Port de Saint-Vaast-la-Hougue

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Vue ancienne

Le port de Saint-Vaast-la-Hougue est un port maritime de la Manche, situé à Saint-Vaast-la-Hougue.

Il comprend :

Sa gestion est assurée par la Société publique locale des ports de la Manche, qui dépend du Conseil départemental de la Manche [1].

Situation

L'île de Tatihou lui forme « une sorte de digue protectrice » [2].

Il est abrité, à l'ouest par la terre, au sud par une grande jetée de 400 mètres, à l'est par deux brise-lames discontinus, l'un de 260 mètres, l'autre de 160 » [2].

L'entrée se compose d'une passe au sud de 500 mètres de large offrant des fonds de 5,50 m en hautes eaux, de 3,50 m en pleine mer de morte eau et d'une passe entre Tatihou et la pointe de Saire, dangereuse, mais pouvant être utilisée par des bateaux calant moins de 3,50 m [3].

Le quai mesure 500 mètres de longueur [2]. On trouve à son extrémité une cale de construction et de radoub.

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Histoire

Au début du XXe siècle, l'avant-port consiste en un échouage naturel, « qui assèche complètement dans les basses mers de grande marée » [3]. En 1889, on creuse, dans sa partie la plus basse, une fosse profonde de 3 m sur 30 m de long, qui accueille les torpilleurs [3].

Les travaux de construction du port commencent en 1828 et dureront dix-sept ans, jusqu'en 1845 [4]. De 1846 à 1849, des travaux complémentaires sont engagés : la jetée est portée de 300 m à 400 m et 281 m de quais sont construits [4]. En 1854, un brise-lames commence d'être édifié (aujourd'hui englobé dans le terre-plein) [4]. L'entrée du port comporte alors deux passes, seule celle du sud subsiste aujourd'hui [4]. En 1865, il est décidé de compléter le port par une forme de radoub et en 1982 par un bassin à flot [4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le port est libéré le 21 juin 1944 par la 4e division d'infanterie américaine commandée par lieutenant Al Sauermann [5]. Premier port de la France libérée, Saint-Vaast est vite remis en état par le génie américain. Dès le 9 juillet, les premiers navires accostent [5]. Six mois plus tard, ce ne sont pas moins de 117 185 tonnes d'équipements, vivres et carburants qui sont déchargées [4].

Activité

En 1730, 201 inscrits maritimes sont dénombrés à Saint-Vaast, 323 en 1740 et 425 en 1776 [4].

En 1843, le port compte « 80 navires employés au grand et petit cabotage, 25 navires destinés au commerce des huîtres, 10 à 15 bateaux pour la pêche du poisson frais » [6].

Le port connaît son « apogée » entre 1850 et 1870 [3]. « Plus de 150 navires y sont attachés, sans compter les bateaux de pêche » [3]. Ils importent plus de 10 000 tonnes de bois de construction, du goudron, de la houille, du fer, du zinc, « et par-dessus tout des huîtres » [3].

« Le mouvement commercial a pu s'élever pendant certaines années à 150 000 tonnes » [2].

Notes et références

  1. Yann Halopeau, « Le département repêche ports et aérodrome », Ouest-France, site internet, 28 septembre 2020.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Charles Lenthéric, Côtes et ports français de la Manche, 1906, p. 84.
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 M. D., « Saint-Vaast-la-Hougue », Cherbourg et le Cotentin, Impr. Le Maout, Cherbourg, 1905, p. 660-661.
  4. 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 4,5 et 4,6 Edmond Thin, « Chronique de la baie », La Baie de Saint-Vaast-la-Hougue sous le regard des peintres officiers de la Marine, éd. Orep, 2010, p. 21-25.
  5. 5,0 et 5,1 « Il y a 75 ans, le premier port était libéré en France », Ouest-France, 24 juin 2019.
  6. Annuaire du département de la Manche, 1844, p. 40-41.

Liens internes