Saint Lô

De Wikimanche

Saint Lô, également écrit saint Laud, décédé en 565, est une personnalité religieuse catholique de la Manche, qui fut évêque de Coutances de 533 à 549.

Saint Lô guérissant une femme aveugle

Des origines vagues[1]

Certains auteurs ont vu en lui un chancelier du roi Childebert, mais il est plus que probable qu'il soit né dans la région de Briovère (la vieille vie latine le dit natif du pagus Constantiensis), plus précisément à Courcy, à une date inconnue. Ce qui est certain, c'est qu'il est le premier évêque ne portant pas un nom gallo-romain. D'autres auteurs avancent qu'il pourrait être originaire des îles britanniques, plus précisément de l'île de Cardigan au pays de Galles, il serait alors Llewdad, fils d'Alain, membre de la communauté de saint Iltut et doyen du collège de Saint-Padern.

Un évêque juvénile [2]

Comme l’affirme la tradition, le cinquième des quatre-vingt-treize évêques du diocèse de Coutances a-t-il été élu sur le siège épiscopal à l’âge de douze ans ? Quatorze siècles après, on se pose toujours la question qui, avouons-le, n’a guère d’importance. De même, on se demande encore s’il est bien exact que, le jour de sa consécration, le futur saint Lô accomplit son premier miracle en guérissant une femme aveugle...

Celui qui a laissé son nom au futur chef-lieu de la Manche et qu’on fête le 22 septembre semble avoir joué un rôle dans l’évangélisation du Cotentin. C’est probablement lui qui a organisé le diocèse dans les limites qu’il connut jusqu’à la Révolution.

On sait avec plus de certitude qu’il assiste à plusieurs conciles d’Orléans, et notamment à celui de 533 qui interdit aux hommes d’épouser leur belle-mère. Peu avant sa mort en 565, Lô fait construire un barrage sur la Vire pour prévenir les incursions des pirates qui, bien avant l’arrivée des Vikings, ravageaient déjà la contrée.

Ses reliques sont dispersées lors de la prise de Saint-Lô par les Vikings, en 890, vers Bayeux et Rouen, d'un côté, et vers Angers, Thouars et Tulle[3]. On sait que l’orthographe de notre saint départemental varie selon les latitudes. A Angers, où ses reliques furent déposées en 1008, il est invoqué sous le vocable de Lô. Ces reliques (une première vertèbre du cou et les deux palettes des genoux) revinrent à Saint-Lô en 1679. On les enchâssa alors dans un buste d’argent qui fut profané pendant la Révolution. En janvier 1794, des sans-culottes du cru l’expédièrent à Paris où il fut fondu et converti en pièces de monnaie ! Mais les reliques elles-mêmes purent être sauvées de la destruction par deux prêtres. Une destruction à laquelle elles échappèrent encore de justesse, grâce au chanoine de Chivré, archiprêtre de Saint-Lô, lors du bombardement de la ville en juin 1944.

Ordination

Saint Lô est ordonné évêque en 525 à Coutances. Lors de la cérémonie, il appose ses mains sur la tête d'un aveugle sous une porte de la cathédrale. Un miracle a lieu et l'aveugle retrouve la vue. Cette porte est depuis appelée la porte Saint-Lô[4].

Paroisses de la Manche dédiées à saint Lô

On trouve également d'autres lieux dédiés à saint Lô dans le Calvados (Saint-Lault-sur-Authie, Saint-Louet-sur-Seulles), dans le Maine-et-Loire et la Somme.

Bibliographie

  • Capitaine H. Tauxier (ou Texier ?), « Saint Lo a-t-il été évêque à 12 ans ?  », Notices, mémoires et documents publiés par la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche, imprimerie Élie fils, Saint-Lô, 1889, p.117-131 (lire en ligne)
  • George Grente, « Saint Lô, évêque de Coutances », 1915
  • Anonyme, « Saint Lô, sa vie, son culte », 1923
  • Bernard Jacqueline, « Saint Lô, évêque de Coutances et de Briovère (VIe siècle) », Revue du département de la Manche, t. 35, n° 139, juillet 1993

Notes

  1. Éric Leconte
  2. Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, Éditions Eurocibles, Marigny, 2001, ISBN 2914541090
  3. Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Créer, 2006.
  4. Ouest-France 23 mai 2007.