Jean Loret

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Portrait par Robert Nanteuil.

Jean Loret, né à Carentan le 17 août 1595, mort à Paris en avril 1665, est un poète et écrivain de la Manche.

Il est souvent considéré comme « l'ancêtre des journalistes ».

Biographie

N’ayant reçu presque aucune instruction, Jean Loret se forme lui-même et montre rapidement quelques dons de littérateur. À 17 ans, il part pour Paris et arrive à se faire introduire à la Cour en se mettant au service de Henriette Marie de France [1]. Après un détour par l'armée, il devient le protégé de Marie de Hautefort, qui habite l'hôtel de Schömberg, faubourg saint-Honoré [1]. Il s’adonne au genre burlesque, comme beaucoup de rimeurs de second ordre de son temps et débute par des Poésies burlesques contenant plusieurs épîtres à diverses personnes de la cour [2], qui sont imprimées en 1646 [3].

À partir de mai 1650, et jusqu'au 28 mars 1664 [3], il a l’idée d’adresser chaque semaine à Marie d'Orléans, duchesse de Longueville, une gazette en vers, comprenant la politique, le théâtre, la littérature, les divertissements de la cour, les commérages des rues. « Je fais dessein, promet-il dans le premier numéro, d'écrire les bruits qui courent quelquefois parmi la cour et les bourgeois... ». Promesse tenue. Il l'a fait imprimer sous le titre de La Muse historique. Cet ouvrage, connu sous le nom de Gazette burlesque, est plus trivial que comique et d’une forme on ne peut plus négligée, mais il est naïf, et, par l’impartialité, est resté une bonne source de renseignements [2]. Ses écrits ont été recueillis en trois volumes publiés en 1650, 1660 et 1666 [3].

Marie d'Orléans, qui apprécie sa verve, lui verse une rente annuelle de 1 000 livres [1]. Mais Loret a d'autres protégés, bien placés. On cite Mazarin, Mademoiselle de Montpensier, Anne d'Autriche et le surintendant Fouquet [1].

Frappé d'apoplexie en 1663, il ne cesse pourtant pas d'écrire [1].

Il meurt à Paris au printemps 1665 à l'âge de 59 ans.

Épitaphe

Jean Loret a proposé lui-même sa propre épitaphe :

Sous ce tombeau gît et repose
Loret qui faisait vers et prose...
Qui n'était ni maître ni valet
Qui re requit jamais salaire...
Qui ne savait flatter aucun
Qui ne fut jamais importun.
Du vice, il fut grand censeur
Et de vertu, le défenseur...
Et chérissait sans artifice
Vérité, Raison et Justice...

Hommages

Une rue de Carentan perpétue sa mémoire.

Bibliographie

  • René Herval, « Un grand journaliste au XVIIe siècle : Jean Loret, Carentan », Revue de l'Université Laval, vol. XX, n° 10, juin 1966, p. 994-953

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Louis Regnault, « Jean Loret, journaliste avant l'heure », Bulletin municipal de Carentan (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1272.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 L. G. Peignot, Dictionnaire historique et bibliographique, vol. 2, Impr. de Hacquart, 1821, p. 342.

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