Mésange à longue queue

De Wikimanche

26 mars 2018.Le Hutrel à Saint-Lô

La mésange à longue queue est un passereau qu’on peut observer toute l’année dans la Manche. Cet oiseau appartient à la petite famille des aegithalidés (aegithalos signifiant mésange en grec). Son nom scientifique (genre et espèce) est aegithalos caudatus (caudatus signifiant queue en latin). Les autres mésanges (charbonnière, etc) appartiennent au genre parus.

Description

Avec 14 centimètres de longueur, dont 8 ou 9 pour la queue, cette mésange est très facile à identifier. C’est un des plus petits oiseaux d’Europe, puisqu’il ne pèse que 8 ou 9 grammes. Son espérance de vie peut néanmoins atteindre 8 ans. Mâle et femelle ont un plumage identique.

Habitat

Le territoire d’une mésange à longue queue n’excède jamais plus de trois kilomètres de long. On la rencontre dans les forêts de feuillus, les forêts mixtes (feuillus et conifères), les buissons, les haies, les parcs et les jardins. Dans la Manche, le Groupe ornithologique normand (GONm ) a mené sur la période 2009-2013 une étude très précise sur la densité par milieu des 78 espèces d’oiseaux les plus communes en Normandie. Concernant la mésange à longue queue, le milieu qui arrive en tête est la forêt, suivie par le bocage.

Comportements

En dehors de la période de reproduction, cet oiseau vit toujours en groupes solidaires de 8 à 15 individus. Ils volent sans jamais s’attarder de branche en branche, en s’appelant sans cesse avec des petits cris semblables à ceux des souris. L’hiver, la mésange à longue queue se comporte en migrateur partiel, changeant de territoire en quête de nourriture. Si vous repérez une de ces troupes près de chez vous, ne comptez pas la retrouver forcément l’hiver suivant, ces déplacements sont très fluctuants !

Régime alimentaire

Comme 65 % des populations normandes d’oiseaux familiers, la mésange à longue queue, avec son bec très fin, est essentiellement insectivore. Elle se nourrit de petits insectes, de larves, d’araignées. Grâce à son poids réduit, ses longues pattes, sa queue qui lui sert de balancier, elle peut trouver sa nourriture sur les branches les plus fines, tout en se suspendant la tête en bas, en véritable acrobate ! L’hiver, elle peut venir à la mangeoire, voire s’agripper aux boules de nourriture.

Reproduction

Les couples se forment en mars, cette espèce étant monogame. Contrairement aux autres mésanges, les mésanges à longue queue n’adoptent jamais un trou d’arbre ou un nichoir pour élever leurs oisillons. Mais elles construisent un nid qui ne ressemble à aucun autre ! Son degré de sophistication est extrême. Construit conjointement par le mâle et la femelle, il se présente sous la forme d’une grosse boule en forme d’œuf vertical, avec une petite entrée sur le côté. Les murs sont constitués de mousse et de lichens, cimentés par des fils d’araignée. L’intérieur est tapissé de plumes recueillies en très grand nombre, ce qui assure un confort et une isolation maximum. Pour cela le mâle fournit un travail harassant, on a pu compter jusqu’à 2 500 plumes pour un seul nid, amassées en 15 jours ! Quant à la femelle, c’est elle qui maçonne et assemble les différents matériaux, ce qui nécessite toutes sortes de qualités autres que l’instinct. L’apparence extérieure du nid est également soignée, avec un camouflage de lambeaux d’écorce qui imitent le bois, afin de tromper les prédateurs. Le nid, toujours élevé à faible hauteur, peut aussi être dissimulé sous le lierre entourant le tronc de l’arbre hôte (souvent un conifère). Comme la mésange à longue queue est de très petite taille, les feuilles du lierre permettent aux parents de s’y dissimuler avant d’entrer discrètement dans le nid ! Les œufs sont couvés 18 jours, la ponte allant de 8 à 12 œufs. Les jeunes restent deux semaines au nid.

Rôle dans l’écosystème forestier

Selon l’ONF (Office national des forêts), les mésanges, insectivores des feuillages, favorisent une diversité plus élevée des insectes. Elles consomment en effet un nombre très élevé d’insectes adultes, mais aussi de chenilles et d’œufs. Elles réduisent ainsi la pullulation des insectes les plus nombreux et favorisent le maintien des espèces secondaires qui peuvent être très utiles pour la biodiversité (en termes de pollinisation par exemple).

Populations des mésanges à longue queue dans la Manche

Le GONm a réalisé pour la période 2009-2013 une grande enquête sur les populations d’oiseaux nicheurs en Normandie. Concernant la Manche, département le mieux prospecté, les effectifs de mésanges à longue queue s’élevaient à 6 259, soit la trente-et-unième place sur les 78 espèces les plus communes. Si on rapporte ce chiffre aux effectifs de toute la Normandie, cela représente une proportion d’un cinquième, ce qui n’est pas négligeable. De 1995 à 2016, le GONm a mené une autre enquête au long cours sur l’évolution des oiseaux communs de Normandie. Deux cents observateurs bénévoles ont parcouru chaque année des itinéraires établis près de chez eux et repris les années suivantes, en notant toutes les espèces rencontrées. Concernant la mésange à longue queue, le bilan est positif, montrant une espèce en progression, tout comme les autres insectivores de Normandie, ce qui est très encourageant quant à la préservation de la biodiversité.

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