Mont Haguais

De Wikimanche

Le Mont Haguais est un lieu historique de la Manche, probablement situé à Quettehou.

Le munt haguez est cité par Wace dans son Roman de Rou (XIIe siècle). Dans un passage de cet ouvrage, le chroniqueur normand décrit les ravages scandinaves en Normandie, et décrit la résistance du château d'Abilant, sur un site appelé « Mont Haguais », près de Saireport,

Abilant siet su Saireport
dreit trait ; mult fu le chastel fort,
e la cuntrée mult pleniere
de bel bois, de bele riviere.
Cil ki primes l'adefia,
E ki le chastel compassa,
Mult fu e sages et curteiz
Or l'en l'appelle Mont-Haguez.
Hastains i vint, cil deserta,
En feu, en flambe l'aluma

La localisation de ce lieu a été longtemps discutée.

Frédéric Pluquet, en 1827, le situe à Monthuchon ou Montaigu[1]. D'autres, en s'appuyant sur le nom, considère que ce mont est dans la pointe de la Hague[2], à Beaumont-Hague selon Hugo Andresen[3], à Saint-Germain-des-Vaux dans la nouvelle de Louis Ragonde, Le Château du Mont-Haguez.

Mais Michel de Boüard considère, faute d'avoir retrouver d'autres sources, la légende rapportée par Ragonde comme une création de l'auteur. Ses recherches l'amènent à le localiser dans la vallée de la Saire, sur une colline sur Quettehou et La Pernelle, que le cadastre de 1829 nomme Mont Haguais, et sur laquelle l'historien observe de relief évoquant un ancien « aménagement défensif fait de main d'homme[3] ».

Ce terrain de 10 hectares qui culmine à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer, présente une plateforme herbagée à peu près rectangulaire et légèrement inclinée vers l'ouest avec un mamelon rocheux ovale à l'extrémité nord-ouest, de 140 x 80 mètres environ. « A l'ouest, le versant du talweg est redressé presqu'à la verticale sur une longueur de plus de 400 mètres. A l'est, la pente est interrompue par un ressaut rectiligne limitant une terrasse d'un surplomb d'1,5 mètres. Enfin, la paroi nord du mamelon, face à l'ensellement qui sépare la colline du reste du plateau, semble avoir été retaillée à pic. » Le château aurait été situé à l'endroit du mamelon supérieur, d'1,5 hectare environ, la plateforme correspondant alors à l'enceinte[4].

Un chemin creux qui relie le hameau des Etoquets à Quettehou traverse le milieu de la colline[4].

Notes et références

  1. Frédéric Pluquet, Le Roman de Rou et des ducs de Normandie, Volume 2, E. Frère, 1827, p.490
  2. Le Héricher, « Notes philologiques sur le Roman de Rou et le Roman du Mont-Saint-Michel », mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, XXIVe volume, 1859, p.59
  3. 3,0 et 3,1 Michel de Boüard, « Sources du Roman de Rou », Recueil de travaux offert à M. Clovis Brunet, Société de l'École des Chartes, 1955, p.180
  4. 4,0 et 4,1 Jacques Le Maho, « Châteaux d'époque franque », Archéologie médiévale tome X, 1980