gérard Raulline, tous les trois vice-présidents et de Paulette Blot, secrétaire et trésorière. David Lerouge, vétérinaire à Coutances, est président jusqu'en 2016 et passe le témoin à Gilbert Langelier, entouré de Marcel Desbleumortiers, vice-président et de Yves Huet, trésorier.

Des équipements toujours modernisés

A sa création, la piste de l'hippodrome du Martinet est tracée en bordure du CD 351, reliant le Vieux-Coutainville à la plage sur un terrain exclusivement de marais à l'époque. Longue de 1 241 mètres et large de 20 mètres, les chevaux l'empruntent à main gauche, c'est-à-dire corde à gauche. Elle fait toujours partie des pistes en herbe existantes dans le département de la Manche.

Longues de 45 mètres, les tribunes ont été édifiées à l'aide d'un emprunt souscrit auprès des membres fondateurs par bons de 500 F de l'époque, remboursables par voie de tirage au sort. Leur construction en béton armé remonte au cours des années 1926-1928, par l'entreprise Redon. Elles ont été inaugurées en 1928 avec la participation d'une musique et du groupe folklorique de Coutainville.

La pelouse (places debout les moins chères) est comprise à l'intérieur de la piste, le long d'une lisse en béton, face aux tribunes. On y accédait par un sentier le long et à l'intérieur du camping municipal actuel. Un bâtiment en parpaing, détruit pendant l'occupation, abritait les services du pari-mutuel, pour cette enceinte.

Les peupliers du champ de courses, ceux du mini-golf (actuellement magasin Super U) et du camping municipal ont été plantés par Almire Bézard à partir d'une branche de peuplier plantée en terre. Des peupliers plantés en cercle matérialisaient le rond de présentation des chevaux afin que les parieurs puissent prendre connaissance des cracks avant de miser. Une tour de contrôle pour donner aux commissaires une vue complète sur la piste, est érigée en 1953 par M. Sehier, entrepreneur de construction au Passous.

L'eau courante est amenée sous les tribunes en 1958. La même année, un tableau d'affichage donne les informations, écrites à la craie, de la course qui vient d'avoir lieu.

Sur les conseils du directeur technique des pistes de l'hippodrome d'Enghien, la piste est entièrement rénovée en 1965. Ces importants travaux sont financés par un emprunt obtenu auprès du fonds commun et exécutés sans interruption des réunions. Les virages sont relevés et les terrassements sont faits par l'entreprise Henry. Le réensemencement de la piste est assuré par les pépinières Thoury et les clôtures extérieures par l'entreprise Lafosse, située à proximité de la chapelle de Coutainville. La piste est ainsi entièrement redessinée, en particulier le virage est.

Les bâtiments du pari-mutuel devenant trop exigus, de nouveaux sont construits en 1971, en commençant par une salle servant à la répartition du pari-mutuel, suivi en 1979-1980, par la construction de 12 guichets. C'est en 1982 que l'installation est complétée par des travaux d'électricité et de prise de terre spécifique permettant le branchement du nouveau matériel électronique que la société du Pari-mutuel utilise pour prendre en compte les jeux. Les anciens locaux du pari-mutuel ont été transformés en vestiaires pour les jockeys.

Sur la piste, des raquettes permettant aux chevaux de faire une volte pour se présenter sur la piste par groupes constitués en fonction de leur handicap, sont aménagées.

Un bloc sanitaire est construit sous les tribunes en 1983, en remplacement de celui existant devenu vétuste.

La même année, le bureau de la Société constate que la piste se dégrade petit à petit, malgré sa rénovation complète en 1965 et décide de la reprendre de nouveau entièrement. L'apport de terre est assuré par l'entreprise Fauvel et le réensemencement général par l'entreprise Romuald.

En 1985, le mirador, tour de contrôle pour les commissaires, a été déplacé pour l'aligner sur la ligne d'arrivée et faciliter la photographie de l'arrivée des chevaux. A l'intérieur de l'anneau, une piste a été tracée pour permettre de suivre la course d'un bout à l'autre à partir d'un véhicule afin de mieux identifier les chevaux faisant l'objet de faute d'allures et susceptibles d'être distancés.

Suite à la sécheresse de ces années là, un dispositif d'arrosage de la piste a été mis en place.

Du personnel et des bénévoles sans cesse mobilisés

Dans les années 50, Désiré Lecosse était présent sur le champ de course le jour de la réunion, du matin au soir et mangeait rapidement un casse croûte au bord de l'entrée. La veille, avec M. Lecaplain, pére, il avait préparé les bureaux du pari mutuel et piqueté la piste. On les voyait, chaîne d'arpenteur en main, à deux mètres de la corde à partir du poteau d'arrivée, déterminer l'emplacement exacte des poteaux matérialisant les divers endroits de départs de la course, tout en supervisant les poteaux de la piste. Les dits piquets étaient glanés par M. Lemercier, charcutier à Coutainville, lors de ses tournées chez ses clients.

C'est dans les années 60 que le trésorier Jean Maline, constituait une équipe rémunérée chargée de vendre les tickets à l'entrée principale et au Temple protestant. En plus des guérites en bois, la vente se faisait à partir d'un camion tollé Citroën prêté par René Mulot, vendeur de matériel électro-ménager à Coutances. D'autres équipes vendaient les programmes imprimés par la maison Bellée de Coutances, sur le champ de courses et aux entrées ainsi que les tickets de parking voiture, situé à l'emplacement actuel du casino.

Dans ces années également, c'est Rémi Lainé, agriculteur à Heugueville-sur-Sienne, qui, avec l'aide de sa famille, fait les foins en fauchant l'herbe de la piste et de la pelouse.

C'est M. Rondeau, électricien à Coutainville qui assure pendant de nombreuses années la mise en son et en image de l'hippodrome.

C'est à M. Lebeurrier que revient la lourde tâche de donner le départ, sachant que certains jeunes chevaux n'avaient pas forcément pratiqué auparavant l'exercice de mise en ligne pour démarrer la course et avaient peur des élastiques qui se détachaient des poteaux encadrant les chevaux, dans un bruit sec lors du départ.

Depuis les années 2000, chaque année, au mois de juin, c'est une quinzaine de bénévoles qui préparent le terrain et les installations pour recevoir le public[4].

Notes et références

  1. Archives privées Jean Maline.
  2. Aude Asselin, Du toubib à l'amiral, éd.Eurocibles, 2009
  3. La Presse de la Manche, 29 mars 1998.
  4. « Les bénévoles préparent l'hippodrome », Ouest-France, site internet, 19 juin 2019 (lire en ligne).