Marie Madeleine de Scudéry

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Marie-Madeleine de Scudéry, née Marie-Madeleine du Moncel de Martinvast en 1627, morte à Paris le 6 septembre 1711, est une écrivaine de la Manche.

Elle nait au domaine de Beaurepaire, du mariage d'Hervé du Moncel, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et capitaine de ses gardes-chasses au Bailliage du Cotentin, et de Madeleine Bonenfant. Elle a pour frère Jacques-Henri, futur seigneur et patron de Beaurepaire et Martinvast, Charles, futur curé de Martinvast, François, chevalier de Malte, et Antoine, officier de marine[1]. Elle est parente du puissant comte de Saint-Aignan[2].

Décrite comme une « demoiselle romanesque, qui mourait d'envie de travailler à un roman », elle épouse le 1er juillet 1655 l'écrivain académicien Georges de Scudéry (1601-1667), rencontré chez Mme de L'Espinay de Pirou lors de son exil en Normandie[1]. Il a alors 53 ans, elle 28, âge tardif à l'époque[1]. Elle reçoit une dot confortable de 30 000 livres. Le jeune couple est hébergé à Pirou le temps de l'exil[1] qui s'achève en 1660. De ce mariage nait un garçon, Louis Armand, baptisé à quatre ans le 12 juin 1662 en la chapelle du Palais d'Orléans[3], avec pour parrain le comte de Saint-Aignan et pour marraine mademoiselle de Montpensier. Le beau garçon devient chanoine de la cathédrale de Tournai[1].

Le couple s'installe dans le Marais, rue de Berry[4], et Marie Madeleine devient jusqu'à sa mort une personne influente de la vie mondaine parisienne sous Louis XIV, obtenant une notice élogieuse dans le Dictionnaire des Précieuses en 1661 : « son esprit l'emporte sur les traits de son visage. Aussi est-elle une des plus grandes précieuses du royaume ; car non seulement elle voit tous ceux et celles qui se mêlent d'écrire, mais encore elle aide [Scudéry], qui est un des plus fameux auteurs que nous ayons »[1]. Elle collabore notamment au Almahide de son époux[1]. Parmi ses contemporains, Jean Regnault de Segrais lui trouve « beaucoup d'esprit », Pierre Costar considére qu'elle écrit aussi bien que sa belle-sœur, la romancière Madeleine de Scudéry[2]. Elle fréquente Fontenelle, et obtient la protection de Madame de Maintenon[1].

Sa postérité est essentiellement due à sa correspondance, en particulier à Bussy-Rabutin. Antoine Adam juge en 1961 que « les nombreuses lettres de Mme de Scudéry à Bussy-Rabutin sont excellentes d’esprit et de style. Sauf le très grand respect que l'on doit à Madeleine de Scudéry, on ose penser que sa belle-sœur était née écrivain bien plus qu'elle »[1]. Pour Jean Mesnard « le talent de Mme de Scudéry est fait d'abord de vivacité, de transparence (...) curieux mélange de raison et de sensibilité, mais le bon sens limite en elle l'élan »[1]. Selon Eveline Dutertre, cette correspondance, qui s'étale entre mai 1670 et mai 1691, révèle « du bon sens et de la culture (...) de la droiture et du courage, de la finesse psychologique et surtout beaucoup de sensibilité, en particulier un grand besoin d'amitié, (...) de l'esprit et un véritable talent de narratrice et de portraitiste »[2].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6, 1,7, 1,8 et 1,9 Jean Mesnard, « Le Talent de Madame de Scudéry », Annales de Normandie, 1982, n°14.
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Éveline Dutertre, Scudéry dramaturge, Librairie Droz, 1988.
  3. aujourd'hui Palais du Luxembourg
  4. aujourd'hui 36 rue Charlot