Jean de Launoy

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Jean de Launoy par Jacques Lubin

Jean de Launoy, né au Valdécie le 21 décembre 1603 et mort à Paris le 10 mars 1678, est une personnalité intellectuelle et catholique de la Manche, docteur de Sorbonne.

Biographie

Fils de Jean de Launoy et de Michelle Jean, il fait ses études à Coutances sous la direction de son oncle, Guillaume de Launoy, promoteur de l'Officialité [1].

Il poursuit son éducation religieuse et philosophique à Paris et est reçu docteur en théologie au Collège de Navarre en juin 1634 [1].

Ordonné prêtre la même année, il voyage à Rome pour étudier l'antiquité ecclésiastique [2]. Il s'installe à Paris où il tient des conférences historiques et théologiques chaque lundi [3].

Esprit fort peu conformiste. Il se rend célèbre en faisant la guerre aux légendes du martyrologue par une étude critique des hagiographies. C’est la raison pour laquelle on l’a surnommé le « dénicheur de saints » [4].

Il écrit une trentaine de volumes consacrés à la critique et à l’histoire ecclésiastiques. Il s’y fait l’ardent défenseur des libertés gallicanes et le pourfendeur acharné des fausses croyances et des superstitions. C’est ainsi qu’il s’emploie à détruire certaines traditions telles que l’arrivée de Saint-Lazare et de Madeleine en Provence [5], l'apostolat de saint Denis l'Aréopagite en France, la résurrection du chanoine à l'origine de la conversion de saint Bruno, l'origine des Carmes et la vision de Simon Stock [3]. Il soutient également que la Somme n'est pas de saint Thomas d'Aquin [6], et s’attaque assez violemment à la simonie et aux privilèges des moines de son temps [5].

Ses travaux sont condamnés par le Vatican [7]. Nommé censeur des livres en 1645, il est rapidement démis de cette fonction, et expulsé du Collège de Navarre en 1648 [2].

Proche du cardinal d'Estrées, celui-ci l'accueille au Collège de Laon, puis le nomme chanoine quand lui-même devient évêque de Laon en 1653, mais Launoy préfère rester à Paris [2].

En 1656, il écrit contre le formulaire reconnaissant la condamnation par le pape Innocent X de l'Augustinus de Cornélius Jansénius [3], et se fait exclure de la Sorbonne pour avoir refusé de souscrire à la condamnation du janséniste Antoine Arnauld [6].

Il meurt dans l'hôtel parisien du cardinal d'Estrées [2]. Il est enterré au couvent des Minimes de la place Royale [3].

Œuvres

  • de Tempore quo primium in Gallis suscepta est Christi fides Paris,1659, in-8°.
  • de Scholis celebrioribus, seu a Carolo Magno, seu post Carolum per occidentem instauratis, 1672.
  • Regia in matrimonium potestas, 1674, in-4°.
  • de Varia Aristotelis in Academia Parisina fortuna, 1702
  • Tradition de l'Église sur la prédestination et la grâce, 1702.

Ses œuvres ont été recueillies et publiées par l'abbé Granet, Genève, 1731-33; 10 volumes in-folio.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Lerosey, « L'instruction publique avant 1789 dans les deux anciens diocèses de Coutances et d'Avranches », 2e partie, Mémoires de la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche, Saint-Lô, volume 24, 1951.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Robert Lenoble, « Histoire et physique. À propos des conseils de Mersenne aux historiens et de l'intervention de Jean de Launoy dans la querelle gassendiste », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, n° 6-2, 1953, p. 112-134.
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Grégoire Jacques Lange, Éphémérides normandes, ou Recueil chronologique, historique et monumental sur la Normandie, tome 1, Caen, 1833, p. 166-167.
  4. « Jean de Launoy », Journal de Valognes, 4 mars 1842.
  5. 5,0 et 5,1 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, t. 1, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, éd. Eurocibles]], Marigny.
  6. 6,0 et 6,1 Ch. Debrozy et Th. Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, Delagrave, éditeur, Paris, 1880.
  7. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1842-1878.

Lien externe