Gilles Le Marchand

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Gilles Le Marchand, sieur de Raffoville, né à Saint-Pierre-Église au début du XVIe siècle et mort à Barfleur le 26 octobre 1563, est un marin de la Manche.

Un bandit sanguinaire

S'il est moins célèbre que François Le Clerc dit « Jambe de Bois », ce pirate est pourtant beaucoup plus sanguinaire [1].

Filleul de Gilles Picot, sire de Gouberville, Gilles Le Marchand, sieur de Raffoville, mène une vie de voleur cruel et d’écumeur de mers qui hante longtemps la mémoire du Val-de-Saire [1]. Il arme à ses frais un navire qu'il dirige deux fois avec succès, au début de l'année 1556 et en mai 1557 [2].

Un vieux chroniqueur affirme que ce bandit, auteur de crimes atroces, méprise la justice et nargue le roi[1], grâce à son pouvoir local et à la crainte qu'il inspirait [2].

Lors de la messe de la Toussaint de 1557, il est blessé d'un coup de pistolet à l'épaule par un autre corsaire, Jean Ravalet de Sideville, et sa bande [2]. En août 1561, pour punir un certain Jean Dyesnis avec lequel il a un litige, il lui donne rendez-vous à Saint-Pierre-Église et lui coupe les mains sur la place publique [1]. La justice ordonne de saisir des bœufs de Raffoville au profit des frères Jean et Guillaume Dyénis. En représailles, Gilles Le Marchand roue de coups Guillaume avant de l'enfermer dans le manoir de Raffoville et de le torturer, jusqu'à ce qu'il parvienne à s'échapper au bout d'une semaine. Son frère Jean, parti vendre au marché de Quettehou des animaux ayant appartenu au corsaire, est ligoté par Le Marchand et sa bande, qui lui coupe les oreilles et crève les yeux, avant de le traîner attaché à la queue de son cheval entre Quettehou et Saint-Pierre-Église et de jeter le malheureux dans un four [2].

Retranché dans son manoir avec quelques hommes, dont Laurent de la Court, et de nombreuses armes, soutenu par des nobles locaux comme les sieurs de Fermanville, de Carneville et Courcy, il contraint le lieutenant de police Bastard à en appeler à l'armée. Le 25 octobre 1563, Il résiste aux hommes venu l'arrêter, est blessé avant d'être capturé, et transporté ligoté dans l'hôtellerie de François Le Blond à Barfleur. Dans la nuit, ses hommes tentent de le libérer par un violent assaut lors duquel il meurt par la réouverture de ses plaies [2].

Son fils, Michel de Raffoville est ligueur, s'attaquant à de nombreux châteaux du Val de Saire [3].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, éd. Eurocibles.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Paul Le Cacheux, « Un filleul de Gilles de Gouberville », Annuaire de la Manche, 1908.
  3. « Les guerres de religion dans le Val de Saire : la Ligue (2) », blog Le Val de Saire vu par Ph L, 23 février 2010 (lire en ligne).

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