Françoise Lelandais

De Wikimanche

Thérèse Françoise Lelandais en 1841 (crayon noir de Franz Xaver Winterhalter).

Thérèse Françoise Lelandais, née à Granville le 27 janvier 1804 (6 pluviôse an XII) [1] et morte en 1886, est une personnalité de la Manche.

Le conte de fée de Fanchon [2]

Françoise Lelandais est la fille d’un pauvre pêcheur de Granville.

Un jour de 1818, alors qu’elle travaille sur les quais où tout le monde l’appelle Fanchon, elle est remarquée par un élégant officier qui est fasciné par sa grande beauté. Il s’agit d’un certain baron Atthalin, aide de camp du duc d’Orléans. L’officier, beaucoup plus âgé que la jeune fille, descend de voiture pour aller bavarder avec Fanchon. Il va ensuite trouver la mère et lui assure qu’il désire s’occuper de l’avenir de sa fille. Ça tombe bien car Fanchon ne rêve que de Paris, et la mère du bonheur de sa progéniture. Le baron regagne la capitale avec la belle Granvillaise et confie son éducation à une institution aristocratique.

Quand, en 1830, le duc d’Orléans monte sur le trône sous le nom de Louis-Philippe, il fait savoir à son aide de camp que son concubinage avec Françoise la roturière en choque plus d’un. « Renvoyez-la chez elle ou épousez-la ! », lui ordonne-t-il. Un mois plus tard, en l’église Saint-Roch, Fanchon devient madame la baronne Atthalin.

Ils sont heureux et n’ont pas d’enfant. Françoise revient souvent à Granville humer l’air du large. Son baron de mari est élu député et meurt en 1856 à Colmar. Fanchon lui survit trente ans, son conte de fée a duré soixante-huit ans !

La Belle Granvillaise

Dans sa biographie de Madame Adélaïde [3], Dominique Paoli décrit le baron Louis Marie Jean-Baptiste Atthalin [4] et son épouse Thérèse Françoise Lelandais en ces termes : « Le baron Atthalin restera longtemps célibataire. Il ne se mariera qu'à cinquante-deux ans, en 1836, avec une ravissante jeune femme de Granville, Thérèse-Françoise Lelandais, de vingt ans sa cadette. Surnommée La Belle Granvillaise, elle figurera dans l'album des Belles Femmes de Paris de 1839. La jeune Mme Atthalin a une sœur aînée, Virginie Françoise, morte en 1833, laissant six enfants à la charge de son époux, marin de son métier. Dès ce moment, Thérèse s'est chargée d'élever deux des enfants, le second fils, Louis-Ferdinand, et la dernière fille, Elisa Virginie. Atthalin va s'attacher à cette enfant d'une manière étonnante et la considérera comme "sa fille adoptive". Il est vrai qu'il n'a pas lui-même d'enfants et qu'elle peut représenter une compensation affective. »

Notes et références

  1. - Acte de naissance (lire en ligne).
  2. Jean-François Hamel, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, Tome 1, Marigny, Éditions Eurocibles, Inédits et introuvables, 2001.
  3. Dominique Paoli, Madame Adélaïde, sœur et égérie de Louis-Philippe, Paris, éd. Perrin, 2016.
  4. Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace, Notice de Louis Marie Jean-Baptiste Atthalin, consulté le 2 décembre 2017 ((lire en ligne)).