Jean-Claude Pascal

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Jean-Claude Pascal, pour l'état civil Jean Claude Roger Henri Villeminot, né à Paris le 24 octobre 1927 [1] et mort à Clichy (Hauts-de-Seine) le 5 mai 1992 [2], est une personnalité artistique en lien avec la Manche, comédien, chanteur et homme de lettres.

Biographie

Jean-Claude Pascal, en 1945, dans son uniforme militaire.

Jean-Claude Pascal est le fils de Roger Villeminot (1903-1928), industriel, et d'Arlette Lemoine (1908-2009), arrière-petite-fille, du côté maternel, d'un riche industriel anglais, le couturier Charles Frederick Worth (1825-1895). Son père meurt alors qu'il n'a que dix-huit mois.

Enfance

En 1923. ses grands-parents maternels, Jacques Lemoine (1876-1941) et Renée Worth (1885-1969) achètent le manoir de Brion à Dragey-Ronthon. Le grand-père, d'un genre de gentleman-farmer, adore les animaux, surtout les chevaux et le contact avec la nature. Il préfère habiter la campagne plutôt que Paris et pratique la chasse à courre dans la forêt de Saint-Sever (Calvados) [3].

Suite au décès de son père, Jean-Claude Pascal est confié à sa grand-mère Renée Lemoine et grandit de son âge de dix-huit mois à huit ans au manoir de Brion, dans l’environnement d’un parc de 200 ha, avec l’affection de ses grands parents. Ceux-ci sont très aisés, puisque leur mariage a allié les familles Worth, Cartier et Révillon aux Lemoine [3].

En 1936, âgé de huit ans il quitte le manoir de Bion, mis en vente par Jacques Lemoine [3].

Scolarité

En 1938, il est élève au Collège Annel, à Compiègne (Oise), puis conclut ses études secondaires au lycée Jeanson-de-Sailly à Paris.

Armée

En 1944, âgé de 17 ans, il s'engage, à Paris, dans la Deuxième division blindée du général Leclerc, après avoir falsifié sa carte d'identité. Il est affecté comme agent de liaison motocycliste au 1er Régiment de spahis marocains. Il est le premier soldat français à entrer dans Strasbourg (Haut-Rhin), le , alors qu'il est chargé de porter des ordres à un chef d’unité, il se perd sur les routes de la plaine d’Alsace, entre dans la capitale alsacienne alors que l'armée allemande est en train d'évacuer la ville, avant de faire demi-tour et rendre compte de son observation à ses supérieurs. Pour ce fait de Guerre, il reçoit la Croix de guerre en 1945.

Après la Libération, il s'installe à Paris et étudie brièvement à la Sorbonne [4].

Styliste

Jean-Claude Pascal fait une brève carrière dans l'entreprise textile de son oncle paternel. Il travaille ensuite comme styliste chez Hermès, puis chez les couturiers Christian Dior et Roger Piguet. Il pose également comme modèle. Lassé de ce travail, il quitte Piguet et tente d'intégrer le monde du théâtre chez la couturière Anny Blatt, mais son métier de styliste ne lui convient plus. Il souhaite mener une carrière d'acteur.

Acteur

En 1948 il s'inscrit au Cours Simon et prend le nom de scène de Jean-Claude Pascal, à la demande de sa famille qui ne souhaite pas voir son patronyme associé au monde du théâtre, et entame une carrière cinématographique à succès.

En 1949, il fait ses débuts au théatre aux côtés de Pierre Renoir et d'Edwige Feuillère, dans La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. La même année, il incarne le prince Albert de Bavière dans son premier film, Le Jugement de Dieu, de Raymond Bernard.[5]. Il incarne des personnages de séducteurs et d'aristocrates romantiques, souvent dans des films historiques ou de cape et d'épée.

Chanteur

En 1955, Jean-Claude Pascal fait ses débuts en tant que chanteur avec Je voudrais, chanson écrite par Charles Aznavour.

En 1961, il donne son premier récital à Bobino avec des chansons signées par Jean Ferrat, Serge Gainsbourg et Bernard Dimey. La même année, la télévision luxembourgeoise le sollicite pour la représenter au Concours Eurovision de la chanson. Le 18 mars 1961, à Cannes (Alpes-Maritimes), il remporte le concours pour le Luxembourg, avec la chanson Nous les amoureux, écrite par Maurice Vidalin et composée par Jacques Datin [6].

Imitateur

Jean-Claude Pascal se livre à des imitations lors de ses spectacles et pour l'ORTF : Pierre Fresnay, Tino Rossi, Jean Marais, Jean Sablon, Charles Trenet [7].

Écrivain

En 1983, Jean-Claude Pascal entame une carrière d'écrivain. Son premier ouvrage, Le Beau Masque, est publié en 1986. Il s'agit d'une autobiographie partielle, dans laquelle il se concentre sur sa carrière cinématographique. Il y décrit ses nombreuses rencontres avec des actrices et ses souvenirs de tournage.

Il écrit trois romans policiers entre 1986 et 1987, puis deux romans en 1989 et 1990.

Encouragé par Philippe Erlanger, il rédige deux ouvrages historiques. En 1988, La Reine maudite, biographie de Marie Stuart, et en 1991, L'Amant du roi, biographie du duc de Luynes, favori du roi Louis XIII [8].

Fin de sa vie

Jean-Claude Pascal meurt des suites d'un cancer de l'estomac, à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine) le , âgé de 64 ans. Célibataire sans enfants. Selon ses vœux, une partie de ses cendres est répandues dans la Baie du Mont-Saint-Michel, à Saint-Jean-le-Thomas [3].

Distinctions

  • Croix de guerre 1939-1945
  • Commandeur des Arts et des Lettres
  • Chevalier de la Légion d'honneur (1976)

Hommages

Notes et références

  1. « Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 1992.
  2. « Acte de décès n° 00392 N - État-civil de Clichy - Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 1992.
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 « Jean Claude Pascal Chanteur, Acteur et écrivain... », Saint-Jean-le-Thomas, site internet, (voir en ligne).
  4. Jean-Claude Pascal, sur Myspace.
  5. Cette découverte est racontée dans la biographie de ce metteur en scène écrite par Eric Bonnefille, Raymond Bernard : fresques et miniatures, Éditions L'Harmattan, 2010, 308 p., p. 58-59.
  6. (en) Jean-Claude Pascal sings "Nous les amoureux", sur le site officiel de l'Eurovision.
  7. Jean-Claude Pascal imitateur (8 octobre 1962), site de l'INA.
  8. Biographie qui évoque, sous un angle historique, l'amour du roi Louis XIII pour son favori de Luynes, cf Jean-Claude Pascal, acteur-chanteur, op. cit.
  9. « Plaque à la mémoire de Jean-Claude Pascal », Geneanet, site internet, relevés collaboratif des cimetières, 2019.