Le Phare de la Manche

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Le Phare de la Manche est un ancien journal de la Manche, basé à Cherbourg.

Il a paru de 1836 à 1940.

Historique

Il paraît pour la première fois le 20 novembre 1836 sous le titre Gazette de Cherbourg, à l'initiative d'avoués désireux d'y publier leurs avis judiciaires [1]. Sa direction affirme « qu'elle se ferait toujours un point d'honneur de respecter, en tout et partout, les différents corps sociaux et le caractère privé des individus » [1].

Il devient Le Phare de la Manche fin 1837, en gardant comme sous-titre Gazette de Cherbourg. Prenant une orientation politique pro gouvernementale à partir de 1838, il ne publie plus les annonces judiciaires à partir de 1839.

Se revendiquant comme républicain, Le Phare n'en soutient pas moins, en 1848, la candidature du Prince Napoléon [1]. En 1869, Napoléon Daru, candidat aux élections législatives, reçoit également son appui, couronné de succès [1].

Le Phare de la Manche est d'abord bi-hebdomadaire, puis tri-hebdomadaire, paraissant le mardi, jeudi et samedi, puis à nouveau bi-hebdomadaire [2].

Vérusmor (1806-1873) est son premier rédacteur en chef, de fin 1837 jusqu'au 14 mars 1869 [3].

En 1850, il compte 380 abonnés [4]. Dans un rapport au ministère de l'Intérieur, le préfet de la Manche estime que le journal affiche une « bonne attitude » vis-à)vis du pouvoir [4].

En 1852, il paraît le jeudi et le dimanche. L'abonnement annuel coûte 12 francs [5].

Dans son rapport sur la presse politique de la Manche, publié en juin 1861, l'inspecteur général de la Librairie et de l'imprimerie Gallis écrit que le journal (1 600 abonnés) « est resté la propriété de M. Chevrel, avoué, qui est un homme honorable et dévoué au gouvernement de l'Empereur. Cette feuille n'a jamais cessé d'être gouvernementale et a toujours manifesté des sentiments bonapartistes. Mais elle est tombée à un tel degré d'inintelligence qu'elle n'est bonne à rien. Quoique bien intentionnée, son rédacteur écrit mal, est maladroit, et a plusieurs fois, sans le vouloir, embarrassé l'administration ; ce qui avait engagé le préfet à demander l'autorisation de paraître comme journal politique, à une feuille qui, sous le nom de Journal de Cherbourg, se publie depuis longtemps dans cette ville. Néanmoins, Vérusmor, rédacteur du Phare, ayant pris l'habitude de consulter le sous-préfet, l'embarras tend à ne plus se reproduire ; aussi je n'hésite pas à considérer cette feuille comme digne de tout l'intérêt de l'administration. » [6].

En 1862, Le Phare de la Manche a pour gérant-propriétaire-imprimeur Auguste Mouchel et pour rédacteurs Charles Chève et H. Robiquet [7]. C'est alors l'« un des très rares organes républicains (il s'en flatte du moins), qui soit clérical » [7].

Pendant la guerre de 1870, les défaites répétées de l'armée française lui font porter des jugements sévères sur les autorités. Il est supprimé par un arrêté du 28 août du préfet maritime. Il reparaît le 9 septembre pour annoncer la chute de l'Empire [1], qu'il commente ainsi : « Nous n'avons jamais cru à l'éternité des dynasties. Nous avons toujours proclamé dans ce journal que, pour nous, la souveraineté nationale était la base de l'ordre public. Or, la République est l'expression complète de la souveraineté. » [8]. Son propriétaire est toujours Louis Auguste Mouchel, mort conseiller municipal de Cherbourg [1].

Dans les années 1900, il devient la propriété de M. Lhotellier [1]. Il se situe alors au centre gauche. Son principal rédacteur est Paul Yger.

Il cesse de paraître en 1940 [2].

Consultation

Sa collection complète se trouve à la bibliothèque municipale de Cherbourg. Les archives départementales de la Manche ne disposent que d'une collection fragmentaire.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 G. Féron, « La presse et le théâtre », Cherbourg et le Cotentin, impr. Le Maout, 1905.
  2. 2,0 et 2,1 Françoise Poggioli Bibliographie de la presse française 1865-1944 - 50. Manche, Bibliothèque nationale, 1970.
  3. « Une censurée de La Croix de la Manche », Le Didac'doc, n° 56, février 2015.
  4. 4,0 et 4,1 Documents pour l'histoire de la presse de province dans la seconde moitié du XIXe siècle, CNRS, sd., p. 19.
  5. Annuaire du département de la Manche, 1852, Saint-Lô, Imprimerie d'Élie fils.
  6. Jean Quellien et Christophe Mauboussin, L'aventure de la presse écrite en Basse-Normandie (Journaux de 1786 à 1944), CRL Basse-Normandie et Cahiers du temps, 1998.
  7. 7,0 et 7,1 Documents pour l'histoire de la presse de province dans la seconde moitié du XIXe siècle, CNRS, sd., p. 91.
  8. Le Didac'doc, n° 56, février 2015.