Raymond David

De Wikimanche

Raymond David, né à Marchésieux le 22 mai 1910, mort en Allemagne en 1993, est un résistant, déporté et une personnalité catholique de la Manche  

Du bagne français au bagne nazi

Le prêtre résistant a été ordonné en 1936 et a commencé son ministère à Saint-Hilaire-du-Harcouët. Il fait partie, dès 1940, de ceux qui refusent de courber l’échine devant l’occupant.

Curé de Hyenville et de Montchaton à la veille de la guerre, l’abbé Raymond David se trouve à Cherbourg quand il est arrêté par la Gestapo en janvier 1941. Motif de cette arrestation : propagande anti-allemande. Le curé, qui ne fait pas de mystère de ses sentiments gaullistes, a sans doute fait preuve d’une certaine imprudence dans ses activités clandestines qui consistent à polycopier, dactylographier et distribuer des tracts anti-nazis.

Le 14 février suivant, il est condamné à cinq années de travaux forcés.

Raymond David est déporté le 8 août 1942 de Paris vers la prison de Karlsruhe (Allemagne) en même temps d'André Lefeuvre. Déporté ""NN"" [1], il est transféré à la prison de Landsberg puis à la prison d'Augsburg. Il est ensuite transféré à Gündlingen, un camp de travailleurs civils situé près de Fribourg-en-Brisgau, puis à Amberg près de Nuremberg. Il est à nouveau transféré àla prison de Bayreuth qui est une prison d'application des peines simples.[2]

Sa captivité est d’autant plus pénible qu’il est victime en 1942 d’un grave accident qui le laisse invalide. Faisant état de la santé fragile de l’abbé David, l’évêque de Coutances présente en février 1943 un recours en grâce. Il est rejeté.

Il y retrouve la liberté le 14 avril 1945 [2].

L’abbé David ne rentre donc qu’en 1945 dans la Manche où il est successivement nommé curé de Villebaudon, Savigny et Vessey.

Il devient alors un des apôtres les plus actifs du rapprochement franco-allemand et, en 1957, on peut le voir aux côtés du général de Gaulle inaugurer le monument aux fusillés de Coutances.

Il est inhumé à Marchésieux.

Notes et références

  1. Nacht und Nebel = "Nuit et brouillard" - interprétation du signe N.N. accolé par l'administration SS à tout détenu désigné dès sa déportation.
  2. 2,0 et 2,1 Fondation pour la mémoire de la déportation

Sources

  • Abbé David, Du bagne français au bagne nazi (1941-1945), 3e éd., Montsurs, Résiac, 1974, 226 p.
  • Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, ISBN 2914541171