Naufrage du Diana

De Wikimanche

Le Diana est un vapeur à hélice battant pavillon britannique jaugeant 779 tonneaux. Ce caboteur, lancé en 1876, est le tout premier navire à hélice à assurer le service postal entre les îles Anglo-Normandes.

Le 21 juin 1895, le steamer appareille de Southampton (Angleterre), sous le commandement du capitaine Kemp, pour rallier à Guernesey. À son bord, l'équipage compte 24 hommes auxquels se sont joints 18 passagers. Il transporte dans ses soutes des marchandises diverses et plusieurs sacs postaux.

La traversée de la Manche se passe sans encombre mais un épais brouillard s'installe à l'approche des côtes de la Manche. Le commandant fait réduire la vitesse et place une vigie à la proue.

Malgré ces précautions, vers 23 h, le Diana s’échoue sur le banc des Hommets au large de Goury. La violence du choc ouvre une voie d'eau dans la coque.

Vers minuit, un douanier, faisant sa ronde, aperçoit les feux de navigation du vapeur à travers la brume [1]. L'alerte est aussitôt donnée aux sauveteurs de la station de sauvetage de Goury-La Hague qui se rendent sur les lieux. Ils y sont rejoints par le canot des douanes.

Les passagers du vapeur sont les premiers à être embarqués à bord du bateau des douanes et ramenés au port de Goury.

Le commandant espère toujours sauver son navire. Il fait machine arrière toute. Mais le Diana ne bouge pas d'un pouce. Les membres d'équipage, sauf le capitaine, son second et le chef mécanicien, montent à bord leurs trois canots de survie mis à l'eau qui sont pris en remorque par la canot de sauvetage. Celui-ci reste à proximité pour assister les trois marins restés à bord. La brèche dans la coque laisse entrer l'eau à bord ; tout à coup le Diana s'enfonce dans l'eau. Le capitaine Kemp, son second et le chef mécanicien sont récupérés. Ils rentrent en remorque au port de Goury.

C'est le dernier sauvetage de L'Espérance, canot de la station de Goury, après vingt-cinq années de service.

Notes et références

  1. Michel Giard, Naufrages et sauvetages en Manche, éd. Charles Corlet, 1989, p. 56-58.