Joseph Bocher

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Joseph Bocher.

Joseph Bocher, né à Ploubazlanec (Côtes-d'Armor) le 8 janvier 1898 [1], mort à Équeurdreville le 29 novembre 1973, est un résistant et homme politique de la Manche, marin de commerce de profession.

Biographie

Officier mécanicien de la Marine marchande, il est élu conseiller municipal d'Équeurdreville en 1925, puis devient maire adjoint de la commune en 1932, aux côtés d'Hippolyte Mars. Syndiqué, il devient également secrétaire du Syndicat des officiers de la marine marchande en 1934, puis secrétaire adjoint de la Fédération nationale des officiers mécaniciens, et secrétaire général de l'Union des syndicats CGT de la Manche à la veille de la guerre, en 1939.

Les Allemands occupent le département de la Manche en juin 1940, et rapidement, Joseph Bocher s'engage dans la Résistance. En décembre 1940, par l'intermédiaire d'un responsable de la CGT (Neumeyer), Joseph Bocher est mis en contact avec Henri Ribière, qui lui rend visite début 1941 à Équeurdreville pour former un réseau de résistance s'appuyant sur les militants syndicaux et socialistes.

Joseph Bocher et Jean Goubert (instituteur, conseiller général socialiste) constatent leur identité de vue pour agir en commun contre l'ennemi.

À la mi-1941, la commission administrative de la CGT clandestine dans la Manche est reconstituée, avec notamment Bernard Poisson, Berthe Gouemy, Thoumine, Maxime Lelièvre, Lefresne et Gaston Lostoriat. Les réunions se tiennent chez Jean Renouf, rue Victor-Hugo, à Équeurdreville.

À partir d'octobre 1941, les paquets du journal clandestin Libération arrivent à la poste de Cherbourg et sont répartis par Lostoriat à l'arsenal de Cherbourg et à la SNCF.

Fin 1941, René Schmitt rentre de captivité et retrouve Joseph Bocher.

Le 14 juillet 1942 prend naissance dans la Manche le mouvement Libération Nord lors de la réunion constitutive, tenue au domicile du père de René Schmitt (nom de résistance "Lavenir"), rue Lelaidier à Cherbourg. Y participent notamment Raymond Le Corre ("Pépita") et Joseph Bocher ("Antoine"). Joseph Bocher est chargé de l'organisation syndicale clandestine.

En 1943, le Comité départemental de Libération (CDL) est constitué et Joseph Bocher y représente Libération Nord, avec Berthe Gouemy.

Replié aux Moitiers-d'Allone, suite à l'évacuation des civils de l'agglomération, Bocher est chargé à la mi-1943 de constituer un groupe « Action ». Le groupe s'installe dans la région de Sortosville-en-Beaumont. Ce groupe est informé dès le 3 juin de l'imminence du débarquement par le message « Le coq chantera trois fois ». Le 5 juin à 17 h, le message « Les carottes sont cuites » prévient de se préparer à l'action, puis dans la soirée d'autres messages déclenchent des actions de sabotage. Il est le premier à prendre contact avec les Forces navales françaises libres quand Thierry d'Argenlieu atteint enfin Cherbourg [2].

Après la libération totale du département le 15 août 1944, le CDL, dont Joseph Bocher est président, participe aux tâches d'administration du département sinistré.

Joseph Bocher retrouve ses fonctions d'adjoint au maire après l'élection municipale du 29 avril 1945. Il est élu conseiller général le 23 septembre 1945.

Battu à l'élection législative de novembre 1946, il est élu conseiller de la République de la Manche le 8 décembre 1946 (SFIO), siégeant au groupe socialiste. Membre des commissions de la marine et des pêches, et des moyens de communication, il participe aux questions budgetaires. Il est rapporteur de sa proposition de résolution concernant la réforme des postes et téléphones. En 1948, il siège également à la commission chargée des marins de commerce et est rapporteur pour l'organisation de la marine marchande, pour l'amélioration de la situation des marins pensionnés, pour la réforme du cadre des agents des télécommunications.

En 1948, il participe à la création de la CGT-FO, issue d'une scission de la CGT.

Candidat à sa réélection le 7 novembre 1948, il est défait, de même que lors de l'élection partielle du 21 décembre 1952 et aux élections du 19 juin 1955. Désigné par ses anciens collègues du Conseil de la République le 9 mars 1950 pour représenter le Vietnam à l'Assemblée de l'Union française, il est reconduit le 10 juillet 1952, jusqu'en 1958.

Élu maire d'Équeurdreville-Hainneville en 1959, il conserve cette fonction, ainsi que son mandat de conseiller général d'Octeville jusqu'à sa mort, en 1973. Comme maire d'Équeurdreville, il mène avec René Lecanu, maire de Hainneville, la fusion des deux communes, effective le 1er janvier 1965. On lui doit a construction de plusieurs écoles et de plusieurs lotissements, notamment au Tôt, à Capel et à La Sèche Mare.

Il préside l'UST Équeurdreville.

Distinctions

En 1950, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur [2]. Il est promu officier le 11 mai 1959 [2]. Le 27 octobre 1968, il reçoit la médaille d'or départementale et communale. Pierre Lambertin, préfet de la Manche, loue à cette occasion « la profondeur de [ses] convictions, [sa] recherche de la justice, [sa] force de caractère » [2].

Il est titulaire de la croix du combattant volontaires des guerre 1914-18 et 1939-45, de la médaille de la Résistance, de la croix du Mérite maritime et de la médaille d'or de l'Éducation physique [2].

Hommages

Un stade porte son nom à Équeurdreville-Hainneville.

Notes et références

  1. le 7, selon La Presse de la Manche, 30 novembre 1973.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 La Presse de la Manche, 30 novembre 1973.

Sources

Lien interne