Saint Léon

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Statue de l'église de Carentan
Reliquaire de saint Léon, cathédrale Notre-Dame de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)

Saint Léon, né à Carentan (v. 856) et mort à Bayonne (v. 890), est une personnalité religieuse de la Manche, évêque de Bayonne.

Hagiographie

Il naît à Carentan vers 856, dans une maison située place de la République, sur l'emplacement d'un immeuble occupé au rez-de-chaussée par une pharmacie [1]. Il aurait suivi ses riches et nobles parents en Rhénanie, et placé à douze ans comme page à la cour du roi Louis de Germanie[2].

Peu fait pour la cour, il vient à Paris afin d'entamer des études. Il y acquiert de solides connaissances : « À l'âge de 13 ans, il était savant, autant qu'il est possible, en lettres sainte, en lois, en décrets (...) Il était éloquent, de haute stature, beau, bien composé de membres, d'esprit vif et aigu, prudent, grand zélateur de l'honneur de Dieu et chaste toute sa vie » [3]. Il y est ordonné prêtre[2].

Il est prêtre à Rouen, peut-être évêque régionnaire, quand, vers 887, il va à Rome recevoir du pape la mission d'évangéliser le Pays Basque. Il part avec Gervais et Philippe (ou Eleuthère), qui sont qualifiés de frères, et obtient de nombreuses conversions, étendant son prêche en Navarre, dans le Lampourdan, les Landes et le Bordelais. Il devient évêque de Bayonne et fonde une église dédiée à la Vierge [4]. Il est nommé archevêque de Rouen en 888 [5].

Les diverses sources le disent évêque de Rouen, soit avant son départ pour Bayonne, soit peu avant sa mort[4], sans que cette nomination n'ait laissé de trace[6].

Il est tué par des pirates un 1er mars, jour de son culte. Gervais meurt avec lui, Philippe plus tard[6].

La véracité de son implantation à Bayonne est contestée, notamment par Jean de Jaurgain [7]. « Les légendes de saint Léon, dit-il, les détails de son apostolat, de sa mission, de son séjour parmi nous et de son martyre ne reposent que sur des traditions populaires et orales fort peu précises, et dont les origines sont absolument inconnues. »

Culte

Décapité par des pirates[4], basques[6] ou normands[2] selon les textes, il aurait fait quelques pas en portant sa tête et une fontaine aurait jaillie là où il s'écroula, ses eaux guérissant les maladies liées à la grossesse et aux yeux. La fontaine commémorative érigée au XVIe et XVIIe siècle a été classé au titre des monuments historiques en 1942[8].

Il est le saint patron de la ville de Bayonne qui conserve les reliques de Léon, sur lesquelles les membres du corps de la ville (maire, échevins, clercs, capitaines de guets...) prêtaient serment[2].

Il est canonisé par le pape Étienne [5].

Vers 1880, les évêques de Coutances et de Bayonne, Germain et Ducellier, conduisent une importante procession vers le supposé lieu de naissance de Léon, aujourd'hui occupé par une pharmacie, place de la République[9]. La paroisse de Carentan dans le diocèse de Coutances et Avranches porte son nom.

Notes et références

  1. Paroisse de saint Léon, site internet (lire en ligne).
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Sœur Pascale, Témoins du Christ en Béarn et au Pays Basque, diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron (lire en ligne).
  3. Chanoine Dubarat, « Saint Léon, premier évêque de Bayonne », Missel de Bayonne de 1543 (lire en ligne).
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Théodore Éloi Lebreton, Biographie normande, volume 2, 1858.
  5. 5,0 et 5,1 Jules Thieury, Armorial des archevêques de Rouen, Impr. F et A. Leconte Frères, Rouen, 1864 (lire en ligne).
  6. 6,0 6,1 et 6,2 H. Fisquet, La France pontificale, Repos, 1864.
  7. Jean de Jaurgain, L'Évêché de Bayonne et ses légendes de saint Léon, étude critique, chez Mlle Béguet, Saint-Jean-de-Luz, 1917.
  8. Notice n°PA00084335, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture.
  9. « L'histoire de Saint Léon », site de la paroisse Saint-Léon de Carentan (lire en ligne).

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