Jetée ouest de Granville

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Jetée ouest, digue de l'avant-port de Granville.

La jetée ouest ou grande jetée est une protection maritime de la Manche, située à Granville.

Elle protège l'avant-port de Granville.

Elle remplace une « vieille jetée » dont la création remonterait au 16e siècle et détruite au 19e car « devenue un éperon gênant au cœur du port modernisé »[1].

Histoire

Port de Granville en 1777
Le port de Granville vu de l'ancienne jetée
D'abord un simple môle au XVIIIe siècle

Devant le développement de la pêche morutière à Granville et la nécessité d'accueillir de grands navires, une dernière supplique au roi, de 1749, est exaucée : la première pierre d'un môle étudié par Gourdon de Léglisière, le directeur des fortifications de Normandie, est posée le 6 juin 1750[1]. Mais il faut attendre l'été 1767 pour voir le chantier démarrer[1]...

Finalement, un môle de 222 mètres de long, en forme de V et détaché de la terre ferme, est terminé en 1784[1]. On y établit plus tard un parapet pour mettre en place de l'artillerie[1]. Ce môle, séparé du continent par une passe de 200 m est jugé insuffisant pour accueillir les terre-neuvas. Georges Pléville le Pelley intervient auprès du ministre de la Marine pour demander l'amélioration du port, mais son projet trop ambitieux est rejeté au profit de celui de Trudaine et de l'administration des Ponts et chaussées[1].

La Révolution puis l'Empire laissent le port de Granville en l'état...

Un quai au XIXe siècle

Le 29 octobre 1817, la visite de Louis de France (1775-1844), duc d'Angoulême, titré Grand amiral de France, et dix ans plus tard celle de la duchesse d'Orléans sont l'occasion pour les Granvillais de réclamer la construction d'un nouveau quai. En 1829, le môle est enfin relié au Roc et les débris de l'arasement d'un banc rocheux servent à prolonger le môle de 80 mètres vers le sud, marquant ainsi l'achèvement de la grande jetée[1].

Le 31 août 1833, Louis-Philippe, roi de France, en visite officielle dans la Manche, décore M. Borgognon, l'ingénieur qui a dirigé les travaux du môle.

Un corps de garde y est édifié pour la surveillance des côtes ; avec ses latrines, il est classé monument historique depuis 1987.

L'ancien abri pour le canot de sauvetage y est toujours présent.

À l'extrémité de la jetée, un feu rouge de balisage signale l'entrée dans le port.

Après le Débarquement allié, les Allemands font sauter le port dans la nuit du 30 juillet 1944, la jetée ouest présente trois larges entailles de 20 à 30 mètres chacune, hâtivement comblées par les Américains, elles sont rapidement balayées par un coup de vent[2]. Les travaux sérieux de remise en ordre du port démarrent en 1946[2].

En 2015, le grande jetée est l'objet de travaux de réfection de joints de la maçonnerie en pierre de taille, côté mer[3].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Jacques Marion, « Granville : un demi-millénaire pour construire un port », Études Normandes, 53e année, n°3, 2004, pp. 4-18.
  2. 2,0 et 2,1 Charles de La Morandière, « Le port de Granville des origines à nos jours. L'avenir.. », Études Normandes, livraison 15, n°50, 1955, p. 262.
  3. Jean-Baptiste Bancaud, « La grande jetée du port de Granville en travaux », Tendance Ouest, site internet, 4 mai 2015.

Lien interne