Fulgence Girard

De Wikimanche

Pierre Fulgence Girard, né à Granville le 21 septembre 1807 [1] et mort à Bacilly le 10 avril 1873 [2], est un écrivain et un journaliste de la Manche.

Militant républicain proche de Blanqui, il est avocat, littérateur et archéologue.

Biographie

Fils de capitaine corsaire et petit-fils d’armateur, Fulgence Girard hésite d’abord sur sa vocation. Après ses études au collège d'Avranches, il s’engage d’abord dans la Marine avant d’en démissionner rapidement pour faire des études de droit[3] à Caen (Calvados) puis à Paris où il participe aux mouvements révolutionnaires du début de la monarchie de Juillet au Quartier Latin avec Blanqui, Plocque, Sambuc, etc. Il appartient au Comité des écoles, est privé de deux inscriptions par le conseil académique du 22 janvier 1831, est hébergé, en fuite, une nuit par Alexandre Dumas[4].

Il publie en 1833 avec Eugène L’Héritier, Les personnalités, appréciations critiques des contemporains et devient secrétaire du Comité central d’Affiliations républicaines de la Société des Droits de l’homme (SDH), puis commissaire pour la SDH à la Commission de secours des détenus patriotes et défenseur au grand procès d’avril 1835[4].

Avocat, il s’inscrit au barreau d’Avranches, mais la défense de la veuve et de l’orphelin ne fut jamais sa grande passion[3]. Cependant quand ses proches, les révolutionnaires républicains Armand Barbès, Martin Bernard puis Auguste Blanqui sont incarcérés au Mont-Saint-Michel, Fulgence Girard échange de nombreuses lettres avec eux, organise leur soutien, comme par la co-écriture d'une pétition le 12 octobre 1841, qui déclenche une importante campagne de presse contre la prison montoise. Il tente de faire évader Barbès, Blanqui, Martin Bernard et Constant Hubert par la mer dans la nuit du 10 et 11 février 1842[4].

Il écrit dans la presse nationale (La France maritime, Le Navigateur, Le Monde illustré…), publie des Chroniques de la marine française et des romans. En 1836, il épousa Ariane Julie Desfeux. Localement, il devient secrétaire de la Société d’archéologie dont il participe à la création et directeur du Journal d'Avranches[3].

Il milite en 1848 dans le club de Blanqui, puis dans celui de la Révolution. Le ministre de l'Intérieur républicain Ledru-Rollin lui confie une mission dans la Manche le 27 mars 1848. Il participe au comité de lecture de la Propagande démocratique et sociale européenne, aux côtés d'Eugène Sue, Michel de Bourges, Victor Schœlcher, Agricol Perdiguier ou encore Louis Greppo[5]. Il défend Blanqui devant la Haute Cour de justice de Bourges en 1849. Il publie une Histoire démocratique de la révolution de février 1848 en 1850[4].

Il se consacre progressivement presque entièrement à la littérature, à l’histoire, au journalisme et à la poésie. On retient surtout son œuvre d’historien. Il est en effet l’auteur de nombreux ouvrages sur Avranches, ses environs et ses évêques, sur la Révolution de Juillet, sur le Second Empire… et sur la marine japonaise[3]. Il est un des premiers à soulever la question de l’emplacement des camps romains, notamment l'oppidum du Petit-Celland, édifiés lors de la conquête du Cotentin par les lieutenants de César[3].

Il semble que progressivement, avec l'avènement du Second Empire, Fulgence Girard renonce à ses idées progressistes. Il meurt dans son manoir de La Broise à Bacilly et est inhumé dans le cimetière communal avec son épouse[4].

Œuvres

  • Keepsake breton, impr. Marteville, 1832
  • A mon ami Charles Sigoyer (14 juillet 1789), impr. de Landais et Marteville, 1832
  • Les personnalités, appréciation critique des contemporains, Lhéritier, 1833
  • Deux martyrs, éd. Souverain, 1835
  • Chroniques de la marine française, 1789 à 1830..., avec Jules Lecomte, 1836-1837
  • Marceline Vauvert, éd. Souverain, 1837
  • Sur nos grèves, 2 vol., 1840
  • Annuaire historique d’Avranches, 1842
  • Histoire du Mont-Saint-Michel, éd. Tostain, 1843
  • Aux électeurs de la Manche. Liberté, égalité, fraternité, 1848
  • Histoire du Mont-Saint-Michel comme prison d'État, éd. Permain, 1849
  • Histoire démocratique de la révolution de février 1848, P. Permain , 1850
  • Histoire générale, anecdotique et pittoresque de la guerre d'Italie, Ch. Noblet , 1860
  • Un corsaire sous l'Empire, éd. Bourdilliat, 1861
  • Histoire du Second empire, M. H. Morel , 1861.
  • Divinité du christianisme, E. Dentu , 1867
  • Mystères du grand monde, Ch. Gallet, 1850
  • Berthe, la maréieuse, réédition 2007

Lien externe

Notes et références

  1. AD50, NMD Granville, An XIV - 1807 (5 Mi 88), page 281/388 Acte de naissance (lire en ligne).
  2. AD50, NMD Bacilly, 1873 - 1882 (5 Mi 178), page 11/286 Acte de décès n° 18 (lire en ligne).
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Éditions Eurocibles,Marigny, ISBN 2914541171.
  4. 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 Jean Risacher, « Girard, Fulgence », Le Maitron en ligne, 20 février 2009.
  5. Georges Weill, Histoire du parti Républicain en France de 1814 à 1870, Alcan, 1900.