Naufrage de l'Amazone

De Wikimanche

L'Amazone est une frégate de 146 pieds de long armée de 44 canons battant pavillon français. Le capitaine de frégate Drouault en est son commandant.

Le 23 mars 1811, la frégate L'Amazone appareille du port du Havre.

En cette période, la France est en guerre constante avec l'Angleterre et la Hollande. De ce fait, les navires ne peuvent naviguer tranquilles.

Bien que le port du Havre soit surveillé par des vaisseaux anglais, la frégate quitte sans encombre le port au nez et à la barbe des Anglais.

Se rendant dans le port de Cherbourg, la frégate longe les côtes et arrive à proximité du phare de Gatteville quand elle talonne les roches sur les Équets. Son gouvernail se casse et la manœuvre du bateau devient très difficile au point que celui-ci s'éloigne de la côte direction le large ; direction l'ennemi.

Le commandant fait affaler toutes les voiles mais les courants le poussent inexorablement vers le large ; dans la gueule de l'ennemi qui croise toujours au large.

À six heures du matin, une vigie signale la présence d'une frégate anglaise se dirigeant sur eux. Il s'agit de la frégate Berwick, armée de 82 canons.

Le commandant Drouault tente diverses manœuvres pour échapper aux Anglais en vain. Ceux-ci se voient renforcer par les navires Niobe, Amelai, Hawke et Goshawk, basés sur les îles Saint-Marcouf.

La frégate française se réfugie dans l'anse de Gatteville, près de Barfleur.

Acculée, la frégate fait face aux ennemis et engage le combat oh combien inégal ! 210 canons contre 44. Après une bataille qui dure la journée ; touchée en maints endroits, la frégate fait eau. Deux marins ont été tués et dix autres blessés.

Dans la nuit du 23 au 24, après avoir fait évacuer son navire, le commandant Drouault inspecte une dernière fois son vaisseau et y met le feu.

En quelques semaines, la frégate devient une épave sur les roches. Il ne fut pas possible de récupérer cette épave dont la coque était brisée en quatre morceaux.

Malheureusement, la réalité est moins glorieuse, comme l'a établi l'historien Robert Feuardent [1]. En effet, au vu des archives officielles de la Marine, L'Amazone s'est échouée par une faute de navigation et s'est, en quelque sorte, ainsi livrée aux Anglais. Cette faute technique amena d'ailleurs le pilote de la frégate, un dénommé Le Grain, devant le Conseil de guerre.

Notes et références

  1. Robert Feuardent, « La perte de la frégate "L'Amazone" », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. 28, 1975.