Joseph d'Estourmel

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François de Sales, Marie, Joseph [1], comte d'Estourmel, né à Paris en 1783, mort dans cette même ville le 13 décembre 1852 [2], est un homme politique de la Manche.

Biographie

Paysage de Palestine,
aquarelle de Joseph d'Estourmel, vers 1832.

Joseph d'Estourmel appartient à une vieille maison picarde. Il est le fils de Louis-Marie d'Estourmel (1744-1823), lieutenant général, député de la Somme aux États généraux puis aux assemblées suivantes, et le frère d'Alexandre-César d'Estourmel, diplomate, militaire et député du Nord[3].

Il entre au Conseil d'État comme auditeur en 1810[4].

Le 14 janvier 1811, il est nommé sous-préfet de Château-Gontier (Mayenne). Confirmé par le roi à la Restauration, il démissionne lors des Cent jours, le 20 mars 1815. Le 12 juillet suivant, il obtient la préfecture de l'Aveyron (Rodez), poste auquel il doit gérer l'affaire Fualdès, meurtre de l'ancien procureur impérial dans la nuit du 19 au 20 mars 1817 par des royalistes[4].

Il devient successivement préfet de la Sarthe le 8 juillet 1818, d'Eure-et-Loir le 19 juillet 1819, et de Vosges le 27 juin 1823, on le transféra à la préfecture des Vosges (Épinal)[4].

Il est nommé préfet de la Manche le 7 avril 1824 et s'installe à Saint-Lô le 13 avril [5]. Le 14 juin, il pose la première pierre du phare de Gatteville[6].

Il démissionne en août 1830 après avoir reçu Charles X sur la route de l'exil [5].

Il est ensuite connu comme voyageur, artiste et écrivain sous la monarchie de Juillet [7]. Ses voyages de juin 1832 à septembre 1833 à travers l'Asie Mineure, la Grèce, la Syrie et l'Égypte, en compagnie de l'artiste suisse Wolfensberger [8], lui inspireront un célèbre Journal d'un voyage en Orient (1844), ainsi qu'une abondante production de dessins, lavis et aquarelles, d'où furent tirées de nombreuses lithographies.

Il finit sa carrière comme conseiller d'État.

Œuvres

  • Notice sur l'assassinat et la mort de S. A. R. Mgr le duc de Berry, impr. de Durand-Letellier et Labalte fils, Chartres, 1820 [signé : le préfet, d'Estourmel; publication de la Préfecture du département d'Eure-et-Loir]; in-folio plano.
  • Journal d'un voyage en Orient, Crapelet, Paris, 1844; 2 vol. in-8°, VIII-448 p.
  • Souvenirs de France et d'Italie dans les années 1830, 1831 et 1832, Crapelet, Paris, 1848; in-18°, VII-556 p.; rééd. Dentu, Paris, 1861.
  • Derniers souvenirs du comte Joseph d'Estourmel, Dentu, Paris, 1860 (publication posthume); in-18°; concerne la 2e République (1848-1852).

Distinctions

Il est chevalier de Malte et de la Légion d'honneur, et gentilhomme de la chambre du roi [3].

Notes et références

  1. On trouve parfois le prénom supplémentaire Louis.
  2. Diverses sources dignes de foi donnent plutôt l'année 1853 (cf. Gallica; notice d'autorité de la BNF ; Claude-Isabelle Brelot, « Savoir-vivre, savoir-être : attitudes et pratiques de la noblesse française au XIXe siècle », in Romantisme, 1997, n° 96, “Le nouveau savoir-vivre”, p. 35, n. 20), mais la date de décès (13 décembre 1852) est confirmée par un faire-part.
  3. 3,0 et 3,1 Paul de Cagny, Notice historique sur le château de Suzanne en Santerre (Somme) et sur la maison et marquisat d'Estourmel, de l'ancienne province de Picardie.
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Étienne Léon Lamothe-Langon, Biographie des préfets, depuis l'organisation des préfectures, 3 mars 1800, jusqu'à ce jour, Ed. Chez les Marchands de Nouveautés, 1826.
  5. 5,0 et 5,1 « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, n° 113-114-115, 1987, p. 326.
  6. Le phare de Gatteville, Direction départementale de l'Équipement de la Manche, 1997.
  7. Claude-Isabelle Brelot, op. cit., loc. cit.
  8. Pierre Bergé & associés.