Monument du lieutenant John Leavitt Carter et des victimes civiles (Montbray)

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Le monument du lieutenant John Leavitt Carter et des victimes civiles est un monument commémoratif de la Manche, situé à Montbray près de l'église Saint-Martin.

Il est dédié à la mémoire des victimes qui ont péri le 2 juillet 1944 lors du crash d'un P-47 Thunderbolt du 396th fighter squadron du 368th fighter group[1].

Au retour d'une mission de mitraillage sur Nantes (Loire-Atlantique), alors qu'il regagne l'aéroport provisoire A3 de Cardonville (Calvados) d'où il est parti le matin même, le « Miss Second Front » n° 276325 du premier lieutenant John Leavitt Carter, aviateur américain [2], tombe en panne, hélice arrêtée. Ce dernier annonce qu'il se prépare à sauter en parachute mais quelques minutes plus tard, son avion percute le sol alors qu'il vient à peine de s'éjecter. L'appareil explose et détruit complètement l'habitation de la famille Marion tuant tous ses occupants, qui s'apprêtaient à passer à table : Alcine Marion, le père (39 ans), Lucienne, la mère (34 ans), Gérard, Jean-Claude et Marie-Josèphe, leurs trois enfants (de onze ans, six ans et quatre mois), Adrienne Renard (71 ans) et sa sœur jumelle, Marie Sacquet.

Les habitants retrouvent le corps du lieutenant à 30 mètres de l'impact, mais on ne retrouvera pas les victimes de la ferme à cause de l'intense incendie et de l'explosion d'une bombe durant la nuit.

En 2014, Marcel Augrain, qui avait 19 ans en 1944, était petit commis chez Fernand Mette à la ferme de La Chevallerie, se souvient et témoigne avoir vu l'avion, bas dans le ciel, dont l'hélice ne tournait pas. Une demi-heure après, il a su l'horrible vérité. Le père de famille, Alcime Marion, au sortir de la messe, où il chantait est allé chez Pierre Larsonneur, son voisin, pour boire un café. Il est rentré chez lui pour se faire tuer. Le lendemain du crash, vingt-cinq personnes ont déblayé les ruines de la maison des Marion [3].

En 2016, l'association Lest we forget1944 et la municipalité décident d'en faire un lieu de mémoire pour ne jamais oublier. Le monument évoque les ruines d'une habitation et d'un empennage marqué de l'identité 276325 avec deux plaques : une pour l'aviateur, l'autre pour les victimes civiles.

Notes et références

  1. Fiche du crash
  2. Le lieutenant Carter était américain pas canadien
  3. « Marcel a vu l'avion qui allait s'écraser sur Saint-Martin », Ouest-France, site internet, consulté le 13 mai 2019 (lire en ligne).

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