Jean II de Ravalet

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Jean II de Ravalet, né à Cherbourg le 15 août 1549 [1], mort au Rozel le 24 février 1604, est un noble et un ecclésiastique catholique de la Manche.

Issu d'une famille nobiliaire originaire de Bretagne, installé en Normandie en 1480, son père, Jacques de Ravalet, sieur de Sideville et de Tourlaville, sert le roi Charles IX durant les guerres de la Ligue.

Il étudie d'abord au collège de Coutances, puis à Valognes, puis à l'université de Caen (Calvados) [2].

Aîné de la famille, Jean reçoit en 1561 la charge d'abbé commendaire de Hambye et en 1562 le fief de Tourlaville [2]. Il fair démolir les restes du manoir qui se trouve là, à l'exception du donjon, et fait construire à la place un élégant château [2].

Il entre dans les ordres en 1572, prenant l'administration de l'abbaye de Hambye jusqu'alors déléguée, et devient en 1573 grand chantre de la cathédrale de Coutances, puis Arthus de Cossé-Brissac, 72e évêque de Coutances, le nomme vicaire général [2].

Selon l'historien Tancrède Martel, il reçoit à 26 ans la prêtrise à Coutances et se voit confier en 1559 la cure de Saint-Martin-des-Champs [2]. Quelques mois auparavant, la princesse Jacqueline, duchesse d'Estouteville, et sa fille Adrienne l'ont choisi comme secrétaire et conseiller, puis intendant de leurs domaines du Cotentin [2].

Au mariage de son frère, Jean III, il offre le fief et le château aux jeunes époux.

Il fait réparer les canaux de quatre fontaines alimentant des quartiers de Cherbourg en 1587, et fonde une rente pour payer les gages du fontainier. En 1586, il finance la réparation de l'aqueduc de Coutances, et la réédification de la chaire épiscopale et des stalles de la cathédrale de Coutances. Il donne également un premier revenu en 1602 au collège de Coutances, date à laquelle il se démet de sa charge d'abbé de Hambye et de chantre de la cathédrale, au profit d'un de ses neveux, le sieur de Franquetot.

En 1579, le roi Henri III donne à Jean II de Ravalet « le droit de signer du nom de Tourlaville » [3].

La condamnation pour inceste et la décapitation de ses neveux Julien et Marguerite de Ravalet en 1603 le frappe au cœur [2]. Il se rend auprès de son évêque et se démet de son canonicat, de son vicariat général, de sa dignité de grand-chantre, mais conserve l'abbaye de Hambye sur ordre formel du prélat [2]. Revenu en son château de Tourlaville, il fait découronner la tour contenant la chambre de Julien et fait construire à la place une chapelle expiatoire [2].

Il meurt en son manoir du Rozel [2]. Son cercueil est emmené à Hambye, où lui est donnée la modeste sépulture qu'il souhaitait [2].

Tancrède Martel fait de lui un portrait dithyrambique. Il fut « non seulement le plus grand des Ravalet, mais encore un homme de génie, un bienheureux » [2]. « Cet homme, sans aucun doute, était une des plus vastes intelligences de son temps, un cerveau magnifiquement doué, une âme à la fois énergique et tendre (...) Son excessive modestie l'empêcha seule de briller au premier rang, d'entrer dans l'Histoire (…) Jean II de Ravalet m'apparaît comme le type le plus vibrant de l'aristocratie normande (…) La nature lui prodigua tous les talents pendant que sa destinée lui donnait la naissance et la fortune, c'est-à-dire la possibilité d'occuper emplois, charges et dignités. À cette riche mentalité s'ajoutaient des qualités physiques, ce qui fit de Jean II un être quasi exceptionnel. » [2].

Bibliographie

  • Jean Canu, « Jean de Ravalet de Tourlaville, abbé de Hambye », La Croix de la Manche, avril 1936

Notes et références

  1. Vers 1533, selon Tancrède Martel, Julien et Marguerite de Ravalet, un drame passionnel sous Henri IV, éd. Alphonse Lemerre, 1920, réédité en 1992 par Isoète, p. 36.
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 et 2,12 Tancrède Martel, Julien et Marguerite de Ravalet, un drame passionnel sous Henri IV, éd. Alphonse Lemerre, 1920, réédité en 1992 par Isoète.
  3. Marcel Allexandre, « Cherbourg, cité abbatiale et royale », Revue du département de la Manche, n° 19, juillet 1963, p. 221.

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