Naufrage de la Blanche-Nef, par Wace (12e siècle)

De Wikimanche

Henri Ier Beauclerc.
Mathilde l'Emperesse.

Ce texte, extrait du Roman de Rou que le poète et chroniqueur anglo-normand Robert Wace rédige entre 1160 et 1174, évoque de manière dramatique le naufrage de la Blanche Nef (25 novembre 1120), qui modifie le cours de l'histoire normande.

Contexte historique

En effet, parmi les 157 victimes du naufrage, figure Guillaume Adelin (1103 – 1120), seul fils légitime d’Henri Ier Beauclerc et d'Édith d'Écosse, dont la mort prématurée amena un remaniement de l’échiquier politique anglo-normand. À la mort d'Henri Ier, le trône d'Angleterre passa à une sœur aînée de Guillaume, Mathilde l'Emperesse, mais les prétentions à ce trône d'un cousin de Guillaume et de Mathilde, Étienne de Blois, entraînèrent de 1135 à 1154 une guerre civile qui ne s'acheva qu'avec la mort de ce dernier.

La France jusqu’alors alliée à l'Anjou perdit de son poids politique : par son mariage avec Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, Mathilde, alors veuve d'Henri V d'Allemagne, réunit la Normandie, l’Angleterre et l’Anjou, et porta la domination anglo-normande jusqu’à la Loire. Par la suite, le mariage du fils de Mathilde, Henri II Plantagenêt, avec Aliénor d'Aquitaine, étendra cette domination jusqu’aux Pyrénées.

Présentation du texte

La transcription présentée ici est celle de Frédéric Pluquet [1]. Nous avons retranché de cette édition « historique » un certain nombre d'ajouts à nos yeux inutiles : tous les accents graves, et un certain nombre d'accents aigus, ne laissant subsister que ceux qui nous paraissaient indispensables à une lecture moderne. Il va de soi que ce texte, rédigé dans un ancien français saupoudré de quelques formes dialectales tantôt normano-picardes, tantôt de l'Ouest, ne comportait à l'origine aucun accent, aucune cédille, aucune apostrophe, et très peu de ponctuation ou de majuscules.

Le texte est rédigé en octosyllabes (vers de huit syllabes). Le lecteur moderne sera peut-être surpris de la scansion ancienne, imputable au fait que tous les e « muets » se prononcent encore [ə]; non seulement comme dans la poésie classique (à laquelle nous sommes plus ou moins habitués), mais dans toutes les positions. Ainsi, les 7e et 8e vers ci dessous, Del chargeor erent meu / Li tref aveient jà tendu ont bien chacun huit syllabes : on doit scander Del char—ge—or er—ent me—u /Li tref avei—ent jà ten—du.


Le texte

En Engleterre dut passer [2],
A Barbeflo [3] entra en mer,
Aprez son pere dut sigler [4], [5].
Neir [6] ert [7] li [8] tems, ne fu pas cler;
Li [9] mariniers orent [10] beu [11],
N'unt pas lor dreit [12] cors [13] porveu [14].
Del chargeor [15] erent [16] meu [17],
Li tref [18] aveient [19] ja [20] tendu.
Dex [21] ! kel [22] pechié e kel dol [23] fu !
A fieble ore [24] furent meu [25],
Poi [26] erent ja del port iessu [27],
Sor une roche sunt coru,
A la roche la nef hurta,
Tote fendi e esfundra,
Par plusors lieus en mer entra,
Grant fu li tref, la nef versa,
E la gent tote perilla [28].
Guerout un sol [29] en escapa [30],
Un fust [31] aerst [32], si [33] l'embrassa [34],
E tant s'i tint k'il arriva
Ke la gent vint [35] ki l'emporta;
E cil [36] reconu [37] e conta
Coment li filz li Reis [38] neia [39],
E coment la nef percheia [40].
Cil Gueroult de Roem [41] esteit [42],
Machecrier [43] ert, la char [44] vendeit;
Por sa vende [45] la cort sueit [46],
Kar a plusors sa char estueit [47].
Un peliçon [48] aveit vestu,
Ki del grant freit l’out [49] defendu;
Iver esteit, grant freit faiseit,
Avent esteit, Noel veneit.
De la grant [50] flote e del navie [51]
N'i out [52] ke une nef perie.
Li Reis od [53] tote s'altre [54] gent,
A Hantone [55] vint salvement [56],
Dolenz [57] fu, a merveille tint [58]
Ke sis [59] filz e sa nef ne vint.
Por la presse oster de Hantone
Ala li Reis à Clarendone [60].
Par toz li portz fist enveier [61],
E par li rivages cerchier
Se [62] sis filz e sa nef venist,
E se noveles en oïst [63].
Cil ki mort ert [64] ne pout venir,
Ne noveles n'en pout oïr.
A Clarendone atendi tant,
Tant ala iloc [65] escoltant [66],
Ke la novele fu seue,
Ki d'ultre mer esteit venue
De son filz e de sa maisnie [67],
Ki tote issi fu perillie.
Ne pout tel chose estre celée [68],
Coment ke seit [69] li fu contée [70];
Dol out [71], ne pout graignor [72] aveir [73].
En son liet se leissa chaeir [74],
Ne [75] hoem [76] od li parler n'osa,
Ne il à hoem ne parla;
Ne sai dire s'il se pasma,
Maiz il jut [77], n'il ne se leva.
Quant Willame son seneschal,
De Tancarville un boen vassal,
Li a dit : Sires [78], levez sus [79],
Alez mengier, ne targiez [80] plus.
Vos anemiz sereient liez [81]
Se [82] lungement [83] dol [84] faisiez;
Lié sereient de vostre annui [85],
Se il vos saveient marri.
Femes deibvent plaindre e plorer,
Femes se deibvent dementer [86],
Maiz vos vos debvez conforter.
Jà por plainte ne vivront
Cil ki morent e ki mort sont [87].
Filz ne pot pere rescovrer,
Ne pere filz por dol mener;
En plorer n'a nul rescovrier [88];
Levez tost sus , alez mengier.
Forz [89] est dol, la perte grant,
Jamez en fereiz nul semblant.
Por ço [90] ke [91] li chamberlenc dist,
Leva li Reis, el liet s’asist,
Son mengier rova [92] aprester;
Sez Baronz fist od sei disner,
Ne fist pas semblant veiant gent [93]
Ke del filz out marement [94].
En nobles dames et en beles
Et en corteises dameiseles
Turna sun deduit [95] e s'entente [96];
C'est un gieu [97] ki mult atalente [98].

Notes et références

  1. Robert Wace, Le Roman de Rou et des ducs de Normandie, publié par Frédéric Pluquet, Édouard Frère éd., Rouen, 1827, t. II, p. 348-353, v. 15291 à 15379.
  2. Il s'agit de Guillaume Adelin.
  3. Barfleur, port important de la Manche au 12e siècle.
  4. Ancien français sigler « faire voile, naviguer », apparenté à sigle « voile de navire ». Le verbe représente une adaptation de l'ancien norois sigla « faire voile » < germanique commun °segljan (cf. anglais to sail « faire voile, naviguer »; sail « voile »), d'origine discutée. Le français moderne cingler « naviguer » représente une altération de sigler, sous l'influence de cingler « fouetter ».
  5. Le père de Guillaume Adelin, Henri Ier Beauclerc, l'avait précédé en Angleterre, sur un autre navire.
  6. Forme dialectale de l'Ouest de noir < gallo-roman °NIGRE < latin nigrem, accusatif de niger. L'ancien français neir évolue en noir dans le courant de la première moitié du 12e siècle; le maintien de la forme neir après cette date est caractéristique des dialectes de l'Ouest de la France.
  7. Était. La forme ert est directement issue du latin erat « était ». L'ancien français estoit (d'où le français moderne était) procède d'une réfection tardive de la conjugaison de l'imparfait, sur le radical du verbe estre.
  8. Article masculin singulier, forme sujet; le en est la forme objet, dite cas régime. C'est cette dernière qui s'est imposée en français moderne, pour la quasi-totalité des noms et des articles.
  9. Article masculin pluriel, forme sujet; les en était la forme objet.
  10. Parfait (passé simple) fort de l'auxiliaire avoir, 3e p. p.; la forme moderne eurent est une réfection postérieure, d'après le radical des 2e p. s, 1e et 2e p. p.
  11. Bu. Le mot a deux syllabe, à prononcer be-u. L'élimination de [ə] en hiatus, commencée dès le 13e siècle dans les dialectes du Nord, ne s'achève en ancien français qu'au 14e siècle.
  12. Forme dialectale de l'Ouest (voir plus haut) de droit, ici employé au sens de « convenable, correct ».
  13. Ancien français cors « cours, course, route ».
  14. Participe passé du verbe porveoir (forme de l'Ouest porveir) « examiner; réfléchir », et ici « régler, projeter, calculer ».
  15. Ancien français chargeor « lieu où l'on charge les marchandises : grève ou quai ».
  16. Étaient. La forme erent est directement issue du latin erant « étaient ». L'ancien français estoient (d'où le français moderne étaient) procède d'une réfection tardive de la conjugaison de l'imparfait, sur le radical du verbe estre.
  17. Participe passé du verbe movoir « mouvoir; se mettre en mouvement »; del chargeor erent meu, « ils étaient partis du quai ».
  18. Ancien français tref « poutre », puis « mât, vergue », et enfin, par métonymie, « voile ». Le mot est issu du gallo-roman TRABE < latin trabem, accusatif de trabs « poutre, madrier », d'origine discutée.
  19. Même si aveient ressemble au français moderne avaient, il s'agit ici d'une forme dialectale de l'Ouest (à cette époque, la forme française est avoient). Le passage à -ai- des désinences verbales françaises en -oi- est beaucoup plus tardif.
  20. Ancien français ja « déjà ».
  21. Le -x final est un ancien signe abréviatif pour -us; il faut donc lire deus « dieu », au cas sujet employé pour le vocatif (apostrophe).
  22. L'emploi de la lettre k pour noter le son [k] devant [e] et [i] est très fréquent en ancien français; l'usage de qu-, imité du latin, ne s'impose que plus tard.
  23. Ancien français dol « chagrin, souffrance; deuil; dommage »; le mot n'est plus employé aujourd'hui que par les juristes et les cruciverbistes.
  24. Ancien français ore « vent, brise », du latin aura « souffle léger, brise; vent ».
  25. A fieble ore furent meu, « ils partirent, poussés par un faible vent ».
  26. Ancien français poi « petit, faible; peu », et ici « à peine »
  27. Poi erent ja del port iessu, « à peine étaient-ils sortis du port ».
  28. Ancien français periller « mettre en danger, faire périr », et ici « périr, faire naufrage »; e la gent tote perilla « et toutes les personnes à bord périrent ».
  29. Seul.
  30. Forme normano-picarde de l'ancien français eschapa « échappa »; comprendre « Guéroult fur le seul rescapé » (ce dernier mot représente un emprunt au picard). Notons qu'Orderic Vital appelle ce personnage Berold, qui doit être son véritable nom.
  31. Ancien français fust « bois; pièce de bois, poutre » < gallo-roman °FUSTE < latin fustem, accusatif de fustis « bâton ». Le mot subsite en français sous la forme fût.
  32. Passé simple du verbe aedre « s'attacher à » (au propre et au figuré), « attirer, saisir ». Ce verbe est constitué du préfixe a- (du latin ad-) et de erdre « s'attacher » < gallo-roman ÉRĔRE, réfection du latin haerēre « être attaché, fixé, accrocher ». Un fust aerst signifie donc « il saisit un morceau de bois ».
  33. Ancien français si… ke… « tellement… que… ».
  34. Au sens de « tenir dans ses bras ».
  35. Qu'il vint du monde.
  36. Pronom démonstratif masculin (éloignement dans l'espace ou le temps), cas sujet : « celui-là ». Le mot fait en effet référence au rescapé, dont le nom est cité quatre vers plus haut, et séparé du pronom par un autre groupe nominal, la gent.
  37. Il s'agit du passé simple, « reconnut », c'est-à-dire « révéla ».
  38. Il ne faut sans doute pas comprendre « le fils du Roi », qui se dirait li filz le rei; puisque tous les mots de la locution li filz li Reis sont au cas sujet, il doit s'agir d'une apposition, « le fils [et futur] Roi », « le Dauphin » (ce mot n'existait pas encore en ce sens).
  39. Se noya; forme dialectale de l'Ouest.
  40. Passé simple du verbe percheier, forme dialectale normande de l'ancien français perçoier « percer (et ici faire eau) en plusieurs endroits », dérivé fréquentatif en -oier de percer. Le mot percheia réunit des caractéristiques normano-picarde (perch- pour perc-) et dialectale de l'Ouest (-eia pour -oia), ce qui en fait une forme typiquement normande.
  41. Rouen.
  42. Forme dialectale de l'Ouest, correspondant à l'ancien français estoit « était »; c'est la forme concurrente de ert (cf. ci-dessus et ligne suivante), ici employée pour éviter une répétition.
  43. Forme dialectale normano-picarde correspondant à l'ancien français macecrier « boucher, charcutier » (c'est ici le cas); mais le mot a également signifié « bourreau ».
  44. Ancien français charn, char « chair, viande ».
  45. Vente.
  46. Imparfait du verbe siuvre, sivre « suivre »; cf. la forme dialectale de la Manche sûre, suure, toujours usitée. La phrase signifie : « [il] suivait la cour pour lui vendre [de la viande] ».
  47. Imparfait du verbe estuier « tenir en réserve », littéralement « ranger, mettre dans l'étui » (ancien français estui).
  48. Ancien français peliçon « pelisse, tunique fourrée ».
  49. Forme évoluée de ot, passé simple (3e p. s.) du verbe avoir (= français eut); le français moderne utiliserait ici un imparfait.
  50. Rappelons que comme la plupart des adjectifs issus de la troisième déclinaison latine (adjectifs en -is), l'ancien français grant (du latin grandis) ne prend pas de e au féminin (en effet, dans cette déclinaison, il n'existe pas de différence formelle entre le masculin et le féminin). Suivaient la même règle, entre autres, les adjectifs fort, vert, tel, quel et autres adjectifs en -el, ainsi que tous les participes présents.
  51. Ancien français navie « navire » et ici « flotte »; le mot navie est à l'origine de l'anglais navy « marine, flotte ».
  52. Il n'y eut.
  53. Ancien français od « avec » < latin apud. Le mot subsiste dans quelques parlers normands.
  54. Forme contractée de sa altre « son autre »; l'emploi de la forme masculine son devant un mot féminin commençant par une voyelle ou un h aspiré apparaît au 12e siècle, mais ne s'impose définitivement qu'au 15e siècle.
  55. Francisation de Hampton (aujourd'hui Southampton, ville du Hampshire, Angleterre); ce nom est attesté sous la forme Homtun en 825, Hamtun en 837 et 1045, Hantune en 1086, Hanton en 1190; cf. Eilert Ekwall, The concise Oxford dictionary of English place-names, Oxford, 1960, p. 431b).
  56. Ancien français salvement « en sécurité, sain et sauf », et ici « sans encombre »; adverbe formé sur l'adjectif salf « sauf » < gallo-roman SALVU, du latin salvus, de même sens.
  57. Ancien français dolenz « qui souffre; qui se lamente ». Le -z final, qui vaut -t + -s, est la marque du cas sujet, qui prend le plus souvent un -s final en ancien français, par opposition au cas régime (ou cas complément), qui serait ici dolent. Rappelons que c'est cette forme complément des noms et des adjectifs qui s'est presque toujours fixée en français.
  58. Ancien français tenir a merveille, s'étonner de; le mot merveille a ici son sens premier de « ce qui provoque l'étonnement ».
  59. Variante de ses « son », au cas sujet; la forme son est le cas régime (complément), qui est resté en français.
  60. Clarendon, dans le Wiltshire.
  61. Enveier, forme dialectale de l'Ouest de l'ancien français envoier; comprendre « fit envoyer [des gens] ».
  62. Forme atone (inaccentuée) de si.
  63. Du verbe oïr « ouïr, entendre ».
  64. Cil ki mort ert, « celui-là qui était mort ».
  65. Ancien français iluoc, iloc, « là; en ce lieu », et aussi « alors ».
  66. Ancien français escolter « écouter ».
  67. Ancien français maisnie « maisonnée », et ici « compagnie, suite ».
  68. Ancien français celer « cacher ».
  69. Forme dialectale de l'Ouest de soit, subjonctif présent (3e p. s.) du verbe être.
  70. Coment ke seit li fu contée, « quelle que fût la manière dont on lui conta [la chose] ».
  71. Il eut du chagrin; il éprouva de la douleur.
  72. Ancien français graignor « plus grand ».
  73. Ne pout graignor aveir, il ne put en avoir de plus grand.
  74. Forme dialectale de l'Ouest de l'ancien français cheoir « choir, tomber ».
  75. Forme atone de ni.
  76. Ancien français hoem, om, on « homme » (cas sujet); « on ».
  77. Passé simple de juchier (forme normano-picarde juquier) « être en repos; rester sans rien faire ».
  78. Ce -s final est la marque du cas sujet; il est analogique des autres formes en -s, car le mot est issu du latin senior, qui n'en comporte pas.
  79. Ancien français sus « en haut », et ici « debout »; levez sus, « levez-vous, mettez-vous debout ».
  80. Ancien français targier « tarder, traîner »; les parlers normands ont conservé targer, targier, targi ou tergi « tarder ».
  81. Ancien français lié, liet « joyeux, content » (latin laetus); la graphie liez note liets.
  82. Si.
  83. Longuement.
  84. Ici employé au sens de « deuil ».
  85. Ancien français enoi, enui, an(n)ui « peine, tourment »; le sens du mot ennui s'est considérablement affaibli en français moderne.
  86. Ancien français se dementer « de désoler, se tourmenter; devenir fou de douleur ».
  87. Ceux qui meurent et qui sont morts ne vivront jamais plus malgré les plaintes.
  88. Ancien français recovrier « salut; guérison; remède ».
  89. Forz note forts, cas sujet de fort.
  90. Forme accentuée de ce.
  91. Por ço ke…, « en raison de ce que… ».
  92. Ancien français rover « demander; ordonner » (latin rogare).
  93. En voyant les gens.
  94. Ancien français marement « chagrin, douleur »; mot formé sur marer « affliger », apparenté à marir dont il nous reste l'ancien participe passé marri; ces deux verbes représentent un emprunt au francique °marrjan « fâcher; troubler ».
  95. Divertissement.
  96. S'entente, « son application, son effort »; s' est la forme élidée de se, forme atone de sa.
  97. Jeu.
  98. Ancien français atalenter « plaire, convenir; inspirer du désir »; ki mult atalente, « qui plaît beaucoup ».

Voir aussi

Lien externe