Jean-Louis Valentin

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Jean-Louis Valentin, né à Paris le 19 avril 1964, est un homme politique de la Manche.

Il préside la Communauté d'agglomération du Cotentin depuis janvier 2017.

Il est vice président du Comité syndical de « Ports de Normandie » (fusion entre Ports normands associés et Ports de Dieppe) depuis le 7 janvier 2019, au sein duquel il représente les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

Il est secrétaire général « sport » au sein de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) depuis février 2014.

Biographie

Fils d'un officier de carrière. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et élève de l'ENA (1990), il sort administrateur civil et intègre la direction de l’administration territoriale et des affaires politiques.

Membre du cabinet du ministre de l'Intérieur, Jean-Louis Debré (RPR), entre 1995 et 1997, il est le directeur de campagne de Philippe Séguin (RPR) pour les élections municipales parisiennes en 2001, avant de retrouver Jean-Louis Debré en 2002 en tant que directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale.

En 2004, il s'installe politiquement dans la Manche après avoir tenté sa chance dans plusieurs secteurs comme à Châlons-en-Champagne (Marne) et à Paris. Il est candidat aux élections régionales de 2004, mais n'est pas élu du fait de la victoire de la gauche.

En 2005, il rejoint la Fédération française de football (FFF), pour mener la campagne de Michel Platini à la tête de l'UEFA, et devient directeur général délégué en septembre. Il œuvre à la réalisation du dossier de candidature de la France pour l'organisation de l'Euro 2016, et, l'un n'allant pas sans l'autre, à la modernisation des stades sur le territoire français [1].

Sollicitant en 2006 l'investiture UMP pour les législatives de 2007 à Valognes, il est choisi par les militants de la 4e circonscription de la Manche, mais écarté par la direction nationale au profit du député sortant, ce qui provoque la colère de Jean-François Le Grand.

Élu conseiller municipal de Valognes en mars 2008 sur la liste comprenant des adhérents UMP, Modem, et anciens socialistes menée par Jacques Coquelin, il prend la tête de la communauté de communes du Bocage valognais. En novembre 2008, à la suite des élections des représentants de l'UMP pour la 4e circonscription, qui le voient être réélu au conseil national de l'UMP, il est accusé par certains militants d'avoir favorisé des proches, notamment à la faveur de l'inscription de 127 nouveaux adhérents à la dernière minute [2].

En septembre 2008, il est nommé directeur délégué auprès de l'équipe de France de football. Le dimanche 20 juin 2010, Jean-Louis Valentin se retrouve au cœur du scandale de Knysna, du nom de la ville sud-africaine où est basée l'équipe de France pendant la Coupe du monde. Les joueurs refusent en effet de s'entraîner, suite à l'exclusion de Nicolas Anelka de l'équipe motivée par une insulte proférée contre le sélectionneur et révélée par le quotidien L'Équipe. Excédé par cette situation, Jean-Louis Valentin démissionne de son poste à la FFF[3]. Les images du capitaine de l'équipe, Patrice Evra, et du préparateur physique, Robert Duverne, s'accrochant verbalement, de la grève des joueurs, réfugiés dans leur bus, et de l'annonce de la démission de Jean-Louis Valentin sont diffusées en boucle sur les chaînes de télévision d'information en continu.

En 2010, Jean-Louis Valentin revient dans La Presse de la Manche sur les évènements de Knysna : « En apercevant les joueurs sortir du car avec leurs baskets, j'ai tout de suite compris qu'il allait se passer quelque chose. L'atmosphère était étrange. J'ai vu de loin Domenech avec Évra. Je n'entendais rien mais on comprenait bien qu'il y avait de l'orage dans l'air. En me rapprochant du groupe, j'ai appris que les joueurs refusaient de s'entraîner[1]. » Il explique sa réaction : « Pour moi, porter le maillot tricolore a un sens. Comprenant que je n'avais plus rien à faire ici, m'estimant bafoué, en ayant par-dessus la tête de jouer les tampons, j'ai spontanément annoncé mon départ [1]. »

Le 17 août 2010, les cinq joueurs de l'équipe de France considérés comme les « meneurs » - Patrice Évra, Éric Abidal, Jérémy Toulalan, Nicolas Anelka et Franck Ribéry - sont convoqués par la commission de discipline de la FFF pour s'expliquer sur l'affaire Knysna. Jean-Louis Valentin est entendu en qualité de témoin, au même titre que Jean-Pierre Escalettes, Raymond Domenech et Alain Boghossian, respectivement président de la FFF, entraîneur de l'équipe de France et entraîneur-adjoint au moment des faits. « On sort de cet épisode en espérant que cela ne puisse plus jamais se reproduire, explique-t-il juste avant son audition. J'attends surtout une prise de conscience plutôt que des sanctions. Je vais dire ma part de vérité [4]. »

À la sortie de son entrevue, il déclare à la presse : « J'ai senti les joueurs sincèrement désolés, marqués et meurtris par ce qui s'était passé, ils étaient conscients qu'il y a eu un dérapage collectif. Je crois que maintenant il faut savoir tourner la page et passer à autre chose. Il y a eu un très bon dialogue qui a duré assez longtemps. En tant qu'amoureux et supporter de l'équipe de France, je pense que chacun a droit à une seconde chance [5]. »

Un an plus tard, le 19 juin 2011, il revient sur les évènements de Knysna à la demande des journalistes. Il déclare sur la radio RMC que cette crise est avant tout due au manque d'autorité et de communication entre Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech d'une part, et entre Domenech et les joueurs d'autre part [6].

Jean-Louis Valentin est élu conseiller régional UMP aux élections régionales de 2010. Il ne se représente pas aux élections régionales de 2015.

Le 21 janvier 2017, il est élu président de la Communauté d'agglomération du Cotentin par 113 voix contre 100 à David Margueritte et 5 à Valérie Varenne [7].

En septembre 2019, il annonce qu'il ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat et qu'il arrête la politique pour se consacrer à son métier d'avocat au barreau de Paris [8].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 La Presse de la Manche, 28 juin 2010.
  2. « L'UMP locale pas tout à fait unie », La Presse de la Manche, 9 décembre 2008, p. 14.
  3. « Un dirigeant de la FFF démissionne », AFP, 16 h 29.
  4. « Sans Ribéry ni Anelka », eurosport.fr, 17 août 2010 (lire en ligne), consulté le 17 août 2010.
  5. « Valentin : droit à une autre chance », lequipe.fr, 17 août 2010 (lire en ligne), consulté le 17 août 2010.
  6. RMC, 19 juin 2011.
  7. « Jean-Louis Valentin élu président du Cotentin », Dimanche Ouest-France, 22 janvier 2017.
  8. Sarah Caillaud, « Jean-Louis Valentin arrête la politique en 2020 », Ouest-France, site internet, 30 septembre 2019.