Saint Scubilion

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Gisant et sarcophage de saint Scubilion dans l'église de Saint-Pair-sur-Mer.

Saint Scubilion, mort le 16 avril 565, est un ecclésiastique de la Manche.

Hagiographie

Il semble que rien ait été écrit de la jeunesse de Scubilion. Il apparait dans les hagiographies de son confrère, Paterne avec qui il fuit l'abbaye d'Ansion (Saint-Jouin-de-Marnes) dans le diocèse de Poitiers, jusqu'aux environs de Coutances[1].

Les deux compagnons tentèrent de convertir les habitants du village de Scissy, mais furent reçus par des injures : « Une femme porta même l'effronterie jusqu'à perdre toute pudeur en leur présence ; mais le châtiment ne se fit pas attendre : un tremblement de tout son corps, à l'heure morne, avec des douleurs étranges, la contraignit bientôt de reconnaître sa faute et d'en demander pardon à Dieu et aux Saints. »[1]

Ils se retirèrent dans une grotte, vivant « plutôt comme des anges que comme des hommes chargés d'un corps corruptible, se nourrissant plus d'oraison que de pain ». N'ayant donné un jour qu'une moitié de pain pour deux, ils s'en privèrent pourtant pour le donner à un mendiant. « Cela fut si agréable à Dieu, qu'à l'heure du repas, il les pourvut miraculeusement de vivres et comme la boisson leur manquait, Paterne, ayant frappé la terre de son bâton, en fit sourdre aussitôt une belle fontaine d'eau vive qui a toujours continué de couler. »[1]

Après trois ans de vie ermite, ils reçurent l'abbé d'Ansion, Générosus, qui ramena Scubilion au monastère jusqu'à ce que Paterne, ordonné prêtre en 512, le rappelle à ses côtés pour évangéliser le Cotentin, le Bessin, l'Avranchin et au-delà[1].

Pendant le règne de Clotaire, en 555, saint Romphaire, évêque de Coutances, l'envoie à Cherbourg « afin d'abolir les restes du paganisme » [2]. « Il y demeura quelque temps, selon qu'il est marqué dans un ancien livre intitulé Neustria Pia » [2].

Selon une légende, Scubilion élevait deux colombes, qui peu à peu lui préférèrent Paterne. Malgré son attachement aux oiseaux, Scubilion proposa à son compagnon que chacun se retirât en son monastère, lui avec les colombes mais leur laissant la possibilité de retrouver Paterne, ce qu'elles firent. Scubilion loua malgré cela Dieu de lui permettre par cette épreuve de se détacher davantage encore des choses matérielles[3].

Abbé de Maudane, Scubilion tombe malade en même temps que Paterne, devenu évêque d'Avranches[4]. Ils meurent la même nuit, l'un à Maudane, l'autre à Chezay, le 16 avril 565[4]. Sans se concerter, ils se font inhumer dans le même lieu, l'église du monastère de Scissy, les corps étant conduits l'un par Laud, évêque de Coutances, l'autre par Lascivius, évêque de Bayeux[1]. En fouillant le chœur de l'église de Saint-Pair-sur-Mer, on retrouva en septembre 1875 les vestiges de l'oratoire et les sarcophages contenant les restes des deux saints,[5] ainsi que leurs disciples Senier et Aroaste.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Paul Guérin, Les petits Bollandistes : vies des saints — Tome 4, du 26 mars au 23 avril, Bloud et Barral, Paris, 1876
  2. 2,0 et 2,1 Voisin La Hougue, Histoire de la ville de Cherbourg (continuée de 1728 jusqu'à 1835 par Vérusmor), Boulanger, 1835, p. 27.
  3. Olivier Beuve, Les Animaux dans les croyances et les légendes de Normandie, thèse de doctorat vétérinaire, École nationale vétérinaire d'Alfort, 2001
  4. 4,0 et 4,1 Adrien Baillet, Topographie des saints, 1703 - p. 361-62
  5. Émile-Aubert Pigeon, Vie des saints des diocèses de Coutances et Avranches, t.1, Coutances,1898, p 55 et suivantes(lire sur gallica.bnf)