Monastère du Refuge (Valognes)

De Wikimanche

L'ancien hôtel Sivard-de-Beaulieu
et la chapelle avant 1944
Vue aérienne du Refuge

Le monastère du Refuge ou maison du Bon-Pasteur est un ancien établissement catholique de la Manche.

C'est le 24e monastère de l'ordre de Notre-Dame de Charité du Refuge[1]. Il était situé 63, rue Thiers (aujourd'hui rue Henri-Cornat) à Valognes.

Histoire

Il est fondé en 1868 par le père Louis Casimir Gélon (1830-1883) soucieux d'installer dans la Manche un lieu d'accueil pour les « pauvres Madeleines (...) [aux] âmes chancelantes », autrement dit les délinquantes, dont les jeunes mères célibataires et leurs enfants. Consultés, les pères missionnaires eudistes de Périers fixent leur choix sur Valognes, attirés par la présence du séminaire des Eudistes où ils pourront jouer le rôle d'aumônier[1].

Des donateurs généreux, dont la baronne de Mons († 2 février 1875), permettent d'acheter « une maison modeste avec un enclos assez vaste » [1] : l'hôtel de Chantore, rue des Capucins, face aux Bénédictines, à côté de la maison où vécut Julie Postel de 1813 à 1814[2].

Trois religieuses de l'ordre de Notre-Dame de Charité de Caen (Calvados) arrivent à Valognes en juin 1868. Mgr Bravard, évêque de Coutances vient faire l'installation canonique et confirme l'élection de la première supérieure[1].

De dix pensionnaires à la création, on passe à trente en 1871 et cent-cinquante en 1883[1], il faut s'agrandir.

En 1871, le père Gélon devient supérieur[1], les sœurs achètent et occupent l'ancien hôtel Sivard-de-Beaulieu laissé libre par les Carmélites anglaises[2]. Le nombre grandissant des jeunes filles et des enfants amène à construire dortoirs, lingerie et infirmerie, mis en service en septembre 1872[3]. En 1873 et 1874, il fait acheter un corps de bâtiment occupé avant la Révolution par les Cordeliers, entouré d'un vaste enclos, traversé par un ruisseau qui permet le blanchissage, importante source de revenus pour la communauté[1].

Les bâtiments conventuels sont détruits par les bombardements de juin 1944 et l'hôtel est incendié[4]. Une nouvelle chapelle est construite en 1959 par les architectes Isnard et Épaud[3].

En 1945, en cours de réinstallation, c'est un établissement fermé pour hébergement éducatif de filles de 13 à 18 (éventuellement 21) ans, où l'on pratique l'entretien du linge, le jardinage, des travaux agricoles, la broderie et le blanchissage[5].

En 1995, l'association L'Espérance s'en porte acquéreur pour installer un centre d'aide par le travail ou une maison de retraite, mais les projets n'aboutissent pas. L'idée d'y abriter un musée consacré à la collection du photographe et éditeur de cartes postales Le Goubey est ensuite étudiée par la municipalité[4], sans succès.

En 2016, l'association L'Espérance met en vente l'hôtel couvrant 1 073 m² et le terrain attenant de 5 000 m² pour 270 000 € [6].

Bibliographie

  • Abbé Jean Canu, « Un double anniversaire valognais : le couvent des Cordeliers fondé en 1468, la maison du Bon Pasteur fondée en 1868 », Revue du département de la Manche, t. 11, fasc. 44, octobre 1969, p. 369-398.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 Louis Gahier, Vie et correspondance du R. P. Louis Gélon : missionnaire eudiste de la maison Saint-Paul d'Abbeville, impr.de P. Chauvin, Redon, 1884, p.181-204 (lire en ligne)
  2. 2,0 et 2,1 Abbé JL Adam, Quelques notes sur Valognes, p. 582.
  3. 3,0 et 3,1 Stéphanie Javel et Julien Deshayes , « Hôtel Sivard de Beaulieu », blog du Pays d'art et d'histoire du Clos-Cotentin, 21 mars 2011.
  4. 4,0 et 4,1 Corinne Gallier, « L'hôtel Sivard-de-Beaulieu a été mis en vente », La Presse de la Manche, 5 juin 2009, p. 13.
  5. Ministère de la Justice, Œuvres autorisées à recevoir des mineurs en application de l'Ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante, 1945.
  6. « Hôtel Sivard de Beaulieu : un ensemble atypique à vendre », Ouest-France, 28 janvier 2016.