Moulin à vent du Cotentin

De Wikimanche

Moulin de Fierville-les-Mines

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Le Moulin à vent du Cotentin est un moulin de la Manche, situé à Fierville-les-Mines

Il culmine à 120 mètres. La tour en pierre à deux étages mesure 7 mètres de haut et sa toiture pivote totalement.

Construit en 1744 et remis en service en 1997, c'est l'un des rares moulins, en France, encore en activité. Il moud du blé, du sarrasin et de l'épeautre.

À proximité, dans une grange au toit de chaume, on trouve une salle d'exposition, un petit musée et une boutique.

Le moulin est la propriété de la Communauté d'agglomération du Cotentin.

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Des éléments de son histoire...

Construit en 1744, le moulin de Fierville-les-Mines se situe à environ 8 kilomètres de la côte ouest de la Manche, dans la presqu'île du Cotentin, face aux Îles Anglo-Normandes (Jersey, Guernesey…), entre Barneville-Carteret et Portbail.

Au XVIIIe siècle, il est l'un des 80 moulins à tourner dans cette partie du département. À cette époque, le moulin sert avant tout à faire de la farine pour fabriquer le pain. Il sert aussi au broyage des céréales pour nourrir les animaux.

En 1848, il est abandonné faute de rendement. La révolution industrielle est passée par là et la technologie a raison du moulin. Au fil du temps, il perd ses ailes, son toit, son mécanisme... Seule la tour résiste. En 1944, les Allemands l'occupent. Ils en font un poste d'observation, après avoir coulé une dalle de béton à son sommet.

En 1993, le moulin est mis en vente, et racheté pour 300 000 francs par la commune, sous l'impulsion du maire Maurice Gallet, et le soutien d'Auguste Lefèvre, conseiller général. La récente communauté de communes de la région de Portbail prend en charge l'importante rénovation, grâce aux aides financières du Département, de la Région et de l'État. L'opiniâtreté du maire abouti à la « renaissance » du moulin de Fierville-les-Mines, projet qui est loin de faire l'unanimité. La première farine de blé noir est moulue le 15 juin 1997. Il écrase, tamise et ensache une quinzaine de tonnes de céréales par an, la farine étant transformée par les boulangers à proximité.

Passé propriété de la communauté de communes de la Côte des Isles en 2005, puis de la communauté d'agglomération du Cotentin depuis 2017, le site du moulin de Fierville-les-Mines abrite un musée avec le moulin restauré, la « boulangerie » et son four à pain, la grange (la boutique, un espace d'expositions, des ateliers pédagogiques, etc...). De par sa vocation touristique, il accueille en moyenne 10 000 visiteurs par an, parmi lesquels 2 000 scolaires (dont 80 % viennent du département de la Manche). L'auberge ferme en 2016.

En 2017, il est le seul moulin à vent public fonctionnant dans le Cotentin.

Des éléments de sa structure...

Moulin à queue de coiffe.

Le toit

Sa charpente est entièrement chevillée. Les tuiles du toit sont en châtaignier ; elles sont imputrescibles ce qui garantit une longévité de 300 à 500 ans sans entretien. Le moulin doit toujours avoir le nez au vent ; l'ensemble est donc orientable. Simplement posées sur un rail, charpente et toiture pivotent à 360° grâce à la grande poutre d'orientation extérieure appelée queue de la coiffe. La toiture pèse 14 tonnes. Un tel poids est censé garantir sa stabilité puisqu'il a pu arriver dans le passé qu'une toiture de moulin s'envole par très forte tempête. De là, sans doute, l'expression « il fait un vent à décoiffer les moulins »... Lorsque le moulin ne fonctionne pas, il doit se trouver dos au vent, la queue de la coiffe prête à tourner librement comme une girouette dès que le vent forcit.

Un meunier.

Les ailes

Aujourd'hui en lattes de bois, les ailes étaient faites autrefois en toile de lin (de 6 mètres de long par 3 mètres de large). Elles étaient fragiles et pourrissaient au contact prolongé de la pluie. (Le moulin ne devait donc fonctionner que les jours secs et ventés). Il fallait replier les toiles quand le moulin ne tournait pas. Ces opérations de montage et de démontage étaient difficiles ; et elles pouvaient s'avérer dangereuses. Pour qui ? Pour la meunière en équilibre sur une échelle, déployant ou repliant les ailes de l'extérieur pendant que le meunier bloquait de l'intérieur l'engrenage des ailes. Légende ou réalité, on dit que plus d'une aurait péri au cours de ces manœuvres. Et, ceci expliquant cela, on rajoute que le meunier se trouvait bien souvent accompagné d'une jeune et jolie meunière...

On sait plus sérieusement que les meunières ont été parmi les premières femmes autorisées par une dérogation de la loi à porter le pantalon. Et là, ce n'est pas une légende. Ouvrons une parenthèse pour rappeler en effet qu'une loi datant du début du XIXe siècle est toujours en vigueur aujourd'hui et considère le port du pantalon féminin comme un délit... Toutefois les choses bougent. Depuis une circulaire de 1892, il n'y a plus de délit si la femme tient à la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval... Avant de fermer la parenthèse, on notera enfin qu'aucun décret ne prévoit de sanction, et que cette interdiction ne figure bien sûr pas dans l'actuel Code civil.

Les deux portes

Les deux portes en vis-à-vis sont opposées aux vents dominants. La grande porte d'entrée permettait aux ânes d'entrer, les flancs chargés de sacs de blé assez volumineux (jusqu'à 100 kg). Débarrassés de leur chargement, les bêtes pouvaient alors traverser le moulin et en ressortir directement par la petite porte d'en face. Ces ouvertures sont à l'origine de l'expression « entrer et sortir comme dans un moulin ». À noter pour l'observateur averti une particularité dans l'encadrement de pierre de la porte sud (la grande porte) : les noms d'anciens meuniers y sont gravés, ainsi qu'une croix semble-t-il.

Le monte-sac et les meules

Autrefois, il n'y avait pas d'escalier dans le moulin. En raison de leurs poids, il n'était pas facile de monter les sacs à l'étage en grimpant sur une échelle. Le monte-sac a bien simplifié l'opération. Une fois les sacs déchargés, le meunier les attache à une corde reliée à une poulie. Il lui suffit alors de tirer sur la corde pour les hisser sans peine. Le meunier monte à son tour et vide les sacs dans la trémie (un grand entonnoir). Les grains tombent ensuite entre les meules pour y être broyés.

En silex reconstitué et maçonnées à la chaux, les meules se présentent sous la forme de deux grands disques horizontaux de 750 kilos chacun. La meule "tournante " du dessus écrase le blé sur la "dormante" du dessous. Pour éviter l'emballement du moulin, le régulateur à boules sert à le freiner.

Son activité autour des céréales et des farines

Différentes farines produites au moulin (en 1er plan) et les céréales correspondantes.

Au total, trois céréales sont produites sur la commune de Fierville-les-Mines. Et parmi elles : l'épeautre cultivé au Moyen-Âge. Il n'est pas à confondre avec le blé noir (ou sarrasin). Amélioré au fil du temps, l'épeautre est devenu le blé que nous connaissons aujourd'hui (si riche de ce gluten qui donne à la pâte malaxée toute son élasticité). Avec ou sans balle, l'épeautre ne contient pour sa part que très peu de gluten par rapport au blé (à peine 7 % selon les variétés). On le redécouvre aujourd'hui pour ses propriétés diététiques.

La mouture issue du broyage entre les meules n'est que du blé écrasé. Cent kilos de blé produisent soixante-quinze kilos de farine, pour un temps de transformation estimé à deux heures. Il est à remarquer que la farine moulue sur place ne peut être vendue nulle part ailleurs que sur le site même de la production. D'où l'existence de la grange, avec sa boutique.

Administration

Adresse : 23, rue de la Lande
50580 Fierville-les-Mines
Tél. 02 33 53 38 04
Fax 02 33 95 96 71
Courriel : moulin@cotedesisles.com

Tarifs 
4,40 € (adulte), 3 € (enfant de plus de 12 ans), 1,60 € (enfant de 6 à 11 ans), gratuit moins de 6 ans. Visite guidée par le meunier.
Ouverture 
de février à fin octobre

- juillet et août : tous les jours, de 11 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 19 h
- vacances scolaires : tous les jours, sauf lundi, de 14 h à 18 h
- hors vacances scolaires : le mercredi, le week-end et les jours fériés, de 14 h à 18 h

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