Georges Maradène

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Georges Maradène, né à Cherbourg le 7 mars 1922, mort à Dions (Gard) le 30 novembre 2013, est un résistant de la Manche.

Georges Maradène.

Biographie

Ouvrier à l’arsenal de Cherbourg en 1940, il s’illustre par de menus mais nombreux sabotages. Repéré par les Forces Françaises Libres, il est en septembre 1941 intégré au réseau Castille sous le pseudonyme de Dragon. Il est chargé de renseigner les alliés sur les mouvements des troupes allemandes et des navires dans le port de Cherbourg.

Arrêté le 17 octobre 1942, Georges Maradène est emprisonné dans une prison de la Wehrmacht à Fresnes et doit être jugé en Allemagne. Georges Maradène quitte Paris vers le camp de concentration de Natzweil-Struthof (Bas-Rhin) le 8 juillet 1943. Il s'agit d'un wagon-cellulaire emportant 56 hommes de nationalité française. Ces déportés classés NN [1] ; d’une part, ceux transférés en Allemagne par les autorités de la Wehrmacht afin d’être jugés par les tribunaux spéciaux mis en place pour une application stricte du décret Keitel de décembre 1941 et d’autre part, ceux déportés par la Gestapo dont l’objectif n’est pas le jugement mais uniquement l’envoi dans un camp. Le wagon est décroché en gare de Strasbourg pour qu'ils soient dirigés sur le camp de Natzweiler-Struthof en raison d'un contre-ordre donné à la suite des bombardements de Cologne.

À son arrivée au camp, il se voit attribué le numéro matricule 4358. En septembre 1944, Georges Maradène est transféré au camp de concentration de Dachau lors de l’évacuation du KL Natzweiler-Sturthof. Il n'a pas été jugé.

Georges Maradène, ainsi que les 28 rescapés du convoi du 8 juillet, est libéré par l’armée américaine au camp de Dachau le 29 avril 1945.

Souvenir

Georges Maradène relatait sa vie dans les camps de concentration :
« Les Kapos frappent aussi à coups de manches de pioche, courant dans tous les sens en hurlant. Mais nous ne pouvons pas aller plus vite, nous glissons, lâchons nos pierres qui écrasent les mains de ceux qui nous suivent en tentant de s'accrocher à la boue. Les hurlements et les aboiements sont épouvantables, chacun tente d'éviter les coups et les chiens. Arrivés à quelques mètres du sommet il nous faut gravir une pente d'au moins 70°, glissante au possible, sans point d'appui. Au sommet, le commandant et les SS nous regardent, se réjouissent de nos efforts et lorsque nous avons enfin rejoint la route, ils nous repoussent à coups de pied dans le ravin. Ceux qui arrivent à se hisser se trouvent coincés dans un étroit passage au milieu des SS et les coups pleuvent. Kramer avec son nerf de bœuf est déchaîné. »[2]

Notes et références

  1.  Nacht und Nebel
  2. Extrait du blog consacré à Dions, village gardois

Sources

  • Fondation pour la mémoire de la déportation.

Lien interne