La Manche après les attentats du 13 novembre 2015

De Wikimanche

La Presse de la Manche, 14 novembre 2015.

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) soulèvent une émotion considérable dans la Manche comme dans toute la France.

Contexte

Le vendredi 13 novembre 2015, en soirée, des attentats sont commis de façon coordonnée à Paris et à Saint-Denis. Ils font, selon un bilan provisoire, 130 morts et 352 blessés, plus 7 terroristes tués. Ils sont revendiqués le lendemain par le groupe terroriste État islamique.

L'attaque la plus meurtrière a lieu dans la salle de spectacles Le Bataclan, 50, boulevard Voltaire à Paris XIe. Trois individus y pénètrent vers 21 h 40 et tirent sur les spectateurs qui assistent à un concert de rock. Deux assaillants actionnent leur ceinture explosive lorsque les forces de l'ordre donnent l'assaut trois heures plus tard, vers minuit trente. Un autre est tué. On relève 80 morts.

L'action des terroristes commence quelques minutes plus tôt, à 21 h 20, lorsqu'un kamikaze se fait exploser à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, où se joue le match amical de football France-Allemagne. Deux autres kamikazes se font également exploser à proximité à 21 h 30 et 21 h 53. À 21 h 40, un quatrième kamikaze se fait exploser boulevard Voltaire à Paris.

Pendant ce temps, à Paris, des terrasses de cafés sont prises pour cibles par des tireurs : à 21 h 25, le bar Le Carillon et le restaurant Le Petit Cambodge, rue Alibert (Xe) ; à 21 h 32, le bar À la bonne bière et la pizzeria La Cosa Nostra, rue de la Fontaine-au-Roy (XIe), et à 21 h 36, le bar La Belle équipe, rue de Charonne (XIe).

À minuit, la président de la République François Hollande décrète l'état d'urgence sur tout le territoire métropolitain. Un deuil national de trois jours est proclamé.

Cinq victimes manchoises

Les cinq victimes manchoises.

Cinq Manchois figurent parmi les victimes :

Samedi 14 novembre

Ouest-France, 14 novembre 2015.

La préfète de la Manche Danièle Polvé-Montmasson tient une réunion de crise le matin à Saint-Lô et décide de renforcer les patrouilles de la police et de la gendarmerie près des sites sensibles [6].

À Saint-Lô, un millier de personnes se rassemblent silencieusement à 17 h à l'appel des élus [7].

À Cherbourg-Octeville, un rassemblement « spontané » est organisé devant l'hôtel de ville, qui réunit 200 personnes en début d'après-midi [8][9]. Des élus sont présents, notamment le sénateur Jean-Pierre Godefroy (PS), le maire de Cherbourg Jean-Michel Houllegatte et le président de la Communauté urbaine de Cherbourg Benoît Arrivé.

À Avranches, 500 personnes se réunissent à l'appel du maire David Nicolas et du député Guénhaël Huet (UMP) et observent une minute de silence [10].

À Cherbourg-Octeville, le concert du groupe E. L. J., prévu en soirée place du Général-de-Gaulle, est annulé.

À Sainte-Mère-Église, le policier municipal exerce son droit de retrait, et réclame la mise à disposition par la commune d'un gilet pare-balles et d'une arme de service [11].

À Siouville-Hague, le club de tennis annule sa fête d'anniversaire à laquelle Mathieu Hoche, une des victimes, était attendu[12].

Dimanche 15 novembre

Toutes les églises du département sonnent le glas à 18 h [13].

À Sainte-Mère-Église, 150 enfants de 25 écoles catholiques de la Manche se réunissent pour prier pour la paix [14].

À Coutances, les élus se réunissent à midi devant le monument aux morts pour observer une minute de silence, déposer des fleurs et chanter La Marseillaise [15].

Des rassemblements ont lieu également à Saint-Pair-sur-Mer (800 personnes), à Valognes (300 personnes), à Mortain (200 personnes) [16], à Bricquebec (plusieurs dizaines de personnes)...

À Cherbourg-Octeville, deux sœurs de Guillaume Le Dramp, l'une des victimes, vont à la rencontre des musulmans dans la mosquée locale pour partager leur douleur et montrer « que nous ne voulons pas d'amalgame » [17].

Plusieurs rencontres sportives sont annulées, la plupart sont maintenues [18].

Lundi 16 novembre

Une minute de silence est observée lors de rassemblements dans la plupart des communes du département, notamment à Cherbourg-Octeville, avec un rassemblement en mairie (100 personnes) et un autre de 300 lycéens [19], Saint-Lô, à la préfecture (500 personnes), à l'hôpital (400 personnes), au Conseil départemental (200 personnes) et à la mairie (150 personnes) [20], Villedieu-les-Poêles (300 personnes) [21], Granville (200 personnes) [22], Saint-Hilaire-du-Harcouët (100 personnes) [23], Carentan (100 personnes) [24], Remilly-sur-Lozon (80 personnes) [25]...

À Rouxeville, une cérémonie rassemblant 200 personnes a lieu à 17 h devant la mairie en hommage à Cédric Mauduit, enfant de la commune, tué au Bataclan [26]. Après une minute de silence, l'assistance entonne La Marseillaise et écoute des chansons des Rolling Stones et de David Bowie, dont la victime était un admirateur [26].

À Saint-Pierre-Église, plus de 500 personnes se rassemblent devant la mairie à 19 h pour rendre hommage à Ariane Theiller, 24 ans, fille du proviseur du collège Gilles de Gouberville, tuée au Bataclan [27].

À Cherbourg-Octeville, la mairie ouvre des registres pour recueillir les messages de sympathie des habitants [28].

À Avranches, le groupe local de rock The Rage compose un morceau en l'honneur des victimes [29].

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve annule sa venue à Saint-Lô, où il devait participer en soirée au meeting de Nicolas Mayer-Rossignol (PS) prévu dans le cadre de la campagne pour les élections régionales, cette réunion étant elle-même annulée [30].

Mercredi 18 novembre

À Sainte-Mère-Église, 400 personnes se recueillent en fin de journée devant la borne 0 de la Voie de la Liberté en hommage aux victimes [31].

Jeudi 19 novembre

À Pontorson, une perquisition mobilisant une trentaine de militaires a lieu à 6 h au domicile d'un homme suspecté de radicalisation [32]. Aucune infraction pénale n'a été relevée et l'homme a été laissé en liberté [32].

Dimanche 22 novembre

Le Journal du Dimanche révèle qu'un ingénieur chimiste de la centrale nucléaire de Flamanville est fiché par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) comme suspect d'islamisme radical [33].

Jeudi 26 novembre

À Cherbourg-Octeville, les obsèques de Guillaume Le Dramp rassemblent « près de 300 personnes » dans la basilique Sainte-Trinité [34]. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, ancien maire, rend hommage à la victime « qui était la joie de vivre, la gentillesse, la générosité » [34].

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 lamanchelibre.fr, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  2. « L'une des victimes a grandi à Siouville », lamanchelibre.fr, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  3. « Un habitant de Cherbourg tué à La Belle équipe », normandie-actu.fr 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  4. « Trois victimes bas-normandes », france3-regions.francetvinfo, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  5. « Saint-Pierre-Église : la fille du principal du collège parmi les victimes », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 lire en ligne).
  6. « Les patrouilles sont renforcées pour sécuriser les sites sensibles », fr3régions.francetvinfo, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  7. « C'est un cauchemar qui recommence », Dimanche Ouest-France, 15 novembre 2015.
  8. « 200 personnes devant la mairie de Cherbourg », ouestfrance.fr, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  9. « Deux cents personnes se rassemblent devant la mairie », lamanchelibre.fr, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  10. « Avranches : ils et elles étaient un demi-millier », Dimanche Ouest-France, 15 novembre 2015.
  11. Ouest-France, 2 décembre 2015.
  12. lemonde.fr.
  13. « Les cloches sonneront à 18 h dans la Manche », tendanceouest.fr, 15 novembre 2015 (lire en ligne).
  14. « Les enfants de la Manche prient pour la paix», lamanchelibre.fr, (lire en ligne).
  15. « Les élus rendent hommage aux victimes des attentats », lamanchelibre.fr, 15 novembre 2015 (lire en ligne).
  16. « Une marche silencieuse en hommage aux victimes », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne)
  17. « La famille d'une victime rencontre des musulmans », ouest-france.fr, 15 novembre 2015 (lire en ligne).
  18. « Le point sur les événements sportifs », ouestfrance.fr, 14 novembre 2015 (lire en ligne).
  19. « 300 lycéens se recueillent en silence », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  20. « Les minutes de silence de Saint-Lô », ouestfrance.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  21. « Minute de silence à Villedieu-les-Poêles », ouestfrance.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  22. « Les Granvillais se recueillent après les attentats », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  23. « Une centaine de personnes pour la minute de silence », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  24. « Une centaine de personnes à Carentan », ouestfrance.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  25. « Une minute de silence à Remilly-sur-Lozon », ouestfrance.fr, 16 novembre 2015.
  26. 26,0 et 26,1 « Tout Rouxeville s'est réuni pour Cédric Mauduit », ouestfrance.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne) , « Rouxeville pleure Cédric Mauduit au son des Stones et de David Bowie », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  27. « Plus de 500 personnes ont rendu hommage », Ouest-France, 18 novembre 2015.
  28. « Minute de silence et registres en mairie de Cherbourg », tendanceouest.fr, 16 novembre 2015 (lire en ligne).
  29. « The Rage un morceau en l'honneur des victimes », lamanchelibre.fr, 16 novembre 2015 lire en ligne).
  30. « Le ministre de l'Intérieur annuelle sa venue à Saint-Lô », ouestfrance.fr, 15 novembre 2015 (lire en ligne).
  31. « Sainte-Mère-Église rend hommage aux victimes », ouestfrance.fr, 18 novembre 2015 (lire en ligne).
  32. 32,0 et 32,1 « Ailleurs, les perquisitions se poursuivent », Ouest-France, 21 novembre 2015.
  33. Matthieu Pechberty, « Le nucléaire n'échappe pas aux dérives islamistes », Le Journal du Dimanche, 22 novembre 2015.
  34. 34,0 et 34,1 « Cazeneuve aux obsèques d'une victime », Ouest-France, 27 novembre 2015.

Articles connexes

Lien externe