Le Homméel

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L'église du Homméel

Le Homméel est une ancienne commune de la Manche, aujourd'hui rattachée à Gratot.

  • Prononciation traditionnelle. — API : [lə ɔ'mɛl]; transcription francisée : le o-mel. — Dans la commune, la signalétique est Le Hommëel avec un tréma plutôt qu'un accent aigu, reflétant peut-être une habitude orthographique plus ancienne (mais néanmoins très rarement attestée dans les formes ci-dessous).


Toponymie

Attestations anciennes

  • le Hommeel s.d. (12e s. ?) [1].
  • Hommeel 1235 [2], ~1280 [1].
  • ecclesia de Hommello 1332 [3].
  • Hommeel 1332 [4].
  • [abl.] Hommello 1351/1352 [5].
  • Lahomaye 1634 [6].
  • Houmneel 1612/1636 [7].
  • Hommelle 1648 [8].
  • Le Hommel 1677 [9].
  • Houmée 1689 [10].
  • Hooumee ~1700 [11].
  • Le Hommel 1709 [12], 1713 [13].
  • Houmée 1716 [14], 1719 [15].
  • Le Hommel 1735 [16].
  • Houmée 1751 [17], 1757 [18].
  • Houmet 1758 [19].
  • le Hommel 1764 [20].
  • le Hommeel 1753/1785 [21].
  • Le Homméel 1793 [22].
  • le Hommeel 1802 [23], 1804 [24].
  • le Hommet [tardivement corrigé en le Homméel] 1830 [25].
  • le Hommeel 1830 [26], 1837 [27].
  • Le Hommet 1825/1866 [28].
  • Le Homméel 1878 [29].
  • le Hommel 1903 [30].
  • L'Hommeel; le Hommeel 1954 [31].
  • Le-Homméel 1972 [32].
  • Le Hommel 1978, 1993 [33].
  • Le Hommeel; Le Hommëel 1993 [33].
  • le Homméel 2012 [34].

Étymologie

Toponyme médiéval d'origine discutée.

  • Le premier spécialiste à avoir émis une opinion à son sujet est Auguste Longnon [35], qui ne cite que la variante graphique le Hommel dont il fait un simple diminutif en -el de l'appellatif médiéval normand homme < ancien norois holmr « île », avec le sens de « terre inondable », « île de marais », etc.
  • Auguste Vincent [36], le premier à citer différentes formes anciennes, rattache ce nom au type Houmeau, Humeau relevé en particulier dans les Deux-Sèvres ainsi qu'en Charente-Maritime, et qui ne peut donc être d'origine scandinave. Il y voit un diminutif de homme, fréquente altération graphique de l'ancien français olme « orme » < latin ulmus, attestée dans toute la France. C'est la solution également adoptée par Ernest Nègre [37], qui lui aussi n'envisage que la variante le Hommel, qu'il explique par l'ancien français omel « jeune orme ».
  • Albert Dauzat, qui s'est surtout intéressé aux noms de communes dans son Dictionnaire [38], ne mentionne pas celui de cette ancienne municipalité devenue depuis longtemps un hameau. Il en va de même pour René Lepelley [39].
  • François de Beaurepaire [1] hésite entre les deux explications, et semble plutôt pencher pour la seconde, à savoir un étymon gallo-roman °ULMĒTELLU (noté °ulmetellum), également à l'origine d'Omméel dans l'Orne. Cet étymon représente — implicitement, car l'auteur n'en propose pas d'analyse — un dérivé diminutif en °-ELLU de °ULMĒTU « ormelaie, bois d'ormes », d'où le sens, toujours implicite, de « petit bois d'ormes ».

Il est évident que la forme Hommeel est la plus ancienne, et que Hommel en représente une contraction : la résolution de tels hiatus ([əe] > [e], plus tard [ɛ]) est sensible en français à partir du 13e siècle, et correspond, nous l'avons vu, à la prononciation traditionnelle du toponyme, [ɔ'mɛl], o-mel. L'articulation alternative [ɔme'ɛl], o-mé-èl, en trois syllabes, est imputable à une réinterprétation moderne de la graphie historique.
Dans ce cas, un dérivé de homme < ancien norois holmr « île » est très problématique, la finale -eel (qui présuppose l'amuissement d'une dentale) ne trouvant pas d'explication. Il semble donc qu'il faille préférer la seconde solution, fournie par le gallo-roman °ULMĒTELLU « petit bois d'ormes », qui convient parfaitement d'un point de vue phonétique. La seule difficulté vient du [h] aspiré : on a en effet le Hommeel et non l'Hommeel, suggérant un [h] d'origine germanique. Il faudrait alors envisager l'action analogique des autres toponymes en homme < holmr, affectant la prononciation aussi bien que la graphie — ce qui reste tout à fait plausible.

Histoire

La nouvelle commune du Homméel, créée à la Révolution, est rattachée dès l'an III (1794/1795) à Gratot.

Démographie

Sous l'Ancien régime

Sous l'Ancien régime, le dénombrement des populations se fait généralement par feux, c'est-à-dire par foyers. Le nombre de personnes habitant sous un même toit variant beaucoup suivant celui d'ascendants et d'enfants [40], ces données sont donc relatives, mais donnent néanmoins une idée de l'évolution démographique.

Depuis la Révolution

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini [42] et INSEE [43])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
379
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.


Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Notre-Dame.
  • Patron (présentation) : le prieur de Boisroger au 13e siècle [29], l'abbé et l'abbaye de Saint-Paul de Cormery (Indre-et-Loire) au 14e s. [3], puis l'évêque de Coutances, selon les pouillés de 1648 [8].
  • Fête patronale : ?

Lieux et monuments

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 139.
  2. Léopold Delisle, Le cartulaire normand de Philippe-Auguste, Louis VIII, saint Louis et Philippe le Hardi, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI (2e série, 6e vol.), Paris, 1852, p. 66a, § 412.
  3. 3,0 et 3,1 Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 271E.
  4. Ibid., p. 359F.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 365B.
  6. Sébastien Cramoisy, Carte générale de toutes les costes de France tant de la mer Océane que Mediterranée, 1634 [BnF].
  7. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BnF, ms. fr. 4620].
  8. 8,0 et 8,1 « Benefices du dioceze de Coutances », p. 2, in Pouillié general contenant les benefices de l’Archevesché de Rouen […], chez Gervais Alliot, Paris, 1648.
  9. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BnF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  10. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BnF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  11. Gerard Valk, Normannia Ducatus, tum Superior ad Ortum, tum Inferior ad Occasum, Praefectura Generalis […] Anglici Caesarea sive Jarsey…, Amsterdam, ~1700.
  12. 12,0 et 12,1 Dénombrement du Royaume par Generalitez, Elections, Paroisses et Feux, 2 vol., Saugrain, Paris, 1709, p. 61a.
  13. 13,0 et 13,1 Dénombrement des généralités de 1713 [BnF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  14. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  15. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  16. 16,0 et 16,1 Nouveau dénombrement du royaume par generalités, elections, paroisses et feux […], t. II, Impr. Pierre Prault, Paris, 1735, p. 60a.
  17. Gilles Robert de Vaugondy (1688-1766), Gouvernement Generale de Normandie divise en ses sept Bailliages de Coutances, Caen, Caux, Rouen, Evreux, Gisors, et Alencon, Par le Sr. Robert Geographe ordinaire du Roy, 1751. Avec Privilege. Supplement pour les Isles Grenezey et Jersey, appartenantes aux Anglois, Boudet, Paris, 1751.
  18. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 12.
  19. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  20. 20,0 et 20,1 Abbé Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Amsterdam, t. III, 1764, p. 773b.
  21. Carte de Cassini.
  22. Site Cassini.
  23. A. F. Lecousturier l’aîné et F. Chaudouet, Dictionnaire géographique des postes aux lettres de tous les départemens de la République française, Valade, Paris, an IX (1802), t. II, p. 29b.
  24. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. II (COA-H), an XIII (1804), p. 711a.
  25. Cadastre napoléonien, Archives départementales de la Manche.
  26. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 625b.
  27. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 866b.
  28. Cartes d’État-Major (relevés de 1825 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889).
  29. 29,0 et 29,1 Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, impr. de Salettes, Coutances, t. II, 1878, p. 357.
  30. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  31. Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Manche, INSEE, 1954.
  32. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  33. 33,0 et 33,1 Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  34. Carte IGN au 1 : 25 000.
  35. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929, p. 286, § 1193.
  36. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, p. 240b, § 573.
  37. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1253; § 23359.
  38. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963.
  39. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993.
  40. Une moyenne de 5 à 6 personnes semble cependant le chiffre le plus vraisemblable.
  41. Chiffre donné pour mémoire; en effet, le Dictionnaire géographique de l'abbé Expilly ne fait que reprendre, pour la démographie, les données du Nouveau dénombrement du royaume de 1735.
  42. Population avant le recensement de 1962
  43. INSEE : Population depuis le recensement de 1962