Marguerite de Bonnemains

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Marguerite Brouzet, vicomtesse de Bonnemains, née à Saint-Vaast-la-Hougue le 19 décembre 1855, morte à Bruxelles (Belgique) le 16 juillet 1891, est une personnalité de la Manche.

Elle est la fille d'un capitaine de frégate et d'une mère issue de la petite noblesse, élue sociétaire de la Comédie française [1].

Elle épouse le fils du général Pierre Bonnemains, le général-vicomte Charles Frédéric de Bonnemains (1814-1885), dont elle divorce [2].

L’égérie du général Boulanger

En 1887, elle rencontre le général Georges Boulanger (1837-1891), ministre de la Guerre, dans un salon et devient aussitôt sa maîtresse. Elle a 32 ans, lui 50. Très amoureux, le militaire demande le divorce d'avec Lucie Renouard début 1888, mais n'y donne finalement pas suite.

Le Petit Journal, 10 octobre 1891 : le suicide du général Boulanger devant le tombe de Marguerite de Bonnemains.

On dit quelle a une influence considérable sur le général [2]. Elle l'aurait persuadé de redonner à la France une constitution monarchique, voire impériale [1]. Un coup d'État est même envisagé [1].

En avril 1889, le couple s'enfuit à Bruxelles, puis en Angleterre et migre vers Jersey [1]. Malade, la vicomtesse rentre à Paris. Le général revient à Bruxelles après avoir demandé l'asile politique à la Belgique. Bien que très affaiblie, Marguerite de Bonnemains rejoint son amant à Bruxelles au début de été 1891 [1].

De plus en plus malade, Marguerite de Bonnemains meurt d’une pleurésie [2]. Elle a 35 ans. Boulanger est bouleversé. Il écrit : « Je ne suis plus qu'un corps sans âme, écrit-il. Et puis, chaque nuit, je la revois, jamais malade, mais belle, resplendissante, avec son corps impeccable et son âme toute de beauté et de nobles sentiments, qui me tend les bras et me rappelle toutes ces phrases folles que je lui redisais sans cesse, et toujours, en me réveillant, j'ai dans l'oreille sa voix triste, résignée, qui me dit : “Je t'attends”. » [1]. Le général se suicide sur sa tombe à Ixelles (Belgique), quelques semaines plus tard, le 30 septembre 1891.

Marguerite de Bonnemains est inhumée au cimetière d'Ixelles.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4 et 1,5 Les Grandes hystériques, sous la direction de Bruno Fuligny, « Marguerite Brouzet », Philippe di Folco, éd. Prisma, 2015.
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.