Pierre Rouxel (1898)

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Pierre et Marie Rouxel.

Pierre Eugène Victor Rouxel, né à Octeville le 22 décembre 1898 [1] et mort à Équeurdreville le 27 novembre 1963, est un syndicaliste SNI, militant communiste et résistant de la Manche, instituteur de profession.

Biographies

Pierre Rouxel se marie à Équeurdreville le 4 mai 1920 avec Marie Lamotte [2], institutrice à Équeurdreville, veuve de Jules Munsch [2] en premières noces.

Pierre préside en décembre de cette même année le congrès de la fédération SFIO de la Manche qui précède le congrès de Tours (Indre-et-Loire). Les deux époux prennent position pour le Parti communiste, créé lors de la scission.

Militants actifs, orateurs influents, auteurs d’articles dans la presse affiliée à leur Parti, ils sont « déplacés d’office » en 1922 dans le sud de la Manche à Martigny en représailles de leurs activités politiques. Ils n’en poursuivent pas moins leur action militante, contactent de jeunes collègues ralliés à leurs idées comme Jean Lamotte et Louis Pinson. Adhérents à la Libre Pensée, ils se lient d’amitié avec Blanche Maupas et la soutiennent dans son combat pour la réhabilitation de la mémoire de son mari Théophile, tant sur le plan personnel qu’au sein du Syndicat national des instituteurs (SNI).

Après leur départ, Pierre et Marie Rouxel laisseront un bon souvenir dans la population locale, ce qui permettra à leur gendre André Defrance de se recommander d‘eux dans sa tâche d’organisateur de la Résistance dans le sud de la Manche à partir de l’été 1941.

Revenus à Équeurdreville en 1931 ils animent diverses associations de l’agglomération cherbourgeoise liées au Parti communiste comme le Secours rouge (futur Secours populaire), ainsi que le mouvement pacifiste et antifasciste « Amsterdam-Pleyel ». Marie est responsable locale du « Comité des femmes contre la guerre et le fascisme ». Elle prend la parole dans de nombreux meetings, dont certains en faveur de l’Espagne républicaine. Son engagement politique lui vaut des sanctions de la part des autorités académiques qui bloquent son avancement. Pendant sa période d’« exil » et après son retour, Pierre Rouxel développe une intense activité syndicale. Ses positions dans l’Union départementale confédérée, dont fait partie le SNI, ne sont pas majoritaires, cependant, il est élu au conseil de la section de la Manche du syndicat en 1928. En 1934, il organise, avec son collègue socialiste Jean Goubert, les Jeunesses communistes et socialistes en un « front commun contre le fascisme ». Membre du bureau du meeting antifasciste du 8 février 1934 organisé par l’Union départementale confédérée, il devient secrétaire de la section syndicale en 1936 jusqu’en 1940 et est élu en mai 1939 au Conseil départemental de l’enseignement primaire. En juillet 1939, il présente au congrès national du SNI à Montrouge (Seine, aujourd’hui Hauts-de-Seine) la motion de la Manche, approuvée à l’unanimité, préconisant la fermeté face à la montée du fascisme en Europe.

En 1939, en butte à la répression anticommuniste menée par le gouvernement Daladier - répression qu’ils subissent jusqu’au sein de leur syndicat -, Pierre et Marie Rouxel, pistés par les Renseignements généraux (RG) sont l’objet de persécutions policières : perquisitions, interrogatoires... ; notamment menés par le policier Laniez des RG [3] . Ce même Laniez qui, après s’être ainsi fait la main, deviendra par la suite une figure de la collaboration policière avec la Gestapo. De plus, Pierre et Marie hébergent, par solidarité, des antinazis allemands qui ont fuit le régime hitlérien, Karl Deck [4]. et Hermann (?), de quoi alimenter de surcroît dénonciations et lettres anonymes venant de voisins égarés par les calomnies et le climat de suspicion qui frappent alors les communistes. Selon les RG, « la rumeur publique » accuse aussi à Équeurdreville Henri Corbin, Pierre Vastel, Alphonse Doucet...L’acharnement administratif et politique à l'égard du couple - qui d’ailleurs n’a jamais cessé - se poursuit avec leur déplacement administratif à Saint-Martin-de-Lamps (Indre) en mai 1940 (en application des lois du ministre Sérol).

Durant l’Occupation, Pierre et Marie recueillent leur petit fils André (Claude) Defrance, âgé de 6 ans. Ils participent à la Résistance, hébergent des partisans clandestins de passage. Pierre, FFI [5], responsable d’un comité du Mouvement Front national, contribue à l’activité de maquis dans la région de Levroux (Indre).

Ils sont réintégrés dans la Manche en octobre 1944. Marie est candidate sur la liste manchoise du PCF en octobre 1945. Pierre, qui dès lors enseigne au CET d’Équeurdreville (devenu depuis Lycée professionnel Edmond-Doucet), participe à la réorganisation du mouvement syndical et est élu en 1948 secrétaire général de la section départementale du SNI, poste qu'il garde jusqu’à sa retraite.

Renseignements divers

Les époux Rouxel eurent quatre enfants dont l'aîné Pierre (Louis) fut résistant.

Autres résistants de leur famille : Juliette Defrance, fille de Marie de son premier mariage, Jean Lamotte, frère de Marie et André Defrance leur gendre.

Sources

  • Archives des familles Rouxel et Defrance.
  • Figures communistes de la Manche de 1920 à 1945. Brochure éditée par la Fédération de la Manche du PCF. 2018.
  • Archives du SNI.

Notes et références

  1. - Tables décennales (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 AD50 - Acte de naissance n° 338 (lire en ligne).
  3. Recherches de Martine Reby-Hinard. Archives départementales de Saint-Lô. Notes des RG.
  4. En août 1944, Juliette Defrance retrouvera Karl Deck, engagé dans les FTP-MOI, parmi les libérateurs du camp de Mérignac où elle se trouvait internée.
  5. Service historique de la Défense. Vincennes.