Marguerite de Bonnemains

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Marguerite de Bonnemains.

Marguerite Brouzet, baronne puis vicomtesse de Bonnemains, Caroline Laurence Marguerite Brouzet pour l’état civil, née à Paris le 19 décembre 1855 (1er arrondissement ancien) [1], [2] et morte à Ixelles (Belgique) le 16 juillet 1891, est une personnalité en lien avec la Manche.

Biographie

Elle est la fille d’Alexandre Brouzet (1806-1869), capitaine de frégate et de Gabrielle Saint-Rémy (1826-1866), issue de la petite noblesse, élue sociétaire de la Comédie française [3].

Elle épouse à Saint-Cyr-l’École (Seine-et-Oise, aujourd’hui Yvelines) le 9 novembre 1874 [4], le fils du général-vicomte Charles Frédéric de Bonnemains (1814-1885), Charles Marie Pierre, baron de Bonnemains, dont elle divorce le 2 mai 1888 [5].

L’égérie du général Boulanger

Le général Boulanger

En 1887, elle rencontre le général Georges Boulanger (1837-1891), ministre de la Guerre, dans un salon et devient aussitôt sa maîtresse. Elle a 32 ans, lui 50. Très amoureux, le militaire demande le divorce d'avec Lucie Renouard début 1888, mais n'y donne finalement pas suite.

Le Petit Journal, 10 octobre 1891 : le suicide du général Boulanger devant le tombe de Marguerite de Bonnemains.

On dit quelle a une influence considérable sur le général [5]. Elle l'aurait persuadé de redonner à la France une constitution monarchique, voire impériale [3]. Un coup d'État est même envisagé [3].

En avril 1889, le couple s'enfuit à Bruxelles, puis en Angleterre et migre vers Jersey [3]. Malade, la vicomtesse rentre à Paris. Le général revient à Bruxelles après avoir demandé l'asile politique à la Belgique. Bien que très affaiblie, Marguerite de Bonnemains rejoint son amant à Bruxelles au début de été 1891 [3].

De plus en plus malade, Marguerite de Bonnemains meurt d’une pleurésie [5]. Elle a 35 ans. Boulanger est bouleversé. Il écrit : « Je ne suis plus qu'un corps sans âme, écrit-il. Et puis, chaque nuit, je la revois, jamais malade, mais belle, resplendissante, avec son corps impeccable et son âme toute de beauté et de nobles sentiments, qui me tend les bras et me rappelle toutes ces phrases folles que je lui redisais sans cesse, et toujours, en me réveillant, j'ai dans l'oreille sa voix triste, résignée, qui me dit : “Je t'attends”. » [3].

Le général se suicide sur sa tombe à Ixelles (Belgique), quelques semaines plus tard, le 30 septembre 1891.

Marguerite de Bonnemains est inhumée au cimetière d'Ixelles.

Notes et références

  1. « L'Intermédiaire des chercheurs et curieux », Gallica, site internet, 42e année, 1906, premier semestre
  2. « Acte de naissance », Archives de Paris, fichier de l'état-civil reconstitué des NMD (antérieur à 1860), V3E/N 342, page 42/51.
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 Les Grandes hystériques, sous la direction de Bruno Fuligny, « Marguerite Brouzet », Philippe di Folco, éd. Prisma, 2015.
  4. « Acte de mariage n° 108 », Archives des Yvelines, archives communales de Saint-Cyr-l'École, registre de l'état-civil des NMD (1873-1877), 2084120, page 92/261.
  5. 5,0 5,1 et 5,2 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.

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