Henri Corbin

De Wikimanche

Henri Corbin, né à Hainneville le 9 octobre 1909, mort à Salouël (Somme) le 11 juillet 1944, est une personnalité politique et syndicale, et un résistant de la Manche.

Biographie

Fils d'instituteur, Henri Corbin habite Équeurdreville, 6 rue Dabosville. Il épouse Yvonne, Suzanne, Caroline Douesnard à Équeurdreville en mai 1933[1].

Ouvrier chaudronnier à l'arsenal de Cherbourg, il milite au sein du Parti communiste français, notamment comme secrétaire général des Jeunesses communistes de la Manche de 1934 à 1939. Il participe au Secours rouge international et du comité Amsterdam-Pleyel de 1934 et 1935 et à un front antifasciste avec les Jeunesses socialistes. Il est également élu conseiller du nouveau syndicat de l'arsenal issu de la fusion des organisations[1].

Il siège au secrétariat régional de son parti de 1936 à 1939, et est secrétaire de la Fédération de la Manche qu'il représente en décembre 1937 au congrès d’Arles et qui compte, avant l'interdiction du PCF, cinq sections, vingt-et-une cellules locales, deux cellules d’entreprises, soit 750 adhérents. Il se présente sous l'étiquette du PCF dans le canton d'Octeville à l'élection d'octobre 1934, puis dans la circonscription d'Avranches aux législatives de 1936 auxquelles il récolte 190 voix, soit 0,9 % des suffrages exprimés[1].

Dès juillet 1940, il rassemble des patriotes sous l’égide du Parti communiste devenu clandestin.

En mai 1941, il poursuit le combat au sein du Front national, où il apporte ses connaissances déjà grandes de la lutte clandestine. Il recrute de nouveaux patriotes et crée, ici et là, des comités de ce large mouvement de Résistance. Ainsi, dans le sud de la Manche, en compagnie de Roger Aumont de Sourdeval, il prend contact avec les ouvriers granitiers du mortainais, partisans sûrs, déjà organisés avant la guerre dans l’action revendicative.

En juin 1941, il échappe à l’arrestation à Équeurdreville grâce à ses voisins socialistes Henri Lecrès et Jean Goubert. Il se réfugie avec André Defrance chez Louis Hilliou, carrier à Saint-Michel-de-Montjoie. Lors de l’été, Henri Corbin dirige le sabotage de la ligne téléphonique établie par les Allemands entre Brest et Berlin. La ligne est coupée sur le territoire de la commune de Gathemo.

Muté en Seine-inférieure (aujourd’hui Seine-Maritime), il retrouve André Defrance qui est responsable de la Résistance communiste et des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) dans ce département, depuis fin 1942. Là, Henri Corbin s’occupe de l’imprimerie régionale clandestine située en forêt des Essarts. Il a pour tâche d’imprimer les publications patriotiques destinées à plusieurs départements (dont la Seine-inférieure, l’Eure, le Calvados, la Manche etc.). Soldat des FTPF, il a en outre la charge d’armes stockées à l’imprimerie et prend part à différentes actions de guerre : destruction de matériel destiné à l’armée d’occupation à Grand-Couronne ; aux établissements de la grande Carue, etc.).

Après avoir pris dans la Somme une responsabilité importante au sein des FTPF, il tombe malade, épuisé par les années de vie clandestine. Il meurt chez des patriotes, aux environs d’Amiens, en conséquence de ce surmenage, en juillet 1944. Il est enterré secrètement dans un jardin. Après la Libération, un hommage sera rendu à sa mémoire lors d’obsèques officielles[2].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Jean-Pierre Besse, Yves Le Floch, Le Maitron.
  2. Archives d'André Defrance.

Sources

  • André Defrance, attestation d’activité dans la Résistance.
  • André Debon, Louis Pinson, La Résistance du Bocage , éd. ateliers de Normandie Impression, 1988