Pyrotechnie du Nardouet

De Wikimanche

La pyrotechnie du Nardouet est un établissement militaire de la Manche situé entre La Glacerie et Martinvast.

A partir de 1860, la Marine cherche à construire un lieu de stockage pour les munitions du port militaire de Cherbourg en complément du fort du Hommet et du port des Flamands[1].

Sur les directives du directeur de l'Artillerie du port de Cherbourg, Gouhot, le conseil des travaux de la Marine cherche un lieu dans les terres, pour être mieux protégé de l'ennemi, tout en étant à proximité du port et des Flamands, ainsi que des voies de chemin de fer[1].

La vallée du Nardouet est préférée à La Loge, non loin, au vallon de château des Ravalet, à un terrain situé entre la Folie-Delasse et la Gueretterie, à Tourlaville, et à un autre près de la gare de Couville[1].

La réalisation des plans, adoptés en septembre 1876, est aussitôt confiée à l'entrepreneur de travaux publics cherbourgeois Courtignon[1]. Trois poudrières, espacées entre elles de 800 mètres[2], sont construites pour accueillir trois fois 250 000 kg de munitions[1]. D'une longueur extérieure de 57 mètres sur une largeur de 15, elles sont dotés de murs de 3,4 mètres d'épaisseur en moyenne, d'une toiture épaisse de 1,3 mètres sur laquelle repose 1,5 mètres de sable, et chacune de deux vides ventilés sous leur sole par magasin. Chaque magasin est protégé par un mur de 4 mètres de haut. Ils ont un plancher de chêne et du lambris en châtaigner[2]. La mise en exploitation est autorisée le 14 janvier 1881[1].

À la fin du XIXe siècle, l'atelier de fabrication des munitions de la pyrotechnie des Flamands, insuffisamment protégé des attaques ennemies, est transféré au Nardouet. Pour l'accueillir, on construit en 1890[1], dans la zone des Ingoufs, à hauteur du magasin central, et perpendiculairement[2], onze hangars puis un casernement en 1899 pour loger 150 hommes[1]. Les munitions stockées aux Flamands y sont transférées en 1898[2].

En 1944, les Allemands projettent d'aménager, comme sur le site de Brécourt, un dépôt et deux rampes de lancement de missiles V1 dans les galeries souterraines, creusées en 1928. Le débarquement allié empêche la mise en œuvre de ce plan[2].

Partiellement désaffecté, le site est toujours une zone militaire interdite au public. Les 16 créneaux à lampe et les fenêtres grillagées ont été murés[2].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 et 1,7 Philippe Duval, La Glacerie 1901-2001 : son premier siècle de vie locale, Ville de La Glacerie, Paris, 2001
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Index de la fortification française 1874 - 1914

Voir aussi