Marguerite et les amours

De Wikimanche

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Marguerite et les amours est un tableau de la Manche.

Il s'agit d'une huile de 1,76 mètre sur 2 mètres [1].

Il représente une châtelaine entourée d'angelots, mais n'en regardant qu'un, aux ailes rouge sang, et en disant : « Un me suffit ». Il est généralement admis que la châtelaine est Marguerite de Ravalet, condamnée pour inceste et adultère et décapitée en place de Grève à Paris le 2 décembre 1603. Un historien de l'art en fait cette description : « Les amours qui s’offrent à la belle Ravalet dans le préau du château paternel sont aveugles ; un seul est clairvoyant, mais il a les ailes ensanglantées, symbole de l’amour meurtri qui attend le frère et la sœur. De l’adorable bouche de l’aimante s’évade cette devise bien personnelle « un me suffit ». Nul n’est besoin d’appuyer sur ce dramatique et passionnel symbole. Ce n’est point sans raison non plus que l’artiste a mis un mouchoir à la main de Marguerite. Et l’on peut y voir une allusion au mouchoir dont elle voila ses yeux à l’heure suprême. » [1].

Le tableau est attribué à Pierre Mignard (1612-1695). Le peintre n'a pas signé son œuvre, mais, d'après l'historien Tancrède Martel, «  on reconnaît sa touche, son dessin, sa couleur » [2]. Il pourrait avoir été exécuté vers 1658, au château même, à la demande de Charles de Franquette, petit neveu de Marguerite de Ravalet, alors propriétaire du château, d'après un dessin réalisé par la mère de Marguerite, Madeleine de La Vigne, et un portrait de Marguerite exécuté par le peintre du Moustier [2].

Le panneau est assez outragé par le temps et porte « les traces de plusieurs restaurations, de nombreux repeints, sauf la silhouette et la figure de l'héroïne » [2].

Toujours après Tancrède Martel, un peintre de Valognes nommé Chevalier a ravivé les couleurs, ajouté un chien, refait le château, ajouté les ailes sanglantes à un angelot et complété le sol et le ciel, mais sans toucher au visage de la châtelaine [2].

L'œuvre se trouve au château des Ravalet à Tourlaville, au-dessus de la cheminée du petit salon du premier étage [1]. Elle est restaurée en 2001-2002 par la ville de Cherbourg, qui en est propriétaire [1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Château des Ravalet, dépliant touristique, sd.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Tancrède Martel, Julien et Marguerite de Ravalet, un drame passionnel sous Henri IV, éd. Alphonse Lemerre, Paris, 1920, réédité en 1992 aux éditions Isoète, p. 347-353.