Gabriel Forestier

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Gabriel Forestier, né à Eymet (Dordogne) le 18 novembre 1889, mort à Paris le 24 mai 1969, est un sculpteur lié au département de la Manche.

Biographie

Très tôt, ce jeune fils de fermiers sculpte dans la cour de la ferme, encouragé par ses parents.

Une photographie extraordinaire et surréaliste le montre sculptant un buste à l’aide d’un ciseau et d’un marteau, à l’âge de quatorze ans. Vêtu d’une blouse et chaussé de sabots, cet adolescent s’affaire à sa tâche dans la cour familiale. À ses côtés, un homme d’âge mûr, un certain Monsieur Bonnetou, pose à proximité de son propre buste dont le réalisme est surprenant.

Jeune autodidacte, ses réalisations artistiques étonnent son entourage. C’est ainsi que quelques familles d’Eymet prennent l’initiative de contacter le sous-préfet de Bergerac et lui obtiennent une bourse pour étudier à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux en 1905.

En 1909, Gabriel Forestier s’installe définitivement à Paris pour y exercer son art. Les deux années qui suivent sont réservées au service militaire. Sorti en 1912, il est mobilisé deux ans plus tard. La Première Guerre mondiale l’envoie sur le front français mais aussi en Italie pour soutenir l’armée italienne combattant l’armée austro-hongroise.

Rentré en France, les commandes des monuments aux morts affluent. Il réalise celui de son village natal et ceux de Ducey et de La Force (Dordogne). Il repart ensuite en Italie en 1922, puis en 1931 « afin de développer et d’étendre sa culture, son érudition, et parfaire ses connaissances qu’il parachevait en s’imprégnant de littérature et de musique classique ».

La ville de Bergerac lui confie également la réalisation de son monument aux morts en 1927 et Montignac, le buste d’Eugène Le Roy, auteur romancier. Il collabore avec son ami Marcel Loyau à la réalisation d’une fontaine Les Chevaux marins, de Chicago.

En 1930, Gabriel Forestier travaille avec A. Janniot et C. Barberis à la création d’un bas-relief couvrant la façade du Musée des arts de l’Afrique et de l’Océanie de Paris, érigé par L. Laprade pour l’Exposition coloniale internationale de 1930.

Au cours de son second voyage à Rome en 1932, il perd sa compagne, victime de l’écroulement de la bibliothèque vaticane. Il reste seul à élever ses deux enfants, entouré de ses amis.

Quatre plus tard, il expose un Hercule au Salon des artistes français et remporte la médaille d’or. Mais les honneurs ne s’arrêtent pas là. Il obtient le grand prix de l’Exposition de 1937 et la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur au titre des Arts et Lettres, pour la réalisation de la porte sculptée en bronze du Musée d’art moderne de la ville de Paris. L’année suivante, il sculpte son œuvre maîtresse intitulée La Messagère, exposée aujourd’hui dans les jardins du Luxembourg de Paris.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il cesse quelque peu son activité artistique et reprend après 1945 avec, notamment la création d’une peinture pour la banque d’Algérie et diverses autres œuvres publiques. Il est fait officier de la Légion d’honneur.

De 1939 à 1942, il est membre du jury de l’École des beaux-arts de Paris. Son fils André souligne que « plusieurs de ses œuvres figurent dans des collections particulières ou dans des musées en France ou à l’étranger ».

Œuvre dans la Manche

Bibliographie

Son fils, André Forestier est l’auteur d’une étude qu’il a publiée en 1999, à compte d’auteur, intitulée Gabriel Forestier, sculpteur-statuaire, Eymet 1889-Paris 1969. Toutes les informations relatives à Gabriel Forestier proviennent de cette étude très aimablement fournies par l’auteur.